Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Manon

Déclaration des droits de Fatima par Manon

La petite dernière est un roman paru le 20 août 2020 et écrit par Fatima Daas. 

Née dans une famille nombreuse constituée de 5 français musulmans d'origine algérienne, elle est la petite dernière. Fatima partage des petits morceaux de sa vie sous forme de mémoires. Elle nous raconte pourquoi elle a toujours eu du mal a s’accepter en tant que femme franco algérienne, lesbienne et musulmane.

 

Préambule :

Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas moins ce droit. Dis-moi ? Qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ?

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits.

Les personnages féminins de romans, représentantes des mères, des filles, des sœurs, constituées en Assemblée internationale, ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs.

En conséquence, l’Assemblée internationale des personnages féminins de romans reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les Droits suivants de Fatima Daas personnage du roman la petite dernière de Fatima Daas 

 

 

 

Article premier : Une femme a le droit, quelles que soient  sa religion et les contraintes qui y sont imposées, d’assumer son orientation sexuelle sans qu’un préjugé barbare ne la force à dissimuler la vérité.

 

Dans le livre, Fatima cache son orientation sexuelle  et/ou a du mal à l’accepter à cause de sa religion. Elle voit l’homosexualité comme un péché impardonnable  comme le moment ou elle part en voyage scolaire à ses douze ans (page 67) le soir elles jouent avec ses amies a un action et vérité et elle est contrainte d’embrasser une de ses camarades. Le soir même elle se repaîtra sans cesse : « je vais aller en enfer ». Il y a aussi le passage de la page 126 ou Fatima se rend à la mosquée et se confie à une femme en parlant « d’une de ses amies » (elle en réalité) sur le fait qu’elle préfère les femmes. Celle ci lui dit qu'il faut qu’elle prie pour qu'Allah lui mette sur son chemin un homme ayant des qualités féminines. Elle consulte à plusieurs reprises des imams qui lui disent que l’homosexualité est une construction sociale (p145) et que si Dieu les soumet à l’épreuve de l’homosexualité c’est qu’ils sont capable de s’en débarrasser. Les regards de ses parents vis a vis de l’homosexualité sont très péjoratifs : selon eux, c’est impossible qu’un musulman soit homosexuel, sa mère les excommunie, les rejette, juge.

Je trouve ces passages scandaleux (surtout avec les imams) tout simplement parce que l’homosexualité ne se choisit pas comme Fatima l’a dit si elle pouvait choisir elle aurait préféré aimer les hommes. De plus je ne comprends pas le fait qu’un « péché » comme l’homosexualité soit aussi condamné alors qu’il ne fait littéralement de mal à personne (si il est consenti).

 

Article 2 : Une femme a le droit tout comme un homme d’adopter certains traits du comportement du genre opposé. Tant que cela ne porte pas atteinte à la liberté d’autrui ou n'est pas fait dans but discriminatoire. 

 

Dans le livre, Fatima a des traits de garçon manqué qui se voient surtout lors de son passage au collège  : elle ne traîne qu’avec des garçons, ces derniers soulignent même à la page 62 que Fatima est elle-même un garçon et que c’est impossible que cette dernière puisse aimer un homme.

Il y a plusieurs passages dans le livre où Fatima parle du fait qu’elle déteste s’habiller de manière féminine (p12 sa mère l'habille jusqu'à ses 12 ans, elle raconte qu'elle déteste tout ce qui se rapporte au domaine des filles mais qu'à cette époque elle n'en était pas consciente) ou d’avoir des comportements féminins. A plusieurs reprises, ses parents, surtout sa mère, soulignent le fait que c’est mal car Dieu déteste que la femme veuille ressembler à l’homme : p136 " j'ai des caractéristiques masculines dont j’essaie de me défaire car ma mère les déteste et qu'on ne me cesse de me rappeler que je suis une fille").

