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Publié par i-voix

i-voix aux mains d'argent - Florilège 1 2014-2015

Effraction, immersion, contraction, dilatation, substitution : tout au long de l'année, les lycéens d'i-voix ont aimé couper-coller-insérer-remplacer... dans des oeuvres variées.

 

A la manière des cut-up de William Burroughs, des cadavres exquis surréalistes, des centons oulipiens, des MashUp vidéos, ils explorent ainsi, à l'ère du numérique, une façon originale de s'approprier des textes littéraires et d'en créer de nouveaux. Cette activité, ludique et pédagogique, permet de comprendre de l'intérieur l'univers d'un auteur, de faire résonner en soi ses mots, de partager les sensibilités et les imaginaires, de travailler la langue, de faire jaillir de soi des éclats de poésie. Alors peut-être la littérature retrouve son pouvoir de vibration et de façonnement.

 

Saurez-vous reconnaître les oeuvres qu'ils ont ainsi goulûment dépecées, chirurgicalement charcutées, poétiquement électrocutées ?

i-voix aux mains d'argent - Florilège 1 2014-2015

Tim Burton - Edward aux mains d'argent

Image originelle : Tim Burton - Edward aux mains d'argent

 

 

  1. apprendre les mots quand nécessaire

  2. n'effacer que pour retranscrire le silence

  3. encombrer les mots pour faire place nette

  4. ne saboter que de l’intérieur (forme et manière suivront)

  5. non pas accéder à l’innommé : à petites touches répétées faire qu’il s'efface

  6. s’obstiner jusqu’au lambeaux (conviendrait aussi le chaos)

  7. crocheter les portes une à une (et demeurer debout le long du couloir)

 

(Doriane)

 

 

 

 

l'empreinte 

de silence

que survole

la cendre mêlée

à l'impasse des rêves

creuse déjà

l'hivernage désert

rauque presque d'être

 

(Myriam)

 

Elle dans sa forme anodine

il ne reste plus que le jeu des mouches

presque racine

les lampes éteintes

la venue du matin, mes mots sur tes pointes

sur mon ouvrage de miettes

 

ce territoire où nous travaillons

détonne

avec une application d'acier

à quoi sans jamais rien céder

 

elle savonne sa bouche

je dépose ma dernière encre

 

(Doriane)

 

Requête embrumée

 

urgence sourde
alerte sans mots
grand souffle de silence
me voilà contrainte
d'étreindre le vide
d'éteindre le vertige
mais le gouffre sous mes pieds

 

(Morgane)

 

 

- penser à prendre du recul, tu t'assiéras un autre jour

- penser à toi, mais ça n'a rien à voir

- penser à prendre un instant pour réflechir

- penser, ne plus penser qu'à toi, comment te joindre

 

(Marina)

 

dans la nuit bleue

de cendres de rêve

la voix croisée

avec le ciel

ouvre les ponts

sèche l ' eau des rivières

sans limite de couleur

 

noche noche noche noche noche noche noche noche noche noche siempre

le murmure

le soupire du chant sur mes cheveux

 

noche noche noche noche noche noche noche noche noche noche siempre

baiser blesse peau voix veines sang

le chant sur son corps

noche noche noche noche noche noche noche noche noche noche siempre

 

(Ysoline)

i-voix aux mains d'argent - Florilège 1 2014-2015

 

J'avais souvenir

d'un monument étrange.

 

J'avais souvenir

de votre sourire,

douceur

avenante.

 

Religion 

était relation

de contradiction

entre nous.

 

Nous avons jadis

pris pur plaisir

aux effleurements

de souffles,

aux délicates

conversations

de presbytère.

 

Oh William !

J'avais souvenir.

 

(Marion)

 

Nouvelle aguicheuse au coin du monticule

 

Par une nuit d'hiver

herbes folles

d'un vol plus imprévisible

je raclais la terre

 

Par une pluie d'été

des branches

de son cœur archipelagé

je laisse le sang

 

Je te vois dans les airs

vêtu des mes paroles

 

Je pars pour un voyage qu'on ne fera pas

 

(Logan)

 

i-voix aux mains d'argent - Florilège 1 2014-2015

 

Intacte de cruauté, la vague s'étire, rien pour me retenir, jazz fou brûle ton sourire photographié des pages à aligner.

 

(Morgane)

 

 

Il faut perdre la mémoire

il faut oublier

les noms

j'ai trop levé

les yeux vers le ciel

le poème est ma soif

le poème se déplace chez moi comme un cavalier

dans la grange encrière

de chaque mot

je fais une oreille

à l'écoute du monde

je marche dans le vent de l'histoire

et je me tais je me tais.

 

(Thomas)

 

Naufragés d'eux-mêmes

et la flamme offerte,

tu cherches la sortie

et je roule sur un tapis de bulle

 

du noir sans noir

pas de seuil pas de porte

sans mains et sans filets

clochard sans vin

est parti

de la lumière et de la liberté

 

l'adresse de l'inconnu sans chemise

pris au piège du clair-obscur

ne cherche pas le fil

pleure ses ailes d'or

et les mots sont restés collés pour toujours

 

(Logan)

 

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