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Publié par Loïc

Juste la fin de la pièce II, 4 par Loïc

 

Scène 4

 

 

SUZANNE. - Attends, Louis!

Tes clés, tu les as oubliées, sur le bar, en face de la cuisine.

Je ne sais pas où  tu comptais aller, mais tu ne serais pas allé bien loin.

 

LOUIS. - Ah mes clés, c'est vrai,

même si

je ne sais toujours pas où je veux aller,

elles pourront peut-être m'être utiles, 

- ce que je crois -

ou pas d'ailleurs

(et c'est cela que je voulais dire).

Et oui, c'est vrai,

je me rappelle, je m'en souviens, je ne pense qu'à cela depuis le début de la journée.

Et oui, c'est vrai,

en terme d'oubli,

mes clés ne sont que poussières face à l'annonce que je vais vous faire,

- si l'on peut appeler ça un oubli -

Ai-je le courage et la force de vous dire ce que je dois vous dire,

ou bien vais-je vous l'écrire ? 

(tiens, ma voix tremble)

C'est bizarre,

c'est la première fois depuis le début de la journée, 

que j'ai l'impression que l'on m'écoute,

 

- Auraient-ils compris, s'en doutent-ils ? -

 

Et oui, c'est vrai,

en terme d'oubli,

on peut difficilement faire pire, mais en terme de raison on peut aussi difficilement faire pire.

Ce que je vis, ce que j'endure, est loin d'être le reflet de mon image,

mais je ne souffre plus, du moins, plus trop, 

- non ? - 

Et oui, c'est vrai,

j'appréhende...

 

ANTOINE. - Abrège !

 

CATHERINE. - Antoine, tais-toi !

 

LOUIS. - Antoine, écoute moi, j'ai peur que tu ne le regrettes,

laisse-moi dire,

seulement dire,

prononcer,

seulement prononcer, 

ces quelques mots, que, je l'espère, vous n'entendrez qu'une seule fois dans votre vie,

​​​​​​​ces quelques mots qui déchirent le cœur, qui détruisent un homme.

Car oui, j'ai 33 ans, bientôt 34, et c'est à cet âge que je mourrai, 

voilà donc la véritable raison de ma venue

et que j'ai failli oublier de vous dire,

- ce que je pense -

que j'ai failli perdre mon courage en cours de route.

Et oui, c'est vrai,

je vais mourir, 

ma mort irrémédiable se rapproche, mon destin inéluctable se précipite,

la fin du monde m'entraine avec elle plus tôt que prévu...

 

LA MÈRE. - C'est impossible !

Tu ne peux pas mourir, Louis, c'est impensable,

c'est immonde !  

 

SUZANNE. - pleurant, pourquoi ?

Comment ?

Pourquoi Louis ?

Pourquoi nous ?

Pourquoi pas d'autres ? 

 

CATHERINE. - ​​​​​​​incapable de prononcer un mot, elle s'effondre de douleur.

 

ANTOINE. - Pardonne moi, je t'en supplie,

Louis,

malgré tout, 

malgré nos différends, nos désaccords, malgré le fait que je désapprouve certains de tes choix,

malgré tout,

je t'ai toujours aimé,

je t'aime,

et je t'aimerai,

malgré tout,

je ne regrette aucun de mes choix ni même

aucun de mes propos,

en revanche, je te supplie de bien vouloir

m'excuser si je t'ai fait du mal

et t'ai blessé,

ne crois pas que je ne suis pas triste,

je retiens juste mes larmes.

 

LOUIS. - Antoine, je te pardonne, je vous pardonne à tous et je ne vous reproche rien du tout,

Et oui, c'est vrai,

que j'ai fait des choix plus que discutables, mais je ne regrette rien non plus,

malgré tout,

- ce que je crois _ 

(j'en suis certain),

mon absence a dû vous peiner et de cela je m'excuse.

Bref, ça y est c'est dit,

voilà donc mon dernier "au revoir" et mon premier "adieu".

 

 

Juste la fin de la pièce II, 4 par Loïc

Dans cette dernière scène, j'ai décidé de mettre en avant le courage de Louis en m'aidant de nombreuses épanorthoses et d'un champ lexical de la dureté.

Dans la pièce, la Mère, en général, ne parle pas beaucoup, dans cette scène 4, elle ne prononce donc qu'une courte tirade qui rappelle son côté maternel et par conséquent un amour inconditionnel pour son fils, Louis.

Les traits de caractère de Suzanne que j'ai décidé de mettre en avant sont son attention et sa préoccupation pour les autres ainsi que sa curiosité.

Dans cette dernière scène, j'ai choisi de ne pas faire parler Catherine, simplement, une didascalie fait ressortir sa sensibilité.

Enfin, mis à part Louis, Antoine est le personnage qui a le plus parlé. Sa longue tirade met en lumière sa compassion et son empathie, toutefois il reste têtu.

 

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