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Publié par Alan A

Playlist pour les obsèques de Nihad

 

Malgré tous mes crimes, mes viols, mes atrocités commises, j'aimerais que cette playlist soit jouée lors de mes obsèques. Elles représentent une grande partie de ma vie, lorsqu'en en 1980, mon activité principale était tireur d'élite. Ces musiques étaient mes plus intimes amis, m'exaltant à épauler le fusil et à tirer, recharger, tirer, recharger... Sans réfléchir. Sans se poser de question. Aussi mécaniquement  qu'un robot. Elles faisaient de moi une star, au même niveau que Kirk Hartman, le héros de Star Trek.  

Musique pour Nihad

 

The logical song, de Supertramp sortie en 1978. Mon fusil joue la mélodie au rythme des accords. Je me concentre [do mineur], je respire [la bémol majeur 7ème], je presse la détente [sol mineur 7ème], je recharge [si bémol]. Le walkman volume maximum dans les oreilles, le sifflement des balles accentue les harmonies. Mon arme chante, suivant les intonations de la voix puissante de Roger Hodgson. Voila le solo de saxophone, je me déchaine et les corps tombent : je frissonne de joie. Mes pensées sont confuses :"1,2,3,...5 !!!" scande le groupe ; je plane. Le monde tourne mais je reste concentré : j'épaule, je vise, je tire. Mon corps vibre tout entier alors que Hodgson martèle frénétiquement sa basse. Le derniers accords de synthé tombent, je redescends.  

 

The Police sort Roxanne en 1978 et je tombe immédiatement amoureux. Alors que Sting interprète les première paroles de la chanson :"You don't have to put on the red light", les charleys lancinant éveillent mes sens. Le souffle cuisant du vent libanais échauffe mes poumons et sèche mes lèvres craquelant sous ma langue lorsque mes oreilles de sniper entendent des pas lourds sur le sable. Lorsque la guitare saturée de Henry Padovani martyrise les powerchords, je les vois à l'angle du bâtiment à ma droite : deux militants armés. Paradoxal pour une homme ayant violé des dizaines de femmes à Kfar Rayat d'écouter une chanson les défendant. Soufflant au rythme de la grosse caisse, je tire.  

 

Stairway to Heaven, tube mondial de Lez Zeppelin paru en 1971 est la dernière chanson que j'aimerais que vous jouiez à mes obsèques. Aberrant pour un monstre comme moi de vouloir monter au paradis n'est-ce-pas ? C'est plutôt la descente aux enfers qui m'attend après avoir violé ma propre mère. Tandis que Jimmy Page joue gracieusement les premiers arpèges, vous devez vous dire que je suis inhumain après la lettre de Nawal, mais comprenez moi. Abandonné dès ma naissance par ma mère. Son viol n'était que justice. J'espère que je monterai au ciel en terminant mon existence sur cette chanson, car ma vie n'était qu'une farce, le nez de clown que me donna ma mère le prouve. Nawal chantait bien, mais sûrement pas autant que Robert Plant.

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