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Publié par Giovanna

L’œuvre que j’ai choisie se nomme L’événement et a été écrite par Annie Ernaux. Ce récit autobiographique a été publié en 2000.

L’occasion d’un dépistage à Lariboisière replonge Annie Ernaux dans l’attente du verdict du docteur N en 1963. Quatre ans avant la législation de la pilule contraceptive et douze ans avant la Loi Veil, ce récit autobiographique décrit le parcours du combattant d’une jeune étudiante pour avorter.

Déclaration des droits d'Annie par Giovanna

Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas moins ce droit. Dis-moi ? Qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ?

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits.

Les personnages féminins de romans, représentantes des mères, des filles, des sœurs, constituées en Assemblée internationale, ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs.

En conséquence, l’Assemblée internationale des personnages féminins de romans reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les Droits suivants d’Annie, personnage du livre L’évènement d’Annie Ernaux.

Article 1 : Les hommes doivent contrôler leur pulsions sexuelles et respecter la femme quand elle ne veut pas. 

Lorsqu‘Annie Ernaux se rend chez Jean T pour dîner,  il lui fait des sous-entendus comme quoi ils auraient du temps pour avoir des rapports sexuels : “il m’a prise dans ses bras et dit que nous avions le temps de faire l’amour ”, “Jean T. me pressait par derrière ” (p. 35). Il profite d’elle car il sait qu’elle se sent seule et qu’elle est désespérée par sa situation, à ce moment là il est le seul à qui elle a parlé de sa situation car elle ne connaissait personne d’autre qui aurait pu l’aider. Il sait qu’elle ne pourra rien dire par peur qu’il dévoile son projet d’avortement, il a un moyen de pression sur elle donc en profite. Annie Ernaux est tellement dépassée par sa situation qu’elle pense même que ce qu’il a fait est normal et justifiable, elle commence à croire qu’elle mérite ce qui lui est arrivée et qu’elle n’a pas besoin d’y penser ou d’en parler .

 

Article 2 : Les médecins ne doivent pas émettre une opinion sur les femmes qui avortent.

Le médecin qui vient en urgence dans la chambre d’Annie juste après qu’elle est perdu l’embryon, émet un jugement sur ce qu’elle a fait et ne l’a rassure pas du tout : “pourquoi as tu fait ça ”, “j’ai cru qu’il était capable de me laisser mourir ” (p.104). Annie Ernaux, qui  ne voulait déjà pas avoir affaire aux médecins, n’a plus aucune envie d’en voir d’autres car elle sait qu’ils vont la traiter d’une manière différente, qu’ils vont la juger et lui faire le strict minimum. A la suite de la visite de ce médecin, elle est envoyée à l’hôpital où un jeune chirurgien va la mépriser à cause de son avortement, il va clairement l’insulter devant elle alors qu’elle est dans une position d’infériorité : “devant mes cuisses ouvertes ”, “qui me roue de coups en hurlant », «je ne suis pas le plombier !”” (P 107-108). Le médecin a eu une réaction extrêmement déplacée qui aujourd’hui aurait pu être punie, il n’a absolument aucun jugement à émettre, il doit avoir du respect pour elle et l’aider. Il l’a traitée comme une moins que rien, il parle comme si elle n’était pas là et en ayant fait ça il lui enlève le peu de  confiance qu’elle avait en elle et lui fait regretter son choix.

 

Article 3 : Une femme a le droit de parler de ses expériences traumatisantes, présentes et passées.

Une femme qui a subi une expérience traumatisante comme l’avortement a le droit d’en parler, il faut qu’elle en parle pour s’en libérer, pour sensibiliser la société. Même si maintenant l’avortement est autorisé, les femmes qui ont avorté lorsque c’était illégal ont le droit d’en parler et même doivent en parler pour partager les conditions dans lesquels elles ont dû le faire et pour pouvoir s’enlever le poids de culpabilité et de peur qu’elles avaient. Elles ont le droit de se faire aider si elles en ont besoin : “d’obliger les anciennes victimes à se taire, au nom de “c’est fini tout ça ”” (p27). Annie Ernaux nous transmet ce qu’elle et les anciennes victimes subissent aujourd’hui bien que l’avortement soit autorisé. Certaines  personnes ne se sentent pas concernées par ce sujet ainsi que l’histoire des victimes, elles ne veulent pas en entendre parler,  alors elles leur font comprendre de cette manière. Mais ces personnes- là sont complètement irrespectueuses et n’ont aucun droit de dire cela : si une victime veut parler de ce qui lui est arrivé, elle en a entièrement le droit que ça plaise ou non.

