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Publié par Garlonn

Page du journal intime de Louise Labé

rédigée le jour de l'écriture de son sonnet 19

Journal de Louise Labé - 19 février 1555

6h02 :

Quel doux sentiment que de se lever lorsque la nuit commence à s'endormir ! J'aime tant voir le soleil se lever et ses rayons rafraîchir mon visage. De toute manière, ce matin je ne pouvais pas rester couchée une éternité. En effet j'avais comme projet de me rendre en forêt afin de méditer.

Ma source d'inspiration étant mon quotidien, je m'applique à ce que celui-ci ne soit pas routinier. Bien sûr je m'y suis déjà rendue au début du mois pour écrire le sonnet II, mais Saint-Cyr-au-Mont-d'Or est une véritable source de poésie.

 

9h12 :

Tu sais, je pense encore à lui. Le chant des oiseaux me rappelle sa douce voix et le vent caresse mes cheveux.

Je marche entre les grands arbres pour rejoindre un ruisseau à côté duquel j'aime m'asseoir.

 

9h39 :

Je n'ai pas envie d'écrire. Il arrive parfois, cher journal, que ma main refuse de m'écouter et que mon esprit, quant à lui préfère divaguer. Je ne voudrais pas les obliger, il n'y rien de plus abject qu'un sonnet forcé.

Je m'abandonne à la forêt, à toi et à vos sons. J'aime tant observer ce bois aux nombreuses Nymphes et Divinités. Peut-être me prendras-tu pour une folle mais chacun de nous à en lui cette part de rêverie, du moins je l'espère. Il nous faut nous laisser emporter par la nature et les pensées virevolter.

Ma main écrit seule.

 

 

10h48 :

Tu vois, il suffit de ne pas y réfléchir. Naturellement, je me dois de corriger certains passages pour que ceux-ci soient dignes d'un sonnet de Pétrarque.

Il y a, dans tous mes écrits, un tercet ou un quatrain que je préfère. Aujourd'hui pour mon dix-neuvième sonnet, c'est le dernier tercet que j'affectionne tout particulièrement.

        " Et lui jetai en vain toutes mes flèches

        Et l'arc après ; mais lui, les ramassant

        Et les tirant, me fit cent et cent brèches."

Tu te doutes aisément de qui il s'agit, c'est pourquoi je ne prononcerai pas son nom encore une fois. Je m'étais promis de ne plus y penser mais même à travers ces bois je le ressens lui et ses maudites flèches.

 

14h02 :

J'ai relu maintes et maintes fois ce nouveau sonnet. La forêt et ses mythes a eu une très grande influence sur mon écriture ce qui m'a rappelé un tableau. Je vois encore Diane vêtue de sa robe blanche, son arc à la main et Pierro Della Francesca.

 

 

Le sonnet 19 de Louise Labé (édition Jean de Tournes 1555)

Le sonnet 19 de Louise Labé (édition Jean de Tournes 1555)

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