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Publié par Lalou

Je voulais depuis longtemps parler d'un film de Tim Burton, sans pourtant vraiment savoir lequel. Et j'ai fini par choisir Frankenweenie, que je considère comme étant l'un des plus représentatif de l'univers de ce brillant réalisateur.

Cet univers, je l'apprécie tout particulièrement à la fois sombre extravagant, mais, comme c'est souvent le cas avec les réalisateurs possédant leur propre style, certains y accrochent et d'autres pas du tout.

 

Frankenweenie est un long-métrage d'animation Disney sorti en 2012 et, vous l'aurez compris, réalisé par Tim Burton.

Il raconte l'histoire de Victor Frankenstein, un jeune garçon, dont le chien, Sparky, son unique ami, meure à la suite d'un accident de voiture. Victor va donc essayer de ressusciter son animal.

L'affiche du film

L'affiche du film

Comme je l'ai dit, ce film est pour moi extrêmement démonstratif de l'univers de Tim Burton, il est tout d'abord en noir et blanc, pouvant donner un aspect gothique à ce film. Ce même gothique qui a bercé le réalisateur durant son enfance et qu'il renouvelle désormais dans ses propres films. Cet esthétique gothique peut se retrouver aussi dans les décors, notamment le cimetière, mais aussi par les nuits zébrées d'éclairs et surtout par les diverses créatures.

Ces créatures, justement, sont un aspect que j'ai apprécié, que ce soit par renouveau de grands classiques où par simples références à ces monstres qui font partie de l'imaginaire collectif autant que de celui de Tim Burton, enfant comme adulte. On peut y retrouver des momies, une sorte de Godzilla, Frankenstein bien évidemment, etc. Mais aussi des monstres totalement inventés.

 

Plus que le gothique et ses tombes, on retrouve aussi quelques gimmicks propres au réalisateur, comme les fidèles rayures noires et blanches et bien évidemment le look des personnages, dans ce style de dessin propre à l'auteur, avec leurs grands yeux vides, leurs silhouettes souvent très maigres, disproportionnées, angulaires. Des personnages à la fois simples et délirants. Ou encore le personnage principal, reclus, à l'écart des autres ou totalement atypique ce qui se retrouve dans ses films par exemple dans Edward aux mains d'argent ou Batman.

Les figurines utilisées pour l'animation en stop-motion

Les figurines utilisées pour l'animation en stop-motion

Un aspect également original est la technique d'animation utilisée : le stop-motion, une animation image par image, une succession de multiples photos de figurines dans un décor. C'est donc ici bien de l'animation, des poupées prenant vie telles des golems et non pas un dessin animé.

C'est une technique familière à Tim Burton puisqu'il l'a utilisée à plusieurs reprises : dans son court-métrage Vincent, avant, puis par la suite dans son long-métrage Les noces funèbres ou encore pour une unique scène dans son premier long-métrage : Pee Wee's Big Adventure. C'est aussi la technique utilisée dans L'étrange Noël de Monsieur Jack par Henry Selick ou Wallace et Gromit par Nick Park.

Pour bien réaliser l'ampleur de travail nécessaire, il faut se dire qu'une seule seconde de film équivaut à 24 images, un film d'environ 1h20 tel que Frankenweenie en contient à peu près 115200, prises une par une.

Tim Burton

Tim Burton

Mais ce film n'est pas uniquement un reflet de l'univers de Tim Burton, il peut être considéré comme un reflet de Tim Burton lui-même, le Tim Burton enfant, vivant dans sa banlieue de Los Angeles, Burbank, où les maisons sont identiques, trop blanches, trop droites. Le petit Tim Burton, ayant peu d'amis et se réfugiant dans son imaginaire, dans les films gothiques qu'il admire.

Pour moi, Victor est comme Tim Burton, mais, à la différence de ce dernier, il se fait envahir par son monde. On assiste ici à l'histoire d'un garçon à peu près normal, mais dont l'imaginaire fini par venir s'ancrer dans sa vie. Un imaginaire tout à fait Burtonien, comme je l'ai dit précédemment, où l'on peut apercevoir le Tim Burton enfant passionné par les films d'horreur et les créatures recluses de la société, comme peuvent le témoigner les références à des films tels que Dracula, La fiancée de Frankenstein ou tout simplement Frankenstein.

 

Ce projet est également un que le réalisateur tient à cœur, par son histoire, mais aussi car ce long-métrage est inspiré d'un court-métrage d'une trentaine de minutes, réalisé par Tim Burton en 1984 et également produit par Disney. Pour l'anecdote, le film devait être diffusé au cinéma en première partie de Pinocchio mais étant jugé trop effrayant pour des enfants, sa projection a été annulée.

J'ai visionné le court-métrage après le long-métrage et j'ai été frappée par la ressemblance de certaines scènes, presque identiques dans les deux.

Bien sûr, il a des grandes différences notamment que le court-métrage est réalisé en live motion, avec de vrais acteurs, il est donc plus difficile de forcer les traits des caractères comme c'est le cas par les figurines utilisées. L'histoire se déroule dans le long-métrage différemment, tout simplement car la version de 2012 est plus longue, cela permet par conséquent de rajouter des détails et des intrigues. J'ai également pu remarquer que Victor est moins seul dans la version de 1984, et c'est peut-être un aspect appréciable du long-métrage, quelque chose qui renforce l'aspect du personnage Burtonien.

L'affiche du Frankenweenie de 1984

L'affiche du Frankenweenie de 1984

Frankenweenie est un très bon film selon moi, même sans vraiment connaître le réalisateur, sur le fond, il est très entraînant et, personnellement, je n'ai pas senti de longueurs, Tim Burton parvient à nous toucher, mais aussi nous faire rire, ou juste sourire, par moments. Sur la forme, c'est un film très travaillé graphiquement et les images et la mise en scène sont extrêmement soignées. On ne peut que saluer la quantité de travail nécessaire.

Ce n'est pas seulement un film où Tim Burton revisite le gothique mais où il se revisite lui-même. (Pour être un parfait exemple son univers il ne manquerait qu'une apparition de Johnny Depp !)

Une des deux bandes d'annonce du film, un peu trop "spoilante" à mon goût...

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Lomé 14/03/2016 20:22

J'avais adoré ce film !