Elle lui offre aussi beaucoup de bijoux que Fatima ne trouve pas à son goût puisqu’elle préfère les bijoux « masculins ». Je trouve cela triste de restreindre la liberté d'une personne à être elle même dans sa façon de s’habiller ou ses goûts parce qu’ils sont jugés comme appartenant au genre opposé alors que de base une simple coiffure ou vêtement n’a aucune origine d’appartenance a un genre : c’est l’Homme qui lui a attribué un genre. 

 

 

Déclaration des droits de Fatima par Manon

 

Article 3 : Une femme n’a pas le droit sous aucun prétexte d’être jugée sur ses relations sexuelles. 

 

Dans le livre, lors de ses 16 ans, l’une des sœurs de Fatima (Dounia) a fugué pour la première fois et s’est fait violer. Le soir même, son père, même en sachant cela, lui a dit que c’était de sa faute, qu’elle l’avait cherché, et il l’a qualifiée de honte (p173). Elle était devenue la honte de la famille pour avoir eu une relation sexuelle non consentie.

J’ai trouvé ce moment particulièrement choquant puisque la propre famille de la victime au lieu de la consoler et de l’aider à traverser ce traumatisme la fait passer pour la fautive alors que c’est elle la victime. La sexualité et l’amour sont aussi de gros tabous chez Fatima : cela est jugé comme un péché et quelque chose de mal, même si c’est juste un bisou c’est jugé par son père d’indécent. 

 

Article 4 : La femme et l’homme se doivent une répartition égale des tache ménagères. Ni le père ni la mère n’a en aucun cas le droit de se montrer violent envers ses enfants et son/sa conjoint.e . 

 

Dès les première page du livre, Fatima nous raconte que sa mère a toujours été dans la cuisine : c’était son domaine. Elle préparait toujours des plats pour ses enfants et son mari en s’adaptant à leurs goûts et envies.

Quelque page plus loin, Fatima mentionne que son père rentrait souvent tard à la maison en faisant beaucoup de bruit. Ses sœurs et elle n’avait pas droit de se plaindre du bruit sinon son père se montrait violent et les frappait : p64 un jour l'une de ses sœurs lui avait demandé d'éteindre la lumière et il l'a insultée, l'une de ses sœurs rétorque et se fait frapper. Elle mentionne ensuite qu'il n'en tape rarement qu'un, souvent deux sur quatre en incluant sa mère puisqu'elle ne sont que trois).

Suite à ces passages et un autre que Fatima mentionne en disant que son père faisait une sieste l’après midi pendant que sa mère était encore dans la cuisine, j’en ai déduis que le père de Fatima participe très peu aux tâches ménagère et que sa mère s’occupe de tout toute seule. 

 

Article 5 : Une femme à le droit de s'exprimer sur ses réelles intentions et d'être soi-même tant que cela ne nuit à personne. 

Dans le livre, Fatima nous raconte que quand elle part en Algérie, elle devient la fille parfaite polie et serviable avec sa mère pour ne pas être jugée par sa famille. En effet elle nous dit à la page 196 lors d'une visite chez sa grand mère après qu'elle lui ai demandé si elle n'allait pas porter le voile et lui à même demandé pourquoi elle n'est toujours pas mariée à 22ans, elle nous dit que parfois elle à envie d’être elle même et de dire ce qu'elle pense. Mais que les mots de ses parents l'envahissent souvent : "tu vas nous foutre la honte" "tu veux salir notre image ?" "ils vont te faire une réputation".

Fatima a toujours eu beaucoup de mal à s'exprimer sur ses sentiments ou à réussir à montrer de l'affection à cause de l'éducation qu'elle a reçue. Un thème abordé tout le long du livre puisque son éducation a eu des conséquences sur toutes ses relations plus tard dans sa vie adulte, Fatima les qualifie elle même d'instables.

Cela me rend triste et me fait de la peine ne pas s'accepter soi même ou contraindre les autres à ne pas s'exprimer pour le regard des autres me désole. On devrait pouvoir être libre de s'exprimer sans avoir peur du jugement des autres.   

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article