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Publié par Mehdi

Essai de conversation par Mehdi

Nous sommes en l'an 2540, de nos jours la science a tellement évolué qu'il est désormais possible de ressusciter tout être humain à partir du moment où il reste au moins les cendres de cette personne. A cette époque, Laurent Gaudé et Michel de Montaigne ont été ressuscités, ils se sont donc donné un rendez-vous dans la bibliothèque de Montaigne pour parler de leurs œuvres.

 

- Bonjour, mon nom est Michel de Montaigne, bienvenue chez moi, je suis heureux de faire votre connaissance, bien que nous ne soyons pas nés à la même époque je trouve cela formidable de pouvoir discuter avec un écrivain du XXIe siècle.

- Bonjour, mon nom est Laurent Gaudé, si un jour on m’avait dit que j’allais être chez le très célèbre Montaigne, je ne l’aurais pas cru, mais grâce à la science cela est possible, et c’est vrai que cela est vraiment extraordinaire de pouvoir vous parler.

Avant de commencer, voulez vous un café ?

- Un café ? Excusez moi, j’ai mal interprété votre question, pouvez vous répéter votre question ?

- Ah oui j’oubliais, à votre époque le café n’existait pas, pour faire court le café est une boisson qui donne de l’énergie.

- Très bien dans ce cas, je me délecterais bien de cette boisson que vous appelez «café».

- Dans ce cas, patientez quelques secondes j’arrive.

- Tenez c’est pour vous.

- Merci bien, allez-y, vous pouvez commencer.

- Alors pour commencer j’aimerais vous poser une question.

- Oui allez-y je vous en prie, posez la, nous sommes là pour ça de toute manière

- Je ne connais guère votre parcours : pouvez-vous m’en dire quelques mots ?

- De mon jeune âge j’étais étudiant en droit ce qui m’a permis d’accéder à la Cour des Aides de Périgueux et en 1557 au Parlement de Bordeaux en tant que magistrat. En 1559, je rencontre Étienne de la Boétie, qui est mon meilleur ami mais malheureusement il décède de la peste en 1563, mais grâce à la science permettant de faire ressusciter pratiquement tout les humains j’ai pu le revoir, je m’égare un peu du sujet là. Bon reprenons, en 1571, je quitte le château familial et mes fonctions de magistrat pour me consacrer pleinement à l’écriture. J’entame la rédaction de mes essais en 1572 mais jusqu’en 1579 je tâtonne pour trouver mon style. Puis en 1580 je publie les deux premiers livres de mes essais, où j’aborde la découverte du nouveau monde et la confrontation brutale entre la sauvagerie et la civilisation dans le chapitre Des cannibales.

- D’accord maintenant j’en connais un peu plus sur vous, maintenant j’aimerais vous demandez avez vous lu mon roman Eldorado ?

J'ai lu : Eldorado de Laurent Gaudé

- Oui bien sûr, je l’ai lu.

- Et comment l’avez vous trouvé ?

- Je l’ai énormément apprécié, car les personnages sont vraiment attachants, l’histoire est prenante et le fait de changer de personnage à chaque chapitre donne une sensation de renouveau au lecteur, ce qui permet de ne jamais s’ennuyer.

- Merci cela me fait énormément plaisir, je suis heureux d’entendre cela, j’ai une autre question : quel personnage avez vous préféré entre Piracci et Soleiman ?

- Alors, entre Piracci et Soleiman, j’ai eu un petit coup de cœur pour Soleiman car même si Piracci est un très bon personnage, j’ai trouvé les motivations de Soleiman vraiment très nobles, car même lorsque son frère lui a dit qu’il ne pourrait pas continuer avec lui, il a quand même continué le voyage seul dans le but de partir dans un autre pays pour avoir de l’argent et pouvoir soigner son frère. Même lorsqu’il se fera avoir par des passeurs il n’abandonnera pas et lorsqu’il a volé l’argent d’une personne il avait énormément de remords, ce qui donne un côté «humain» car il n’avait pas d’autre choix que de voler cet argent. Et justement je voudrais vous demander quel personnage avez vous préféré écrire.

