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Publié par Anna Catharina

Mythes - Victor, personnification du mythe du bon sauvage ?

          Le XVIIIème siècle était une période de découvertes et de changement dans la façon de penser de la société européenne, grâce à la Philosophie des Lumières. C’est aussi pendant ce siècle, que commence une nouvelle forme de relation avec les peuples jugée « sauvages », en raison du développement du « Mythe du Bon Sauvage » avec Rousseau, Montaigne, et Diderot.

 

            A la fin du XVe siècle, pendant les grandes découvertes, un explorateur appelé Pero Vaz de Caminha est arrivé en Amérique du Sud. Dans ses expéditions, il a connu les peuples « sauvages » qui habitent dans des terres inconnues de l’occident. Dans une lettre écrite le 1er mai 1500, il a décrit les indiens, donnant origine au mythe.           

 

          Au long de l’histoire, plusieurs des récits de voyage ont contribué au mythe, mais c’était avec Rousseau que l’idée du bon sauvage a finalement été consolidée. Dans ce livre  Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes, il a supposé l’existence d’un état naturel humain, d’avant la civilisation, où tous les hommes sont nées bons, purs et innocents, qui fut la période le plus heureuse et utopique de l’humanité. L’homme sauvage arrive à pourvoir à tous ses besoins, vu qu’ils sont peu nombreux.

 

Oeuvre de Rousseau donnant naissance au mythe du bon sauvage, 1755

Oeuvre de Rousseau donnant naissance au mythe du bon sauvage, 1755

  Selon Rousseau, le bonheur provenant de la vie naturelle a disparu quand les bons sauvages entrent en contact avec la société, qui recherche le luxe, le pouvoir et la richesse.  

            Jusqu’à nos jours, le Bon Sauvage est très connu et abordé dans la littérature et dans le cinéma, même de manière imperceptible. Les films Tarzan et Le livre de la jungle, de 2016, qui montrent la vie naturelle de l’homme isolé de la sociéte et que suivre les lois justes de la jungle, sont des exemples d’œuvres en relation avec le livre dont nous parlons. Un autre exemple très important d’oeuvre, provenant du XXIème siécle est de livre de T.C Boyle, L’enfant Sauvage.

             Ce livre raconte l’histoire de Victor, un garçon d'à peu près neuf ans, qui est aperçu et après capturé dans une forêt de Languedoc. Il était entièrement nu, indifférent au froid, marchait à quatre pattes, avait des gestes brusques et incontrôlés, son visage était dissimulé sous ses cheveux et il avait un regard dément et étrange. Il ne savait pas parler, il vivait par pure instinct, il était un bon sauvage.

« Se sentait-il seul ? Était-il effrayé ? Avait-il des superstitions ? Nul ne peut le dire. Et lui-même n’aurait pas su répondre, car il ne possédait ni langage, ni pensées, ni conscience d’être en vie, ni moyen de savoir où il était ni pourquoi. C’était un être sauvage, une créature de pur instinct, et sa vie n’était pas différent de celle des autres bêtes de la forêt. »

(P. 10 et 11)

          Dans un certain moment du roman, Victor entre en contact avec la sociéte et est envoyé dans une institution à Paris, destinée aux sourds-muets. Là-bas, le docteur Itard s’occupe de lui pendant plusieurs d’années et essaye de le libérer de sa condition « inférieure et primitive », de vie sauvage afin de devenir civilisé.

              L’enfant a été enlevé de son habitat naturel, de la forêt où il vivait au contact avec la nature (source de bonheur). C’est la civilisation, comme dans le mythe du bon Sauvage, que bouleverse la vie de Victor.

             Ce livre va au-delà de la seule représentation de la personnification du mythe du bon sauvage en Victor. Il nous invite à partager le regard de l’enfant sur la civilisation et provoque une inversion des rôles très intéressante, comme dans le passage suivant :

« On bâtit un feu au pied de l’arbre, et le garçon, retranché derrière l’abime de son regard, observa tout du long ces trois bipèdes, ces animaux débraillés, violents, criards et d’allure si étrange ».

(P.9)

            En outre, l‘œuvre s’appuie sur la question du bon sauvage pour provoquer un débat à propos de la forme d’éduquer une enfant, possibilité, du droit d’éduquer et civiliser un sauvage, de sa capacité d’apprentissage... Le livre est aussi une œuvre très intéressante pour l’étude du mythe du bon sauvage au vu de l’histoire, Victor est une personnification parfaite du sauvage idéalisé par Rousseau dans ses discours.

Premier texte de la littérature brésilienne : la lettre de Pêro Vaz de Caminha au roi portugais dom Manuel 1er, rédigée, jour par jour, du 22 avril au 1er mai 1500, chronique « du bonheur de la ‘‘découverte’’ ».

Premier texte de la littérature brésilienne : la lettre de Pêro Vaz de Caminha au roi portugais dom Manuel 1er, rédigée, jour par jour, du 22 avril au 1er mai 1500, chronique « du bonheur de la ‘‘découverte’’ ».

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Amandine Cise 13/10/2017 21:33

Très bonne documentation, j'apprécie grandement !

enora cou 13/10/2017 18:15

ton article est très intéressant, il est vraiment très bien mené