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Publié par Elisa

L’œuvre que j’ai choisie est intitulée Du Domaine des Murmures. Elle est écrite par Carole Martinez et publiée en 2011. Ce roman historique raconte l’histoire imaginaire d’Esclarmonde. Cette histoire se passe au Moyen age, précisément à partir de 1187, en France, dans le Domaine des Murmures.

 

Dans le château du domaine vit Esclarmonde, son père ainsi que leur cour. Au début de l’histoire, le père offre la main d’Esclarmonde, âgée seulement de quinze ans, au fils d’un seigneur, le chevalier Lothaire de Montfaucon. Le jour du mariage, devant l’autel, Esclarmonde dit non, se coupe l’oreille, déclare qu’elle s’est promise à Dieu et que l’argent de sa dot servira à construire la Chapelle Saint Agnès dans laquelle elle vivra recluse jusqu’à sa mort. L’histoire est racontée du point de vue d’Esclarmonde qui, pour échapper à son mariage forcé, vit enfermée dans sa petite chapelle au Domaine des Murmures. 

 

Déclaration des droits d'Esclarmonde par Elisa

Préambule

 

Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas moins ce droit. Dis-moi ? Qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents?

 

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits.

 

Les personnages féminins de romans, représentantes des mères, des filles, des sœurs, constituées en Assemblée internationale, ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs.

 

En conséquence, l’Assemblée internationale des personnages féminins de romans reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits suivants d’Esclarmonde, personnage du roman Du Domaine des Murmures de Carole Martinez.

 

Déclaration des droits d'Esclarmonde par Elisa

 

Article 1. La femme naît libre et le demeure. Nul homme ne la possède.

 

Je pense que ce droit est essentiel et particulièrement sous entendu dans Du domaine des Murmures. En effet, que ce soit Esclarmonde, Jehanne ou Douce, elles sont enchaînées par les hommes. Il est explicitement expliqué que les femmes appartiennent à leur père puis à leur mari et lorsque celui ci décède, à leur fils ou beau père. Je trouve cela inacceptable. La femme est aussi capable de prendre des décisions, d'avoir des responsabilités et d'être indépendante que l'homme. Par exemple, Jehanne parle du droit de suite à cause duquel elle ne peut pas se marier avec celui qu'elle aime et partir avec lui où elle le veut. « Il oublie que mon seigneur peut me pourchasser, qu'il a droit de suite sur moi, que la fille d'un serf ne s'appartient pas. » (page 38).

 

 

Déclaration des droits d'Esclarmonde par Elisa

 

Article 2. Aucun acte de la femme ne justifie la violence envers elle.

 

Aucun acte ne justifie la violence. Autant pour un homme que pour une femme. Il y a de nombreuses manières de rendre justice, autres que la violence. A l'époque où se déroule l'histoire, l'adultère justifiait de nombreux actes.

 

Dans Du domaine des murmures, on peut trouver beaucoup de violence envers les femmes. Une des scènes les plus percutantes se déroule vers la fin de l'histoire. Pour comprendre le passage que j'ai choisi, voici son contexte : Amaury et Amey sont frères et sont partis en croisade ensemble mais se sont retrouvés séparés et Amey croit son frère mort. C'est pourquoi lorsqu'Amey rentre en France, il se permet d'avoir une relation avec la femme d'Amaury. Mais ce dernier rentre au château et découvre son frère et son épouse dans leur lit, ensemble. Il tue alors son frère avant de s'en prendre à la femme. « Il s'est ensuite tourné vers sa femme désespérée pour la rouer de coups mais il s'est arrêté juste avant que de la tuer et l'avait condamnée à finir ses jours en une geôle minuscule d'où elle pourrait contempler à satiété le gibet où il avait fait pendre le cadavre nu et sanglant de son si bel amant. En qualité de mari, n'avait-il pas tous pouvoirs sur son épouse adultère ? » (pages 199-200).

 

Déclaration des droits d'Esclarmonde par Elisa

 

Article 3. La justice consiste à ne pas laisser impunis les crimes. Ainsi, viol et violence envers la femme sont traduits en justice.

 

Cet article se rapproche de l'article 2. Du domaine des Murmures traite du sujet très grave qu'est le viol. Ce qui est particulièrement touchant et percutant, c'est que le viol semble banalisé. Les hommes violent les femmes du domaine, comme si c'était leur droit. Le viol est un acte innommable et doit être puni. Si le viol d'Esclarmonde par son propre père la veille de son enfermement est un exemple concret, dans cette histoire, il est fait allusion à de nombreux autres.

 

« Je savais son inconduite, les filles des serfs qui venaient en corvée et tisser au château me contaient sa violence. De tous ceux là aux beaux yeux d'ardoise était le plus avare en caresses, celui qui aimait à piller, disaient elles. Ne demandant jamais rien et n'attendant pas même un regard qui aurait proposé, il jouait avec son vit comme avec la pointe d'une épée ! Et les filles perdues se taisaient pour ne pas être jetées sur les routes. » (page 22).

 

Déclaration des droits d'Esclarmonde par Elisa

 

Article 4. Au nom de l'égalité des sexes, la femme ne dépend d'aucun homme. C'est pourquoi aucune décision la concernant directement n'est faite sans son consentement.

 

« Mais, de mon désir, nul ne se souciait. Qui se serait égaré à questionner une jeune femme, fût-elle princesse, sur son vouloir ? Paroles de femmes n'étaient alors que babillages. Désirs de femme, dangereux caprices à balayer d'un mot, d'un coup de verge » (page 20). Je pense que ce passage décrit et montre parfaitement l'oppression que subissent les femmes et le poids que leur silence sur leur consentement pèse. Le consentement est indispensable et nécessaire pour le bien être et la vie d'une femme. Sans celui ci, la femme n'a aucune liberté et ne peut pas être heureuse.

 

Déclaration des droits d'Esclarmonde par Elisa

 

Article 5. L'accouchement et les menstruations étant naturelles, la femme n'est ni jugée ni punie pour cela.

 

A l’époque d’Esclarmonde, tout ce qui touchait à l’intimité de la femme était tabou, notamment les menstruations, ce qui est montré par l’utilisation d’expressions comme ‘‘impureté périodique’’. Malheureusement, le sujet est toujours tabou dans nos sociétés, même si le sujet commence à être de plus en plus abordé. Dans le livre, la femme est en quelque sorte ‘’punie’’ après l’accouchement. En effet, l’accouchement étant synonyme d’une vie sexuelle de la femme, elle est vue comme une impure à sa suite. Cette ‘‘impureté’’ amène à l’interdiction à l’église pendant 40 jours, ce qui empêche la mère d’aller au baptême de son propre enfant, comme l’explique Esclarmonde à la page 102. Je trouve cela inacceptable car si la mère croit en Dieu, elle doit pouvoir assister au moment où son enfant est baptisé et donc entre officiellement dans la religion.

 

Déclaration des droits d'Esclarmonde par Elisa
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