Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Publié par Émilie

Partage confiné - Armorican Psycho

Deux cadavres. Un tueur. Zéro suspect. Et lui, peut-être dans le collimateur du lieutenant Le Bris. Quelques jours avaient suffi pour changer le cours de sa vie.

 

Armorican Psycho est un roman policier, première œuvre de Gwenael Le Guellec parue en 2019. Il met en scène un personnage atypique prénommé Yoran Rosko, originaire de Brest. Plutôt solitaire, il est atteint d’une maladie le faisant voir la vie en noir et blanc et le contraignant à porter des lunettes de soleil. Lorsqu’il apprend un jour la mystérieuse disparition d’un de ses amis et la découverte d’un cadavre dans son appartement, Yoran, très curieux et désireux de retrouver son ami, décide de mener l’enquête de son côté. Cette enquête le mène des tréfonds de Brest jusqu’au Nord de l’Europe où nous le suivons au rythme de ses rencontres et mésaventures, dans sa quête de la vérité…

 

Le roman est articulé en 3 mouvements, comme l’explique l’auteur : “Celui-ci comprend en effet trois parties, une première centrée sur l'atmosphère, une deuxième développant davantage l'enquête, et une troisième déroulant l'action menant au dénouement de l'histoire. [...] Après lecture, une amie (pianiste) a comparé la construction de l'histoire aux trois temps d'une sonate de Beethoven : Adagio, Lento, Presto ; j'aime assez cette image…”

 

Ce thriller a reçu le Prix du Suspense Psychologique 2019 ainsi que le Prix du Goéland Masqué 2020. D’une façon très réaliste et en s’adaptant au rythme réel de l’enquête, Armorican Psycho vous plongera dans une aventure dont il vous sera difficile de sortir. Les pages d’enquête sont entrecoupées de confessions d’un mystérieux personnage qui font monter l’angoisse. Si vous aimez les thrillers, le mystère, le suspense, les voyages, que vous appréciez la ville de Brest, et que les gros livres ne vous font pas peur, alors ce roman est fait pour vous.

 

 

L'auteur lors d'une séance de dédicace.

L'auteur lors d'une séance de dédicace.

Étant apparentée à l’auteur, j’ai eu la chance de pouvoir lui poser quelques questions dont voici un extrait choisi :

D’où vient ton inspiration ?

 

Les sources d'inspiration sont vastes et, pour ainsi dire, illimitées.

Les principales sont les voyages que j'ai pu faire jusqu'à ce jour, la musique, et aussi quelques bribes de ma vie personnelle.

Certains romans m'ayant particulièrement marqué peuvent également m'apporter une certaine inspiration : je citerais notamment Le Bonhomme De Neige, de Jo Nesbø, ou Les Racines Du Mal, de Maurice G. Dantec, deux des premiers thrillers que j'ai lus, et que je ne suis pas prêt d'oublier...

Mais une simple phrase dans un texte, ou un détail sur une photo, où même une personne croisée dans la rue, peuvent générer un besoin de création.

Sans me comparer à lui, Franck Thilliez a dit que les auteurs étaient de véritables éponges, et... je crois qu'il y a de ça !

  

Pourquoi avoir choisi de mettre en scène un héros avec une maladie qui l’isole un peu de la société (donc plutôt anti-héros ?) ?

 

La création d'un personnage principal qui sorte de l'ordinaire faisait partie des "fondations" de cette histoire, à la fois pour ne pas mettre en scène un énième policier, gendarme ou agent secret, et aussi parce que je n'ai aucunement la prétention de connaître les rouages de ces professions, ce qui est, selon moi, indispensable pour la crédibilité de l'intrigue.

J'aime beaucoup le côté "solitaire" et légèrement asocial, qui rend, je trouve, le personnage plus attachant.

Mais je voulais le différencier encore plus, raison pour laquelle j'ai cherché à savoir s'il était possible pour un homme de voir le monde en noir et blanc, ce qui s'accorde par ailleurs plutôt bien à un roman noir/thriller.

J'ai découvert que ce trouble existait : l'achromatopsie, qui contraint les personnes qui en sont atteintes à percevoir le monde qui les entoure en noir et blanc et en nuances de gris : à cet instant, j'ai compris que je tenais mon personnage principal.

  

Est-ce que tu t’identifies un peu à lui (goûts musicaux, voyages, photo…) ?

 

Je pense que tout auteur met une part de lui-même dans ce qu'il écrit.

