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Publié par i-voix

i-voix aux mains d'argent - Florilège 4 2015-2016

Effraction, immersion, contraction, dilatation, substitution : tout au long de l'année, les lycéens d'i-voix ont aimé couper-coller-insérer-remplacer... dans des oeuvres variées.

 

A la manière des cut-up de William Burroughs, des cadavres exquis surréalistes, des centons oulipiens, des MashUp vidéos, ils explorent ainsi, à l'ère du numérique, une façon originale de s'approprier des textes littéraires et d'en créer de nouveaux. Cette activité, ludique et pédagogique, permet de comprendre de l'intérieur l'univers d'un auteur, de faire résonner en soi ses mots, de partager les sensibilités et les imaginaires, de travailler la langue, de faire jaillir de soi des éclats de poésie. Alors peut-être la littérature retrouve son pouvoir de vibration et de façonnement.

 

Saurez-vous reconnaître les oeuvres qu'ils ont ainsi goulûment dépecées, chirurgicalement charcutées, poétiquement électrocutées ?...

i-voix aux mains d'argent - Florilège 4 2015-2016
Photomontage d'Hermine à partir d'un recueil de Jean-Louis Giovannoni

Photomontage d'Hermine à partir d'un recueil de Jean-Louis Giovannoni

 

Il est difficile de trouver les mots, de savoir ce qui est brisé, ce qui se brise. Un cri s'enlise les nœuds se resserrent. Elle brûle ce qu'elle taît.

 

(Dilatation d'Hermine)

 

 

tristes flammes & vers en image
brûlent les pages & soufflent leur âge

 

Sur le fil

entre nous la nuit s'est glissée

On dirait aussi un bref sursaut

comme un silence sous la voix

très vite entre les mots, les syllabes

les mots s'étranglent

l'amour qui nous traverse est une eau courante

la fontaine des formes

 

(Centon d'Iris)

 

On ne sait rien dire des ombres qu'on serre dans ses bras. On laisse la vie des êtres aimés si la nuit est tendre avec leur sommeil. On s'éloigne du dénouement comme on n'a jamais osé.

 

(Contraction de Guillaume)

 

 

La pose fut prise, beaucoup en manque, mais libre de marcher tu entendis les racines. Toute la montagne en mouvement se tenant entièrement, entre pierres et air, changea de corps. Comme nuages, comme ton sang attiré par le fleuve. Où se greffer ? 

 

(Contraction de Garance)

 

Le Penseur de Rodin

Le Penseur de Rodin

" J'écris pour comprendre le monde

 

  Sans réfléchir "

 

(Centon de Lomé)

 

 

Le trajet des mots qui s'étend quand ils touchent. Ta volonté de dire toujours. Des coquilles vides au creux de mon coeur.

 

(Substitution d'Aurianne)

 

Aucun de ces baisers ne peut me contenter

Dans la nuit fraîche et noire qui semble m'emporter

Plus loin en terre de Tendre et des pays rêvés

Là où blessure que j'ai s'est un peu dissipée.

 

(Transformation en quatrain par Solen)

Photomontage d'Emilie à partir d'un recueil de Jean-Louis Giovannoni

Photomontage d'Emilie à partir d'un recueil de Jean-Louis Giovannoni

 

A un moment précis, j'ai gardé le bâton bleu de nos paroles. Nous avons dessiné dans la poussière, nous avons vu le vertige et les heures. Nous cherchons le son exact et changeant de nos nuits douces et franches, dans la lumière qui murmure à l'oreille.

 

(Contraction d'Emma)

 

 

À un moment précis

éventuellement

on arrête de penser

encore

penser

nos mots

les autres mots.

 

(Substitution de Mathilde)

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Jean-Louis Giovannoni 28/06/2016 08:29

Encore mille bravos pour tout ce qui a été produit par les élèves de « i-voix » !
J'ai guetté, tous les jours, les apparitions poétiques de ce groupe - quelle invention ! J’ai lu aussi le travail fait sur les textes de mes collègues (qui doivent être, eux aussi, satisfaits de toutes ces créations nées à partir de leurs textes).
En vous lisant, cher(e)s i-voix, je me suis dit que la poésie, même la plus difficile d’accès, lorsqu’on l’approche avec générosité, peut générer chez ses lecteur(e)s une contagion de mots, d’images, de compositions, de jeux ludiques et savants... qui démontrent alors que la poésie peut devenir l’affaire de chacun si, au départ, une personne vous aide à la découvrir et l’aimer.
Merci à ceux et celles qui ont contribués à ces moments de bonheur.
Surtout continuez à lire de la poésie et à en écrire.
Avec toute mon amitié.
Jean-Louis Giovannoni