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Publié par Raphaël

Déclaration des droits de Defred et des femmes par Raphaël

Le livre que j’ai choisi s’intitule La servante écarlate (The Handmaid’s Tale en Anglais) traduit de l’anglais pour la deuxième fois par Michèle Albaret-Maatsch et écrit par Margaret Atwood. Le livre est paru en 1985 au Canada. D’un genre narratif l’histoire est dystopique.

On ne peut pas dater précisément le moment où se déroule l’histoire mais on peut deviner qu’elle se déroule dans les années 90 à 2000 grâce aux dates qui nous sont donner du passé du personnage principal. Par exemple, elle était à l’université dans les années 70. Les informations sur le lieu sont également peu présentes mais on arrive à savoir que l’histoire se déroule dans ce qui était autrefois Boston, dans la république totalitaire de Galaad.

L’histoire raconte la vie de Defred, une femme assujettie, c’est à dire que son corps est au service des hommes de l’élite politique appelés commandants. Dans le livre, ils appellent ces femmes des servantes.

Cette histoire à lieu dans un contexte troublé par une guerre civile dû à un coup d’état d’un régime totalitaire basée sur l’Ancien Testament et une chute drastique de la fécondité : c’est pourquoi les hommes puissants ont le droit d’avoir une servante pour avoir des enfants.

 

Déclaration des droits de Defred et des femmes par Raphaël

Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas moins ce droit. Dis-moi ? Qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ?

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits.

Les personnages féminins de romans, représentantes des mères, des filles, des sœurs, constituées en Assemblée internationale, ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs.

En conséquence, l’Assemblée internationale des personnages féminins de romans reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits suivants de Defred et des femmes, personnages du roman La servante écarlate de Margaret Atwood

Nous, les femmes,
nous sommes la moitié du ciel
et même un peu plus .
Nous entendons être le moitié de tout,
pas vos moitiés,
la moitiés de tout.
Et surtout, surtout,
être au moins la moitié partout
où se prennent les décisions.
Le monde qui vient devra
s'habituer partout
à la présence partout,
la présence forte de nos filles,
de vos filles

Christiane Taubira

Article 1 :

Toutes les femmes, fertiles ou non, et tous les hommes naissent libres et demeurent égaux en droit.

 

Ce qui m’a le plus frappé dans le livre, c’est cette séparation en groupe dans la société, établie sur le rang des personnes et surtout sur leur capacité à servir la nation. En effet, chaque personne a des occupations précises en fonction du groupe auquel elle appartient et subit un traitement différent. Par exemple, le commandant qui est haut placé peut se permettre de faire des choses interdites pour les autres comme lire : on apprend à la page 252 que le commandant possède une bibliothèque remplie de livres dans sont bureau. Il s’est également permis d’inviter Defred dans son bureau pour avoir une relation plus intime avec elle : même si au début ils n’ont fait que jouer au scrabble, il va quand même aller jusqu’à l’emmener dans un club de prostituées pour avoir une relation sexuelle en dehors du cadre prévu ( page 415 à 450). Par ailleurs, d’autres hommes ayant une place importante dans le système politique vont aussi dans ce club.

 

Article 2 :

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la femme et de l’homme : ces droits sont la liberté, la propriété et surtout la résistance à l’oppression.

On voit bien dans le livre que cet article n’est pas respecté parce que premièrement le groupe de dirigeants ont pris le pouvoir par la force, il y a eu un coup d’état mentionné brièvement dans le deuxième paragraphe de la page 311. Et deuxièmement les lois mises en place par la suite sont liberticides : par exemple plusieurs journaux ont été fermés quelques semaines seulement après l’arrivée au pouvoir de ce groupe ( l.3 p.312 ).

 

Article 3 :

La propriété de son corps est un droit imprescriptible des femmes. Toutes les femmes peuvent donc choisir d’avoir des enfants ou non.

Ce qui est le plus choquant dans ce livre à mon avis, c’est comment les femmes servantes sont assujetties, soi-disant pour la cause commune et comment elles sont traitées. Dans le centre où elles ‘’ apprennent ‘’ à être des servantes ou plutôt dans le centre ou le gouvernement essaie de leur faire ingurgiter sa propagande, on leur apprend qu’elles doivent être invisibles, c’est à dire comme des objets, donc dénuées de tout sentiment : « la pudeur c’est d’être invisible […] être vue… être vue… c’est être… […] …pénétrée. »

( lignes 11 et 12 page 77 )

 

Déclaration des droits de Defred et des femmes par Raphaël

Article 4 :

Pour l’entretien de la force publique et de l’économie, les contributions de la femme et de l’homme doivent être égales ; certaines ont part à des corvées pénibles ; elles doivent donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l’industrie.