Déclaration des droits d'Annie par Giovanna

Article 4 : Une femme doit se respecter elle-même, elle ne doit pas se rabaisser.

Une femme de classe sociale moyenne ou basse ne doit pas associer sa grossesse à un échec social. Lorsqu’ Annie Ernaux apprend sa grossesse, elle l’associe à “l’échec social ”, à “la fatalité de la transmission d’une pauvreté ”(p 32). Mais être enceinte ne signifie pas rater sa vie : si l’enfant est souhaité, c’est une réussite et non un échec. De plus, une femme enceinte qui ne vient pas d’une classe sociale élevée, avec ou sans mari, n’est pas un échec social car une femme peut très bien élever un enfant seule. Une femme ne devrait pas se rabaisser à cause des idées reçues de la société, une femme doit avoir du respect pour elle -même et avoir sa propre idée sur le sujet de la grossesse.

D’autre part, Annie Ernaux dit d’elle même “j’étais une bête ” lorsque l’embryon a jailli d’elle. Tous les commentaires désobligeants envers son avortement ainsi que les idées reçues de la société sur l’avortement ont entraîné Annie à avoir une image négative d’elle-même. En se comparant à une bête, elle n’a plus aucun respect pour elle-même, elle regrette en quelque sorte son acte. A force d’écouter l’avis que les autres ont porté sur elle et ses actes, elle a perdu son respect pour elle-même.

Article 5 : Une femme a le droit d’avorter sans être punie de prison et d’amende. 

A cette époque, avorter était interdit et puni par la loi : “sont punis de prison et d’amende […]3) la femme qui s’est fait avorter elle même ou qui y a consenti ”(p29). Quelles que soient  les raisons pour qu’une femme avorte , elle en a le droit et ne doit être en aucun cas punie pour son acte. Avorter est quelque chose de très dur à faire. L’avortement est souvent traumatisant et encore plus lorsqu’il était illégal car  il se faisait dans la peur, en cachette et pas dans les meilleures conditions médicales, donc la femme ne devrait pas avoir une peur constante d’être découverte et punie en plus de cette expérience traumatisante. D’autre part, lorsque l’avortement était interdit, il engendrait  une “honte ” pour “celles qui avortaient ” (p 46-47). Les femmes qui avortaient clandestinement en avait honte , elles n’en parlaient pas et ne l’assumaient pas, elles ne parlaient pas de leur expérience et cela pouvait créer un malheur intérieur, une sorte de culpabilité et de regret.

 

Article 6 : Une femme ne doit pas faire son avortement seule, elle doit se faire aider.

Un avortement est une chose difficile à faire sur le moment ainsi qu’après. Une femme qui avorte a besoin de support, d’aide, de quelqu’un à qui confier ses émotions. D’ailleurs, le géniteur de l’embryon devrait être là pour la femme qui se fait avorter car c’est aussi en partie de sa faute . Dans L’événement, le géniteur de l’embryon d’Annie Ernaux est “le seul à ne pas paraître intéressé ”, “il me laisse me débrouiller seule ”. Il n’assume absolument pas ses actes et ne s’inquiète pas du tout pour elle, il la laisse gérer cela seule sans se préoccuper de comment elle se sent et de comment elle va le faire . Il ne veut rien avoir à faire avec cela et continue sa vie comme si de rien n’était. De plus, une personne qui avorte a besoin de soins médicaux, elle a besoin du soutien d’un médecin qui la guide dans son avortement et qu’il n’y’ ait pas de complications mais malheureusement Annie Ernaux n’a pas eu le soutien de médecins. Lorsqu’elle appelle docteur N, elle a compris  qu’“ à son ton ” la “voir était la dernière chose qu’il désirait ” et qu’elle “ne devait plus lui téléphoner”. Le médecin à qui elle demandait aide et conseil décide de fermer les yeux sur sa situation par peur d’être puni, il préfère faire passer sa carrière avant une patiente.

 

 

 

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