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Publié par Nina

 

Voici la lettre-confession que Jacques Collin dit Vautrin adressa au diable avant de mourir...

 

Dessin que j'ai réalisé de Jacques Collin

Dessin que j'ai réalisé de Jacques Collin

Mon Diable,

 

Si je me confesse aujourd'hui, c'est afin de vous partager mon histoire. Cette histoire serait, pour des croyants, remplie de péchés, mais pour moi, ces choses ne sont points des vices, Majesté. 

Toutes ces années passées à Paris n'ont été que mensonges et tromperies ! Quel bel acteur je suis, nul ne se serait douté qu'avant de vivre à la pension Vauquer, j'étais un forçat, dans le bagne de Toulon. Un prisonnier qui s'était échappé, afin d'accéder à la liberté, et au bonheur auquel j'aspirais. 

Ce bonheur, je l'ai trouvé. Oh, il a mis du temps à apparaître, mais il est venu. J'ai connu l'amour. Le vrai. Celui pour qui, on est prêt à tout donner, à tout offrir. L'objet de cet amour fut un jeune homme, ambitieux comme je les aime, et beau comme Apollon. Le jeune rêveur n’était pas comme "les autres", que j'ai pu rencontrer auparavant. Non, mon Roi ... En effet, Eugène de Rastignac, ce petit provincial, était prêt à tout pour gravir les échelons de la société parisienne. Mais j'ai toujours su que l'étudiant ne partagerait ni la chaleur de mon amour, ni ma couche. Mais qu'importe ! n'est-ce pas là l'amour ? Être prêt à tout sans rien attendre en retour ? J'étais prêt à tout pour lui, à me faire passer pour son père, à tuer à mains nues s'il le fallait, avec autant de force et d'honneur que ma passion portée à son son égard. Et ce, sans jamais rien attendre en retour. 

J'ai d'ailleurs fait tuer un homme pour lui : Frédéric de Taillefer. Une vraie ordure, cet homme là ! Et puis, à vrai dire, il ne servait pas à grand chose. (Du moins, pas que je sache). Sa seule fonction était sans le savoir, de barrer le chemin de mon jeune protégé, l'empêchant d'accéder facilement à la fortune. En effet, en mourant, Taillefer, le père, était obligé de céder son héritage à Victorine, sa fille reniée. La jeune enfant, déjà éprise du bel ambitieux aurait été tant heureuse de l'avoir comme mari ! En même temps, qui ne peut être heureux avec 2 millions d'héritage ? Alors, BOUM, deux pouces de fers dans le front par Franchessini et le tour fut joué.

Mais malheureusement, l'honnête Rastignac, déjà au courant de mon plan, était en désaccord avec cela. Il trouvait cet arrangement vicieux et toxique. (mais en réalité, c'était bien plus simple et rapide). S'il avait fait la cour à Victorine, il aurait réalisé son rêve avec aisance, mais voulant rester vertueux, il refusa. 

Qu'est-ce que l’honnêteté face à la triche ? Parfois le résultat est le même, et personne ne voit de différence...

A ce jour, je ne sais si Eugène est sous un pont ou dans un de ces palaces, voilà longtemps que je ne l'ai pas vu. Mais mon Seigneur, sachez que je ne regrette aucun de mes actes, et s'il le fallait, je recommencerais mille fois ces choses-là. 

Quel soulagement de pouvoir partager à quelqu'un mes fiertés, mon Diable. Un peu de votre être pur est en moi, mais comme Lucifer, je l'ai caché jusqu'aujourd'hui. Je vous rassure, à présent, j'assume pleinement de laisser ces cheveux flamboyants se mêler aux feux des enfers.

 

J'attends votre réponse avec impatience, 

Avec tout mon respect,

 

Trompe-La-Mort, Jacques Collin, Vautrin,

(le diablotin).

 

 

 

Dessin que j'ai réalisé de "Vautrin le diablotin" ou "Trompe-la-Mort"

Dessin que j'ai réalisé de "Vautrin le diablotin" ou "Trompe-la-Mort"

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