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Publié par Valentina D.

Histoire d’une fille qui a tout perdu

Salut monsieur le photographe ! Tu savais qu’il y a toujours des histoires cachées dans les photos que tu prends ? L’histoire que je vais te raconter n’est pas très joyeuse… C’est l’histoire d’une fille qui a tout perdu, mais qui est capable de donner la vie avec sa fantaisie…

Premièrement, je me présente : je ne suis pas seulement un dessin comme tu pourrais penser en me regardant, mais je suis ce qui reste de la famille de Fatima, une petite fille de 7 ans qui m’a créé et qui vient tous les jours parler avec moi, la seule qui l’écoute toujours.

Fatima est arrivée dans ce champ pour réfugiés il y a une dizaine de jours. Elle a tout perdu en venant ici. Elle m’a tout raconté, en pleurant...

Fatima habitait dans une belle maison avec sa mère, son père et son frère Omar. Ce n’était pas une grande maison, mais elle pensait que c’était merveilleuse, comme sa famille y vivait.

Puis la guerre est arrivée. Un jour, son père et son frère sont partis chercher du pain, mais ils ne sont jamais plus rentrés à la maison. Fatima et sa mère les ont attendus pendant plusieurs jours. Mais un homme est arrivé et il leur a dit qu’il n’y avait plus rien à espérer : ils étaient morts à cause de l’explosion d’une bombe dans la rue. Fatima a beaucoup pleuré en se rappelant de ces moments tristes ; pour elle, c’était le jour qui a changé sa vie.

Le jour d’après, elle est partie avec sa mère, elles voulaient se sauver. Fatima avait appris par cœur le parcours à suivre pour arriver ici, au champ pour réfugiés, mais elle n’aurait jamais imaginé d’y arriver seule, sans sa mère. Une mine l’a tuée un jour après leur départ. Fatima a perdu un bras dans l’explosion, mais une femme très gentille l’a aidée à arriver ici.

Un médecin s’est occupé d’arrêter le sang qui sortait de son épaule, mais il n’a pas pu faire plus, parce qu’il y avait beaucoup d’autres gens qui avaient besoin de lui.

C’est à ce moment-là, qu’elle m’a créé. Elle est venue dessiner sur ce mur avec d’autres enfants et elle a fait ce que tu vois. Quand elle a fini son travail, elle m’a dit : « Maman ! Finalement, je t’ai trouvée ! » