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Publié par Emma

Justice - Chronique judiciaire

Clash au monastère de Valladolid

 

Une dispute est organisée par le roi Charles Quint en ce moins d'août afin de débattre de l'autorisation ou non de la publication du livre de Ginés de Sepúlveda  : un chanoine de Cordoue et philosophe. Son livre est très controversé car dans cet ouvrage il argumente en faveur des guerres que nous, Européens, faisons aux Nouvelles Indes, il défend aussi les actions des colons.

Justice - Chronique judiciaire

En face de Sepúlveda se trouve le Père Bartolomé de Las Casas, c'est un évêque de 76 ans qui a vécu depuis ses 18 ans aux Nouvelles Indes, il dénonce depuis longtemps les actes commis sur les Indiens.

Justice - Chronique judiciaire

Nous entrons dans la salle capitulaire pour la dispute, il y a environ 40 hommes, qui sont presque tous des hommes d'église. L'homme envoyé par le pape pour régler cette controverse est le Cardinal Salvatore Roncieri.

Des adversaires différents en tout points

Durant cette première journée la parole est donnée à un Las Casas très animé et très ému. Il veut interdire le livre, il dit que c'est un livre menteur et dangereux pour les rapports humains. Ensuite, il insiste sur le mal fait aux Indiens, à cause des tortures, des massacres, de l'esclavage...

Le légat reprend Las Casas car il semble s'éloigner du sujet principal. Las Casas soutient que les Indiens sont des créatures de Dieu, ce qui voudrait dire qu'ils sont nos semblables.

Le deuxième jour, c'est à son adversaire de parler. Il est très organisé, rigoureux et habitué à parler en public. Selon lui, les Indiens sont des animaux, ils ne peuvent pas être des êtres humains s'ils ne sont pas des chrétiens. Pour lui, ces créatures ne sont pas reconnues par Dieu et tous les actes des colons ont été voulus et ordonnés par Dieu. Las Casas s'emporte et s'énerve, le légat est obligé de lui demander de se taire.

Le jour suivant, Sepúlveda affirme que la guerre aux Nouvelles Indes est juste et nécessaire. Il parle des sacrifices humains faits par les Indiens, et le fait qu'ils soient cannibales. Pour lui, les Indiens sont naïfs et ignorants, ce sont donc des esclaves par nature.

Toute la salle remarque que Sepúlveda est supérieur à Las Casas en argumentation théorique. Il a d'ailleurs fait expédier une idole qui est une divinité des Indiens. Toutes les personnes présentes dans la salle la trouve laide et monstrueuse. Ils ne comprennent pas comment on peut aduler une horreur comme celle-ci.

Le quatrième jour, nous découvrons que Sepúlveda a donné un chacun d'entre nous un dossier : Les douze objections, qui réfute tous les arguments de Las Casas, il est vraiment très préparé.

Des scènes inattendues pour un couvent

Surprise pour toute l'assistance et pour les deux protagonistes, le Cardinal annonce qu'il a fait venir des Indiens.

Ils entrent dans la salle, il y a deux hommes, une femme et son bébé. Il y avait une autre femme prévue mais elle est morte durant le voyage. Nous nous levons pour aller examiner les Indiens. Nous avons plein de points communs mais les hommes n'ont pas de barbe. Puis demande très étrange du légat, il demande une masse de fer, il envoie un moine.

Las Casa recommence à argumenter, mais c'est assez vague, assez flottant. Le légat et Sepúlveda ne manquent pas de lui faire la remarque. C'est comme si tous deux étaient contre Las Casas.

Sepúlveda prend un ton bienveillant et calme pour rappeler qu'ils s’éloignent encore du sujet. Il propose deux choix : soit les Indiens sont des créatures créées par Dieu et dans ce cas elles n'ont aucune raison de ne pas accepter la vérité chrétienne, soit les Indiens sont une autre espèce. Cette dernière proposition a un enjeu très important, car si les Indiens sont reconnus comme une autre espèce, dans ce cas nous pourrions les traiter comme des animaux.

Des moines rentrent dans la salle avec la masse de fer et frappent l'idole des Indiens pour voir leur réaction. Un des hommes fait un pas en avant mais il est retenu par sa femme.

Ensuite, Las Casas s'emporte encore une fois et accuse Sepúlveda d'appartenir au Diable.

Le cardinal veut refaire une expérience, il demande aux cavaliers présents dans l'assistance de saisir l'enfant Indien et de le menacer. Les Indiens sont affolés. C'est très confus dans la salle, il y a beaucoup de bruit, la mère crie et se débat, son mari essaie d'intervenir mais il est frappé. Il saigne. Le deuxième homme, un acrobate, cherche à fuir. Las Casas supplie le légat d'arrêter, il intervient pour aider les Indiens. Sepúlveda utilise la tentative de fuite de l'acrobate pour démontrer qu'il n'y a aucune fraternité ni solidarité entre eux. Le cardinal demande à l'acrobate de faire une démonstration. L'assistance admire son adresse. Puis le cardinal fait rentrer des bouffons afin de vérifier si les Indiens ont de l'humour. C'est un spectacle très grossier et vulgaire, qui fait tâche dans un couvent. L'assistance est partagée, certains rient mais d'autres sont gênés et choqués. Las Casas demande l'arrêt de ce spectacle pour « le respect des sacrements ». Sepúlveda souligne que les Indiens n'ont pas souri. Las Casas s'énerve. L'ambiance est de plus en plus tendue entre les deux. Sepúlveda interroge Las Casas sur sa foi. C'était la parole de trop car Las Casas se précipite vers lui, ils en viennent aux mains, les assistants des deux adversaires interviennent. C'est du jamais-vu dans un couvent. Le cardinal s'énerve à son tour pour les raisonner mais Las Casas continue à crier. Le cardinal descend de son estrade mais une marche cède et son pied reste coincé. Cette dispute est de pire en pire, mais cet incident fait s'arrêter la bagarre. Les Indiens rient.

 

Justice - Chronique judiciaire

Décision et rebondissements

Le cardinal annonce qu'il doit prendre la décision ce soir. Les deux protagonistes doivent résumer leurs arguments. Las Casas soutient que ce sont nos semblables, que nous sommes plus barbares qu'eux quand nous pillons, détruisons...Enfin il veut continuer la transmission de la religion par la paix car « c'est dans leur cœur que nous devons détruire les idoles. Dans leur cœur seulement. »

Sepúlveda lui, veut laisser les Indiens esclaves tant qu'ils ne se convertissent pas.

Un des cavaliers désire parler, il explique que changer de système, si les Indiens étaient reconnus comme semblables, coûterait énormément d'argent. Le cardinal annonce que sa décision sera donnée le lendemain matin.


 

Dernier jour de cette controverse, le légat reconnaît que les Indiens sont nos semblables. Victoire de Las Casas, rempli de joie. Mais le supérieur du couvent va parler à l'oreille du cardinal. Le cardinal annonce qu'il a trouvé une solution, et qu'il autorise l'esclavage des Africains. C'est très inattendu. Las Casas semble très inquiet, Sepúlveda également. Las Casas essaie d'empêcher cette décision mais cette dispute est terminée. Cette dispute se finit dans une atmosphère très tendue et étrange dans la salle, comme si tout le monde réfléchissait, et redoutait peut-être, les répercussions de cette décision.

Sources:

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