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Publié par Marianne

Page du journal intime de Louise Labé

rédigée le jour de l'écriture de son sonnet 2

Louise Labé - 20 février 1555

Samedi 20 Février.

 

Il est actuellement 3h52 et je n'arrive point à dormir. Je ne songe qu'à mon cher et tendre adoré, je ne peux oublier cet amour ardent qui malheureusement me bouleverse. Quand je le vois, je ne peux m'empêcher de nous imaginer ensemble, tous les deux assis côte à côte sur banc, à penser à nos années folles, à regarder les passants. Je ne peux m'empêcher de me dire que je lui rendrai bien mieux son amour que cette fille soupçonnée. Je ne peux me convaincre de la possibilité qu'il voie une autre femme.

 

Pourquoi me prédire un amour destiné, si c'est pour m'envoyer sur le chemin de la déception et du désarroi. Pourquoi me faites-vous ceci ? M'en voulez-vous pour quelque chose? Dites le moi. Si vous vous ne m'aidez pas, comment m'en sortirai-je ? Je l'aime plus que tout, je ne peux m'imaginer avec quelqu'un d'autre après avoir vécu tout cela. Je veux que le beau temps revienne et que la tempête disparaisse à jamais. Mon amour pour lui nourrit ma poésie, il était pour ainsi dire ma muse. Tant d'incompréhension que je me perds, tant de questions que je m'y noie, tant de confusion que je sombre dans le chaos. Vénus, entends-moi, donne moi raison. Je t'implore pour que notre amour ne meure. Car, oui j'ose, j'ose déclarer mon amour, je me risque à penser qu'il me caresse, qu'il me baise. Zeus, cesse l'orage et souffle sur mes voiles pour m'éviter naufrage.

 

10h39. Je n'ai point dormi. Au lieu de ceci je me suis rendue au salon de thé et j'ai commencé une esquisse d'un sonnet racontant mon aventure sentimentale et ses épreuves. Je suis fière de mon talent pour les rimes embrassées, celles-ci me plaisent amplement:

"Puis le voyant aimer fatalement,

Pitié je pris de sa triste aventure,

Et tellement je forçais ma nature,

Qu'autant que lui aimai ardentement."

Je me suis inspirée du même style de rimes que dans mon sonnet XVIII, qui lui aussi fait référence à mon amour acharné.

Je ne le souhaite aucunement mais peut être que mon prochain sonnet parlera de notre rupture qui semblerait destiné comme notre rencontre.

 

Le sonnet 20 de Louise Labé (édition Jean de Tournes 1555)

Le sonnet 20 de Louise Labé (édition Jean de Tournes 1555)

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