- D’accord je vois, c’est une très bonne question, alors le personnage que j’ai préféré écrire dois sûrement être Piracci, car au début ce n’était qu’un commandant de frégate qui devait aller chercher des migrants perdus en mer, mais dès lors qu’il a rencontré une migrante, sa vie a totalement changé, et ce que j’ai le plus aimé dans mon personnage (Piracci), c’est son évolution au fil des chapitre.

J’ai lu vos essais et maintenant j’aimerais vous demander pourquoi avoir choisi ces titres

- J’ai décidé de prendre comme titre Des cannibales car à mon époque les Améridiens, les étrangers, étaient considérés comme des cannibales, des «sauvages» tout simplement car ils n’avaient pas les mêmes coutumes que nous et je trouve cela vraiment inacceptable, et j’ai choisi le titre Des coches car les européens ne sont pas contre la colonisation envers les indigènes et je la condamne à travers ce chapitre la.

- D’ailleurs comme vous en êtes le créateur, pouvez vous me dire ce qu’est un essai ?

-Un essai est un genre de livre dans lequel un auteur exerce librement sa pensée sur un sujet précis.

- Je vois, merci pour cette précision.

- Il n’y a pas de quoi, voyons, nous sommes là pour répondre aux questions de l’un et de l’autre, d’ailleurs pouvez vous me dire ce qu’est l’Eldorado ?

- Très bonne question, L’Eldorado est un mot emprunté de l'espagnol. C’est une contrée imaginaire que l'on croyait située dans l'Amérique du Sud et très riche en or et en pierres précieuses. Par analogie, il désigne un Pays imaginaire, où chacun vit au sein de l'abondance et des richesses. C'est un eldorado. Dans mon roman l’Eldorado est une sorte de «Paradis» sur Terre pour nos protagoniste

paradis - Radio Oloron

- Du coup pour poursuivre sur l’Eldorado, pourquoi ce titre ?

- J’ai choisi ce titre tout simplement car il fait en quelque sorte rêver, nos protagonistes veulent aller dans l’Eldorado, leur propre Paradis. Dans votre essai Des cannibales, quel message avez-vous voulu faire passer ?

- Dans mon essai, Des cannibales j’ai voulu dire que peu importe nos coutumes, nos cultures, au fond ont est humains, donc pourquoi faire passer ces personnes pour des «barbares» alors que l’on est pareil, on ne doit pas juger les cultures des autres et nous devons respecter leur culture.

- Oui c’est un très beau message, avez vous eu des sources d’inspirations pour écrire votre œuvre ? Si oui les quelles ?

- Oui je me suis inspiré d’œuvres, je me suis appuyé on va dire sur des récits de voyage comme par exemple celui Jean de Léry, Thevet et des témoignages directs, cela restera entre nous mais je n’ai jamais voyagé hors de l’Europe.

- Ah ah d’accord je vois.

- D’ailleurs avant de se quitter j’aurais une dernière question, si vous ne deviez retenir qu’une phrase de mon livre, laquelle ? Et pourquoi ?

- Alors si je ne devais retenir qu’une phrase de votre livre ce serait : "Or je trouve pour revenir à mon propos, qu'il n'y a rien de barbare ni de sauvage dans ce peuple, [...] sinon que chacun appelle barbarie ce qui n'est pas dans ses coutumes" Je choisirais cette phrase car à elle seule résume l’œuvre qui est de ne pas juger les coutumes des autres car elles sont différentes et penser de cette manière dans cette époque ou l’Europe était pour la colonisation, c’est fort.

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- Très bonne analyse je choisirais sûrement la même, je me dois d’écourter cette séance, il faut malheureusement que je m’en aille, ce fut une très bonne expérience de pouvoir parler à un écrivain du XXI siècle, qui sait peut être que l’on se recroisera un jour, à bientôt Gaudé.

- D’accord, c’était vraiment super de pouvoir vous parler, Montaigne, et j’espère avoir l’occasion de vous parler à nouveau, à bientôt.

 

Après leur longue discussion Montaigne et Gaudé s'en allèrent chacun de son côté.

 

Source image


 

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