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Publié par Nine

Journal intime - Marie Soderini

Heureusement que je te retrouve cher journal, j'ai besoin de toi, besoin de m'exprimer, à travers mes mots, à travers ton silence...

 

Aujourd'hui, comme très souvent, avec Catherine, nous sommes allées sur les bords de l'Arno. J'adore venir ici, que ce soit avec elle pour discuter ou seule pour me recueillir. Je ne me lasserai point de cet havre de paix, traversant l'intégralité de la Toscane et l'immensité de mes songes... Toutes les deux avons marché, passant de Florence ; bruyante et dansante, à la tranquillité et la beauté de ses alentours.

 

Le soleil disparaissait, lentement, laissant place à un ciel bientôt illuminé d'étoile. Nous avons décidé de faire halte sous les feuillages d'un immense acacia, bercé par le chant d'une délicieuse grenouille. Malgré mon exaltation devant cette nature qui me fascine tant, ma belle-sœur a remarqué mes tourments. C'est pourquoi je me confesse à toi ce soir, au mépris de mes yeux plongés dans le noir. Je n'arriverai guère à dormir tant que mes pensées seront prisonnières de mon esprit... 

 

À vrai dire, depuis peu, j'entends des rumeurs à propos de mon fils, mon Renzo, et je ne cesse de m'inquiéter pour lui. Sais-tu donc, qu'on raconte partout en ville, qu'il a pris peur lors d'un combat. Il est allé jusqu'au malaise et tout cela devant le Duc, qui soit disant passant et son ami. Je ne sais quoi faire pour l'éloigner de ce malfaisant qui l'ensevelit de vices. 

 

Je ne sais plus qui il est depuis qu'il fréquente les cours de Florence, je me demande même, si lui, c'est encore qui il est et surtout, d'où il vient. A force de jouer le Médicis et le Républicain, il ne sait plus où donner de la tête, il perd pied, j'en suis sûre. Mais qu'ai-je fait pour mériter cela ? Lui, qui était promu à de belles et longues études, lui étant passionné tant pour la littérature tant pour les sciences. Il était un homme sain, bon et brillant. Maintenant, s'il passe devant un miroir, il contemplerait sa beauté. Au lieu d'identifier les failles de sa figure méprisante. 

 


Et pourtant... Je suis condamnée à aimer ce fils, car jamais ses défauts ne feront barrières à mon amour. Est-cela, le rôle d'une mère ? Est-ce l'absence de son père, l'absence de repères qui le perd dans ce terrifiant enfer ? Je n'ai à cela point de réponses. Catherine non plus d'ailleurs, mais ces mots m'ont apaisée, tout comme sa présence, mais une fois que la solitude s'empare de moi, j'en oublie le sens. Ou alors est-ce cela, qui ronge mon Renzo, la solitude... La solitude de son âme qui s'étouffe dans la cruauté de ses pensées malsaines ?



J'ai peur, et je continuerai d'avoir peur pour mon fils jusqu'au jour où on m'annoncera sa mort. Oui, j'en suis sûre cher journal, son heure sonnera avant la mienne et qu'aurais-je fait pour éviter cela ? 

 

C'est sur interrogation que je te laisse, à demain et je l'espère, plein de belles promesses...

 

 

 

 

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