Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Publié par Margaux

Décor - Espaece

  Le mardi 18 octobre 2016, nous avons assisté à la représentation théâtrale de la pièce Espaece mise en scène par Aurélien Bory. Elle est inspirée du livre de Georges Perec Espèces d'espaces, qui décrit le journal d'un usager de l'espace. Aurélien Bory déploie dans Espaece quatre axes issus de procédés littéraires de G.Perec : la littéralité (la machine théâtrale telle qu'elle est), la disparition (la présence puis absence de l'acteur), le trompe l'œil (le décor comme instrument d'illusion), la trace (au sens propre et figuré).

  "Vivre c'est passer d'un espace à un autre, en essayant le plus possible de ne pas se cogner." C'est une citation de G.Perec qui donne l'indice d'une vie hantée par le vide et l'absence, heurtée par la disparition. Notamment par la mort de son père au front et de sa mère à Auschwitz lors de la seconde guerre mondiale. Le metteur en scène applique cette phrase ici, en partant du vide de la scène comme d'un page blanche. Animé ensuite par un mur sombre, très grand, et mobile. Formant une sorte de puzzle en mouvement perpétuel.

 

Décor - EspaeceDécor - Espaece
Décor - EspaeceDécor - Espaece

   Ce mur est très certainement l'élément principal de cette pièce. L'acteur se situe dans cet espace : le théâtre, comme l'espèce ou l'homme au cœur de l'espace : du monde. Il est premièrement le support d'écriture des acteurs, qui forme une trace d'histoire et de mémoire. Il est ensuite mis en mouvement de différentes manières ce qui peut représenter la vie, et le changement d'espaces. Comme lorsqu'il change de forme plusieurs fois et permet aux acteurs de passer d'un espace à un autre. Et lorsqu'il avance rapidement vers les acteurs et les engloutit, c'est un trompe l'œil. Ou encore lorsque la jeune femme qui chantait se retrouve comme étouffée, écrasée entre les murs, tout comme l'homme qui sort de cet emprisonnement à la seule force de ses membres, cela joue sur la disparition. C'est comme si l'espace ou la société effaçaient l'espèce, selon les différences de chacun, l'isolement... Ce qui fait certainement allusion à Georges Perec et à son histoire personnelle.

  De par sa mise en scène, Aurélien Bory veut peut être nous montrer l'instinct premier de l'homme dans la société (de l'espèce dans l'espace). Les acteurs sont tout d'abord plutôt solitaires, chacun essaie de "survivre" autour du mur et de ses mouvements, mais c'est seulement lorsqu'ils le font ensembles que cela fonctionne. Cet élément principal représente peut être donc la complexité de la société, l'espace habité par l'espèce. Et les nombreux passages qui illustrent une vie à travers le jeu des acteurs, les portes du mur, la mobilité du mur, le sentiment d'obstacle, etc...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article