Dans le cas de Yoran, oui, bien sûr, il y a de moi dans ce personnage : il écoute la musique que j'écoute moi-même (et qui m'a beaucoup inspiré durant l'écriture), il est originaire de Brest et voyage dans des pays étrangers dans lesquels je suis allé, et il est photographe, une activité que j'exerçais en amateur avant de m'impliquer plus intensément dans l'écriture.

Il y a aussi une part de vécu par moments, que le lecteur identifiera (ou pas)...

 

As-tu personnellement été dans tous les lieux que tu décris ?

 

Comme je l'évoquais plus haut, je m'efforce d'avoir visité la plus grande partie des lieux servant de cadre à l'histoire.

Dans ce premier roman, sauf erreur de ma part, je me suis rendu dans tous les lieux mis en scène, à l'exception de l'Inde.

Pour cette partie de l'histoire, je me suis appuyé sur les premières impressions d'un ami, qui venait de s'y rendre pour deux années.

Parallèlement, j'ai aussi effectué un travail de recherche assez conséquent, afin de crédibiliser au maximum le réalisme de ce passage de l'histoire, d'autant que cette partie de l'intrigue se déroule dans le passé, et que l'Inde de la fin des années 70 n'est pas celle que nous connaissons aujourd'hui.

 

Pensais-tu déjà à l’enquête en visitant les différents pays mis en scène ?

 

Disons que j'avais parfois quelques éléments à l'esprit, comme pour le personnage du "Viking flamboyant", par exemple, dont j'avais une vision très précise bien avant d'aborder l'écriture de cette partie de l'histoire.

J'ai aussi eu la chance de visiter les tunnels du port de commerce, et là, ça m'a immédiatement inspiré.

Pareillement, j'ai pu découvrir les souterrains du Château de Brest de nuit, un endroit qui s'est ensuite naturellement imposé comme cadre de l'un des chapitres.

Mais globalement, ça vient plutôt après avoir visité les différents lieux de l'intrigue.

 

Est-ce que les différents personnages (ou certains seulement) sont basés sur des personnes réelles ?

 

Il est vrai que plusieurs personnages sont basés sur des personnes réelles, certaines ayant joué un rôle plus ou moins important dans ma vie, d'autres l'ayant seulement traversée.

A titre d'anecdote, lorsque Yoran se rend sur l'île de Grimsey, en Islande, il effectue une traversée en ferry, traversée au cours de laquelle il croise un prêtre luthérien qui se rend pour sa part à l'église de l'île, afin d'y donner une messe d'enterrement, et qui, pour autant, ne rechigne pas à consommer de l'alcool à bord ; il se trouve que j'ai réellement croisé cet homme lorsque j'étais dans le ferry naviguant vers Grimsey, et que tout ce qui est dit le concernant dans le roman est vrai.

 

La trame du roman t’est-elle venue dès le début ou au fur et à mesure ?

 

Trouver la trame de son roman est incontestablement la phase la plus importante dans l'écriture d'un thriller, car c'est cette étape qui détermine la densité de l'histoire, et les différentes pièces que l'on va superposer dans la construction de l'intrigue.

C'est aussi déjà à ce stade que la durée de l'histoire se dessine.

Pour autant, si j'avais bien une trame, je ne disposais pas d'un plan ultra détaillé, car j'écris beaucoup à l'instinct, au point de pouvoir dire que je découvre une part non négligeable de mon histoire lorsque je l'écris, et c'est là toute la magie de la chose…

 

As-tu écrit les chapitres racontés par le personnage mystérieux au fur et à mesure du livre, ou tous à la suite pour les intégrer ensuite par morceaux en guise de "fil rouge" ?

 

C'est une bonne question...

Je les ai écrits d'une traite au début de chacune des trois parties du livre, donc en trois fois, en somme.

Essentiellement car il s'agit des chapitres qui m'ont demandé le plus de recherches, et que c'était plus constructif d'en rédiger plusieurs à la suite plutôt que de me replonger dans ces recherches autant de fois qu'il y avait de chapitres à écrire à la première personne dans l'histoire.

 

Es-tu d'accord avec ce que disent de nombreux auteurs : pour écrire, il faut avoir beaucoup lu ?

 

C'est ce qu'on dit souvent, mais sur ce point, je ne suis pas forcément un bon exemple...

Je n'ai jamais été un "gros" lecteur, et je me suis mis à lire des thrillers relativement tardivement.

Et lorsque j'écris, je suis tellement "habité" par mon histoire que ça m'est difficile de me consacrer intensivement à la lecture.

Mais bien sûr, qu'on écrive ou pas, je ne peux que recommander de lire.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article