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Publié par Louana

Lettre de Lorenzo à sa mère

Bonjour à tous ! 

Il fallait absolument que je vous fasse part de quelque chose qui vient de se passer, quelque chose qui vient de m'arriver et qui est juste incroyable ! Aujourd'hui, nous sommes le 23 mars 2017, cela fait quelque jours que je suis partie de ma petite Bretagne pour aller découvrir l'Italie. Il fait beau, le paysage est magnifique. Ce matin, j'ai décidé d'aller à Florence, j'ai donc amené ma chienne, Cameron, qui adore s'amuser. Nous sommes donc allés dans le parc Giardino Bardini. Ce fut une bonne après midi jusqu'à ce que celle ci commence à creuser dans le jardin, quand je me suis approchée de son trou, j'ai remarqué un petit bout métallique qui brillait, je m'en suis donc approchée et en dépoussiérant un peu, j'ai vu une petite boite, intriguée je l’ai ouverte et dedans, il y avait une lettre :

Lettre de Lorenzo à sa mère

Mère, je vous écris aujourd’hui, car je n’ai pas le courage de vous parler en face.

Aujourd’hui ma tête est mise a prix, on veut me tuer. 

Je voulais vous dire que vous avez été une incroyable mère, vous m’avez apporté tout le bonheur du monde et tous les soins dont j’avais besoin. Vous êtes d’un courage hors norme de m’avoir élevé seule sans un homme. Je sais que vous vous imaginiez un autre destin pour moi, que vous êtes attristée par la vie que je mène et que vous en soufrez, mais votre petit garçon a changé, mais n’est pas totalement parti. 

Je ne suis plus comme vous m’avez perçu dans votre rêve et j‘en suis désolé. Je sais que je vous déçois, mon double jeu et mes deux facettes dont une que vous n’aimez pas ne vous plaisent pas et j‘en suis conscient. Le Lorenzino, celui que vous avez tellement aimé, celui qui a des valeurs, l’étudiant brillant, qui lisait les Brutus en cherchant des exemples de grands hommes à suivre n’est qu’une partie de moi-même, car malgré moi, j’ai un coté pervers et je possède énormément de vices et c’est donc pour cela que l’on m’appelle aussi Lorenzaccio. 

Je ne peux pas plaire a tout le monde, vous savez et ces deux facettes, m'ont aidé à acquérir un but : tuer ce duc, mon cousin, Alexandre De Médicis. Il avait une façon de régner, de gouverner sur Florence que je n’ai jamais acceptée, je le détestais, mais je vous en supplie ne m‘en voulez pas. Je me suis d'abord approché de lui, pour cela, je l'ai accompagné avant d'aller au bal masqué chez Nasi pour aller prendre sa fille. Un jour, il a même pris ma défense quand j'ai été coupable d'avoir décapité les statues de l'arc de Constantin, il croyait vraiment en moi, c'était inimaginable. 

Lorsque j'étais avec vous et tante et que vous me racontiez votre nuit et que les républicains sont apparus et qu'ils m’ont demandé mon camp, vous vous souvenez, je leur ai assuré ma loyauté et quand ils sont partis, c’est le duc qui est arrivé, il s’est alors vanté auprès de moi en me disant qu’il avait réussi à séduire la marquise, mais qu'elle l'ennuyait, il m'a alors annoncé que sa prochaine conquête serait ma tante, il m'a carrément demandé de faire les entremetteurs, vous comprenez pourquoi j‘étais énervé. 

Mais moi, malin comme je suis, j'ai tout de suite pensé à un plan. Je vais vous expliquer en détail ce qui s’est passé. Tout a commencé quand je lui ai dit que j'avais un peintre à lui présenter, Tebaldeo Freccia, pour qu'il fasse son portrait. Lorsqu'il était en train de poser à moitié nu dans son palais, je me suis emparé de sa cote de maille et moi, rusé, pour ne pas éveiller les soupçons, j'ai dit que j'allais chercher ma guitare pour pouvoir sortir et la mettre dans le puits. 

À partir de là, je me suis entraîné avec Scoroncolo au maniement des armes pour être prêt le jour j. Je poussais même des cris pour que les voisins s'habituent pour que le jour où j'allais le tuer personne ne me soupçonne. Tout était planifié, il devait mourir et je m'en donnais tous les moyens pour y arriver. Quand les soldats ont arrêté Thomas et Pierre, je me suis retrouvé avec Philippe, je me suis alors confessé à cet homme que je considère comme mon père, je lui ai dit ce que j'avais sur le cœur, ma vraie personnalité, comme aujourd'hui d'ailleurs. 

Quand Catherine m’a dit qu’elle avait reçu une déclaration d'amour de la part du duc et qu'elle savait que je jouais l'entremetteur, elle m'a annoncé que cette situation vous rendait mal, cela m'a touché, je reste un homme après tout. 

Vous devez vous demander comment j’ai tendu mon piège maintenant ? Et bien, c’est très simple, après mettre assuré que la cote de maille était toujours dans le puits, je lui ai donné rendez-vous dans ma chambre, le soir, avec Catherine, mais à la place de tante, c’était moi. Mais avant ça, j’ai demandé à Scoroncolo de me rejoindre dans les alentours de minuit pour mettre les choses au point et pendant un moment, j’ai eu peur que mon plan ne fonctionne pas, j‘ai commencé à douter, je pensais à cette fatalité intérieure qui me pousser vers un acte insensé. J'étais en train de préparer la chambre pour enfin en finir, mais Catherine est venue me voir pour me dire que vous vous sentiez malade depuis le billet du duc qu'elle avait reçu, je me suis alors énervé sur elle, mais j'ai vite repris mes esprits, ne vous en faites pas. 

Vous savez, quand j’ai dévoilé mon projet sur la mort d'Alexandre aucun républicain ne m’a cru, on ne m‘a pas pris au sérieux, j‘ai eu l‘impression qu’on me prenait pour un incapable alors ça m'a encore plus poussé à le faire. Pendant la nuit, quand l'heure approchait, je me suis remémoré ma jeunesse, les choses qui ont marqué ma vie, j‘étais comme nostalgique. J’ai su seulement après que les cardinaux avaient informé Alexandre de mon complot, mais lui qui avait tellement confiance en moi m'a suivi lorsque je suis venu le chercher après son souper : quel idiot ! Quand il est arrivé dans la chambre, il était persuadé de voir tante et à aucun moment, il n'a cru que c’était moi qu’il allait voir, mon projet de meurtre a donc fonctionné, j’ai réussi à le tuer, je l'ai frappé. 

Vous connaissez la suite, sa disparition inquiétait le peuple et ils l’ont retrouvé dans ma chambre. Vu qu'il n'y avait plus personne au pouvoir, les Huit ont nommé Côme de Médicis et après ma réussite, je suis parti rejoindre Philippe Strozzi pour lui annoncer la nouvelle, il n’en revenait pas, il m’a dit même dit « Vraiment ! Vraiment ! Cela est incroyable. »

Mais maintenant, je vais mourir. Un domestique m’a apporté la proclamation lorsque j'étais avec Philippe : j’ai assassiné mon maître, je suis un traître à la patrie selon eux. 

Je voulais juste vous adresser ces mots pour vous expliquer ce qui s’est passé ainsi que ce qui m'a poussé à le faire. Je vous demande pardon pour tout le mal que j'ai dû vous faire.

Je vous embrasse tendrement.

Lorenzo votre fils. 

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