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Publié par Arthur T

Oraison funèbre - Hippolyte

Hommage de Théramène à Hippolyte

 

Ô superbe Hippolyte, Ô fils de Thésée et d'Antiope, reine des Amazones étrangère à la cité, combien ta conduite fut noble !

Ô enfant de Trézène, fils du roi d'Athènes, tu fus confié au sage Pitthée, ton arrière grand-père, après la mort de ta mère.

 

Moi, Théramène, après avoir rapporté la triste et effroyable nouvelle à un père que le doute alors traversait, je déplore ta mort injuste et cruelle.

La vérité trop tard révélée, n'arrêta pas le châtiment de Neptune qui pourtant la connaissait, obéissant au vœu fou d'un père trompé et aveuglé. Tu fus bien trop vite condamné pour traîtrise par un père courroucé et abusé.

 

Tu nous revenais enfin après un long exil ordonné par Phèdre, ta belle-mère. Sa haine cachait un amour sans limite pour l'homme que tu étais, et qui la consumait. Ton innocence ne te permit pas de voir le destin fatal qui se tissait par l'entremise de ces deux femmes. Oenone, fidèle à Phèdre, te calomnia auprès de ton père pour sauver sa reine du déshonneur d'aimer le fils du roi. Un mensonge fut prononcé à ton encontre. Tu devenais ce fils perfide que tout accusait, le trouble qui t'atteignait d'aimer, jusqu'au fer coupable que tu avais abandonné. Tu étais devenu l'ennemi de ton père par cet acte adultère. L'horreur du coup porté étouffa ta voix. Pour protéger et sauver ton père de l'infamie, tu décidas de te taire et de ne pas condamner Phèdre. Tu te défendis pourtant en mettant en avant ta sagesse et ton honnêteté. Tu clamas ta vertu, tes origines, convoquant la sagesse de Pitthée qui t'avait instruit. Ton père proclama ton exil par-delà les colonnes d'Alcide. 

 

Tu te croyais coupable de ton oisiveté alors que ton père, que tu admirais, avait remporté tant d'exploits. Tu désobéissais, fût-ce ton seul crime, en aimant Aricie, fille de l'ennemi, condamnée par Thésée au célibat pour que s'éteigne à jamais la lignée de Pallas. Tu as aimé celle que la loi paternelle interdisait d'aimer. Vous deviez fuir ensemble et vous marier. Elle est à présent fille du roi puisque qu'avant de mourir, tu désiras qu'elle soit sauvée.

 

L'ironie du sort a voulu que quand enfin tu terrassas un monstre furieux et mugissant surgi des mers en le combattant franchement, en un instant le héros que tu devenais par cet exploit, tes chevaux désobéissant à ta voix, devenus fous, t'emmenèrent vers le trépas.

 

L'hybris mortelle a creusé ton tragique destin, et fait naître en nos cœurs des regrets éternels.

 

 

 

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