 

C’est ici à mon avis le droit le plus concret et un des droits les plus importants qui a été enlevé aux femmes : dans le livre on apprend que les femmes perdent le droit de travailler et de pouvoir avoir un compte bancaire dans les pages 314 à 318.

Je trouve bizarre par contre qu’à ce moment là il n’y ait pas eu de soulèvement de la population et surtout des femmes parce que comme je l’ai déjà dit c’est le droit le plus concret et il a été enlevé de façon brutale, c’est pourquoi je trouve peu probable que peu de personnes soient allées manifester. L’auteure évoque dans la page 322 qu’il y a eu des manifestations mais qu’il n’y a pas eu beaucoup de monde et aussi que les gens ne sont plus allés manifester dès lors que l’armée et la police ouvraient le feu sur les manifestants.

Lorsqu’un droit fondamentale est enlevé de manière brutale, il devrait y avoir plus de manifestations. Par exemple en Birmanie (ou plus récemment le Myanmar), l’armée a pris le pouvoir par un coup d’état et il y a eu de très grandes manifestations et les manifestants ont continué d’aller dans la rue alors même que les forces de l’ordre leur tiraient dessus. Pourtant il s’agit bien d’un coup d’état par un gouvernement totalitaire comme dans le livre et d’une répression similaire, les manifestants se battent également pour les même enjeux, c’est pourquoi je trouve bizarre qu’il n’y ait pas eu de soulèvement.

 

Article 5 :

Toutes les femmes et tous les hommes ont le droit fondamental d'accéder à l’éducation.

Dans le livre, il n’y a pas beaucoup de mention d l’éducation parce que cela ne concerne pas le personnage principal. Néanmoins il faut s’y attarder un peu car les enfants sont tenus dans l’ignorance et donc petit à petit la situation que vivent les habitants de la république de Galaad sera normalisée, le fonctionnement de la société et donc le régime politiques s’établira et ne changera pas.

Olympe de Gouges

Olympe de Gouges

Article 6 :

Les femmes ont le droit de s’informer par elles- mêmes que ce soit en lisant un livre ou un journal, en écoutant la radio ou en regardant la télévision.

J’ai trouvé assez drôle le fait que même les enseignes de magasins ne puissent plus comporter de texte parce que même ça pour le gouvernement c’est trop dangereux (p.70) ce qui est un peu absurde je pense que l’auteure a ici exagéré un peu pour souligner le fait que les femmes n’avait plus le droit de lire. Mais sinon plus en général les femmes n’ont plus le droit de lire des livres pour empêcher qu’elles ne se soulèvent.

« Des lectures biens choisies m'instruisent sur l'homme et sur moi-même, sur le jeu des forces sociales, et aussi sur mon époque. » citation de Simone de Beauvoir.

 

Article 7 :

Tous les habitants de la république ont le droit de recevoir un procès juste et d’être jugés par une institution séparée de l’État.

C’est un des passages les plus choquants du livre où l’on trouve le meilleur contre exemple de cet article. En effet à la fin du livre les servantes commettent un Salvaging ( page 484), c’est à dire qu’elle doivent tuer un homme qui aurait commis un viol, à mains nues et si elles ne le font pas elles seront sévèrement punies. La femme qui dirige l’assemblée annonce que l’homme a commis un viol mais selon Deglen la camarade de Defred, il faisait partie du groupe de résistance MayDay.

 

Articles 8 :

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même fondamentales, pourvu que leurs manifestations ne trouble pas l'ordre public établi par la loi sauf en cas d’oppression majeure exercée par le gouvernement.

Il est logique qu’un gouvernement totalitaire interdise la liberté d’expression, par exemple la première chose que fait le gouvernement c’est de censurer la presse ou de fermer certains journaux ( l.2,3 page 312 ) c’est pourquoi le fait que les servantes n’aient pas le droit de parler entre elles ne peut pas étonner dans la mesure où tous les autres droits ont déjà été retirés.

 

Ma revendication en tant que femme, c'est que ma différence soit prise en compte, que je ne soit pas contrainte de m'adapter au modèle masculin

Simone Veil

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