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Publié par Virginia I.

Le premier tour de lecture a permis de sélectionner les 6 titres suivants pour la 2ème liste du prix Goncourt:

1. Les prépondérants - Hédi Kaddour - Gallimard

2. Ce pays qui te ressemble - Tobie Nathan - Stock

3. D'après une histoire vraie - D. de Vigan - J.-C. Lattès

4. Discours d'un arbre - Olivier Bleys - Albin Michel

5. Boussole - Mathias Enard - Actes Sud

6. Soudain seuls - Isabelle Autissier - Stock

Le jury de Livorno s'est exprimé sur: «Boussole», de Mathias Enard!

«Boussole», Mathias Enard

Histoire et personnages 3/5

Style et inventive formelle – 2/5

Plaisir de lecture et enrichissement personnel – 3/5

«Boussole» n’est pas un roman facile à lire - et ce apparaît clair à partir de la première page, qui présente une seule phrase incroyablement longue sans aucun point. Avec la forme d’un soliloque érudite, on suit les pensées d’un protagoniste qui rêve l’Orient.

Franz, musicologue et orientaliste viennois, vient d’apprendre qu’il est atteint d’un mal incurable — et cette nouvelle provoque en lui une inquiétude et angoisse telles qu’il n’arrive pas a dormir. L’insomnie de Franz se développe en un récit sur l’Orient, et de son rapport conflictuel avec l’Occident.

«Boussole» est un véritable voyage dans les mémoires du protagoniste, qui nous montre ses séjours dans les villes les plus belles d’un univers que aujourd’hui est menacé par l’intolérance religieux. Franz s’interroge sur ses aventures, sa maladie, sa passion pour Sarah, une femme libre et vive, mais surtout insaisissable.

Toutefois, ce mélange des rêves orientalistes n’est pas suffisant a construire une histoire suffisante pour un véritable roman, mais plutôt nous présente une thèse racontée habilement en utilisant ce que Franz a vécu. La boussole de Mathias Enard indique systématiquement l’Est, en analysant ce que l’Orient signifie pour l’Occident et vice versa.

De 23h 10 au matin, Franz pense intensément — et, en effet, l’écriture de Mathias Enard suit le flux de conscience du protagoniste, et à la fois se révèle lourde et difficile à suivre, avec des passages à vides qui porte à rien. Le langage utilisé par Enard s’enrichit des références érudites, par exemple, en nous parlant des certains musiciens. Cependant, cette richesse se révèle exténuante pour le lecteur, écrasé par le flot des mots. Les descriptions infinies des sites orientaux et la longueur des périodes désoriente le lecteur de la thèse principale.

Par conséquent, pardon le jeu des mots, «Boussole» déboussole le lecteur avec une richesses assez prétentieuse qui cache une profondeur des thèmes qui mériterait plus d’attention. Ainsi, je ne peux pas affirmer que j’ai aimé trop le livre, mais surement il n’a cessé jamais de m’intriguer, en valorisant la culture orientale, tout en m’aidant à découvrir un monde très différent par rapport au mien, mais qui reste toujours charmant.

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Morgane (saison 7) 05/02/2016 16:08

Ta critique est intéressante et superbement écrite, Virginia, bravo ! :D