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Publié par Maëlyss

Juste la fin de la pièce II, 4 par Maëlyss

Juste la fin du monde, II, 4

 

ANTOINE. - […]

Louis ?

 

LOUIS. - Oui ?

 

ANTOINE. - Parle-moi,

tu sais que tu peux me parler.

Ça se voit que tu ne vas pas bien,

s’il te plait parle-moi,

parle-nous.

 

LOUIS. - Antoine, Suzanne, maman, Catherine,

si je suis réellement venu aujourd’hui vous voir,

c’est pour vous annoncer quelque chose.

Je dois vous l’annoncer,

l’annoncer moi-même, en être l’unique messager,

donner,

et donner aux autres une dernière fois

l’illusion d’être responsable de moi-même

et être mon propre maitre,

c’est pour cela que je vais être très direct,

peut-être un peu trop,

mes années, mes mois, mes jours  sont comptés.

Je vais être très explicite,

je me lance,

je viens vous annoncer ma mort prochaine et inévitable.

Laissez-moi m’expliquer avant de m’incendier de questions, de pleurs et … de cris.

C’est donc une des raisons pour lesquelles je ne venais plus vous voir et ne vous donnais plus de nouvelles.

J’ai trente-quatre ans et je vais bientôt mourir.

Pendant ces dernières années j’ai voyagé,

énormément.

J’ai parcouru le monde entier

en pensant que j’oublierais donc que je suis malade…

Je n’y arrive pas,

j’en  deviens encore plus malade …

Ça m’obsède.

Également,

je pensais qu’en étant loin de vous

cela vous aiderait.

Je pensais que si vous le saviez dès le début

vous ne pourriez pas vivre à cent pour cent votre vie.

Vous seriez triste pour moi, triste d’être heureux, triste de me voir un jour prochain mourir.

Mais quand je t’entends parler, Antoine, j’ai l’impression que ça vous a fait plus de mal qu’autre chose.

Je voulais juste vous enlever un poids.

Finalement je ne connais pas ma sœur,

je viens juste de rencontrer la femme de mon frère,

et j’ai des neveux que je n’ai jamais vus.

Je suis venu de même aujourd’hui

pour m’excuser de tout cela.

Je suis un lâche,

un crétin,

un con.

Un con avec vous,

avec moi.

Encore hier,

je ne savais pas si c’était une réelle bonne idée de venir ici,

aujourd’hui.

Je me disais que ce serait peut-être mieux pour vous que je ne revienne jamais dans vos vies et que vous m’oublieriez en pensant que j’ai juste voulu profiter de ma vie, seul plutôt que vous vous condamniez pour moi.

Hors de question !

Je suis né seul, je mourrai seul.

Antoine,

mon frère,

je suis désolé de t’avoir laissé seul avec Suzanne et maman.

Tu as dû t’occuper de tout, seul. Ça n’a pas dû être facile.

Je ne pensais pas que mon départ avait fait autant de dégâts…

Nos balades à vélo me manquent,

nos bagarres pour aucune raison également.

Suzanne,

ma petite Suzanne,

tu as vingt-trois ans, et tu es si jolie.

A vrai dire nous ne nous connaissons pas énormément.

Je suis parti

tu étais si jeune, si insouciante.

Je suis comme un inconnu pour toi.

Si tu savais combien je regrette.

Maman,

tu as toujours été là pour moi

peu importe la situation

tu étais toujours présente.

Tu ne m’as jamais rien reproché.

Je m’en veux d’être parti alors que tu avais besoin de moi.

Et puis Catherine,

Catherine, tu es la femme de mon frère.

Vous avez des enfants ensemble.

Je suis tellement heureux pour vous.

Je suis désolé que la première fois que tu me rencontres ce soit le jour où je vous annonce ma mort.

Voilà,

voilà la vraie raison

voilà pourquoi je suis là, ici, aujourd’hui.

 

LA MERE. - Je…

Je ne…

Je ne sais que dire.

Je suis sous le choc.

Je ne m’attendais pas à cela.

 

CATHERINE, ANTOINE ET SUZANNE :           

                                             

LOUIS : - Parlez-moi.

      Répondez-moi.

 C’est important pour moi.

 Je veux que vous me parliez.

 

SUZANNE : - Ne repars plus à l’étranger ou je ne sais où.

       Reste ici, avec nous.

       Je veux passer le plus de temps avec toi.

       Te connaitre comme si j’avais vécu toute ma vie avec toi.

       Te connaitre comme personne ne te connait.

       Je suis ta sœur, tu es mon frère et je t’aime.

        

CATHERINE : - Je ne sais que dire.

      Comme tu le dis, nous nous connaissons depuis aujourd’hui.

      Tout cela est un mélange de tristesse, d’étrangeté, et de solitude.

      Je crois que je vais vous laisser seuls, en famille.

      Vous avez besoin de parler,

      vous avez besoin de vous retrouver

      en petit comité.

 

ANTOINE : - Mon frère…

      Je me sens si mal de t’avoir dit toutes ces choses tout à l’heure.

     J’ai été si cruel de les dire…

     Je n’arrive même pas à mettre des mots sur ce que j’ai dit…

     Tu as bien fait de partir,

     tu as pu bien profiter avant..

     Ne m’en veux pas,

     tu sais que j’ai du mal à exprimer ce que je ressens.

     Comme l’a dit Suzanne, reste.

     Reste avec nous.

    Nous nous chamaillerons comme quand nous étions petits.

    Nous referons nos balades à vélo qu’on aimait tant.

    Nous t’aimons tant,

    et le temps où tu seras ici

    avec nous

    dans ce monde,

    nous le consacrerons à profiter de toi et toi de nous.

 

LOUIS : Venez que je vous embrasse.

Vous m’avez tant manqué.

          

Juste la fin de la pièce II, 4 par Maëlyss

  J'ai choisi d'écrire un long discours pour Louis car c'est le personnage principal et qu'en 12 ans il avait été absent, donc il fallait qu'il parle beaucoup. De plus, dans la pièce il n'exprime pas énormément ses sentiments, donc  je trouvais important que pour finir la pièce il dise ce qu'il ressentait. Il s'en veut d'être parti, surtout après tout ce que son frère lui a dit, qu'il l'avait abandonné. De même pour sa sœur Suzanne qu'il ne connait en fait pas du tout. Je n'ai pas fait parler beaucoup Catherine parce qu'elle ne le connait pas, donc à sa place je ne saurais quoi dire. Et au contraire j'ai fait parler beaucoup Antoine parce qu'on voit que c'est lui le plus touché du départ de Louis il y a 12 ans. Pour conclure, j'ai surtout fait parler Louis, car je trouvais ça très important.

 

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