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Publié par Nora

Lettre - Magnus

Cher père,

que dis-je, tu n’es même pas mon père, alors reprenons. Cher Clemens Dunkeltal ou Otto Keller. C’est Magnus qui te parle, et pas Franz-Georg , Franz, ou encore Adam. Tu étais un grand médecin non, plutôt un grand assassin. Heureusement que mon innocence d’enfant n’a pas compris ce que tu faisais réellement. Moi qui étais admiratif de ta profession à aider les gens et qui pensais que leurs maladies étaient contagieuses car il n’avait pas le droit de sortir. Tu les guidais juste vers une mort douloureuse dans ces camps de concentrations en leur administrant une piqure de phénol dans le cœur.

Tu étais condamné à la prison à vie c’est donc pour cela que tu t’es enfui comme un lâche au Mexique sous le nom de Felipe Gomez Herrera en te faisant passer pour mort après trois ans de cavale. Tu m’as laissé, moi et ma « mère », Thea Dunkeltal ou Augusta Keller, seule dans notre misère dans cette ville de ruine nommée Friedrichshafen. Tu as laissé ta femme compter les jours la laissant dans l’attente d’un jour meilleur qui n’arriva jamais. Tu l’as laissé dépérir seule. Et moi à sa mort t’es-tu une seule fois soucié de ou j’étais, de ou j’allais ? Non je ne crois pas. Alors j’en profite pour t’en dire un peu plus sur moi.

Peu avant sa mort je suis parti en Angleterre, à Londres chez son frère aîné Lothar qui m’a accueilli lui, sa femme Hannelore et leurs deux filles Else et Erika. Lothar doit en effet te dire quelque chose, il est tout l’inverse de toi, il ne pense pas comme toi et n’agit pas comme toi c’est pour cette raison que vous vous êtes peu vu. A Londres j’avais le nom d’Adam. J’étudiais beaucoup et j’avais une grande facilité à retenir les langues, j’ai donc opté pour des études de linguistique romane, ne t’avais-je pas dit que j’étudiais l’espagnol ? Car en effet je voulais aller dans ce pays ou tu as soi-disant péri. Alors je suis allé au Mexique pour cinq semaines, plus précisément à Mexico, puis à Veracruz ou j’ai eu le plaisir de rencontrer Mary Gleanerstones, une américaine de San Francisco. Elle fut ma compagne puis décéda d’une maladie. Ce fut le premier être que j’aimais qui partit bien trop tôt.

Durant cette période, un jour quand j’étais au Mexique, je marchais sous un soleil aride quand je m’évanouis, et c’est à cet instant que des souvenirs de mon passé caché firent surface, et c’est à ce moment là que je compris que toute mon enfance n’avait était que pur mensonge. Tu n’es pas mon vrai père tu ne voulais même pas avoir un enfant qui ne soit pas le tiens. Thea n’était pas ma vrai mère, Lothar n’était pas mon oncle. Toutefois Lothar resta pour moi un ami, un père jusqu’à ce qu’il soit emporté d’une grave maladie lui aussi. Après mon voyage au Mexique je retournai à Londres ou je retrouvai Peggy Bell, un amour d’enfance, qui fut ma compagne. Nous avons déménagé ensemble à Vienne puis après sept ans passé là bas nous avons déménagé à Rome.

Un soir je l’ai demandée en fiançailles et nous sommes allés dans un restaurant, ou je t’ai reconnu, un vieil homme de près de 80 ans qu’on appelait Walter Dohrlich, à qui j’ai fait faire chanter à ma fiancée un lied de Schubert qui se nomme Geist der Liebe, je n’avais presque plus aucun doute sur ta vraie identité. J’ai donc écrit un mot anonyme ou je te faisais part de ma connaissance face à l’assassin en cavale que tu étais. C’est à ce moment là que je n’ai plus eu aucun doute sur toi. Clemens Dunkeltal était bien là, et bien vivant. C’est aussi ce soir là que tu as foncé sur Peggy et moi avec la voiture que ton fils, Klaus conduisait, il s’est tué et a tué ma fiancée. Et moi tu m’as laissé infirme.

L’affaire était classée comme accident et non comme un assassinat ce qui pourtant était le cas. Tu as eu peur de la vérité que tu n’as pas voulu assumer. Je t’ai encore plus détesté d’avoir mit fin aux jours de celle que j’aimais avec qui j’aurais pu avoir un futur bien meilleur que le passé construit sur des mensonges que j’avais vécu. Ma seule satisfaction est le fait que tu sois enfin mort, tu es à ta place en enfer.

Non. Il me reste encore beaucoup à vivre et je ne veux pas vivre mes derniers jours avec une haine qui me consume car ce soir la je n'étais plus que le témoin de mon propre méfait. Ma haine, ma colère et ma rancoeur envers toi m'ont fait perdre le contrôle et Peggy. Au fond je n'avais qu'une envie, me lever et dire tout haut ce que je pensais tout bas durant toutes ces années. Maintenant je suis seul et je ne peux que m'en vouloir,  après m'être improvisé détective et vengeur. J'assume mes erreurs et repars de zéro brûlé de remords et d'impuissance.

C'est sur ces derniers mots que l'inconnu à l'esprit poussiereux que je suis devenu te fait ses adieux.

 

L

 

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Commenter cet article

Valentine 25/05/2016 23:18

Whow quelle lettre ! La fin m'en donne des frissons !

constance. 22/05/2016 00:28

C'est très bien écrit!

Mathilde 21/05/2016 15:59

C'est très beau Nora bravo !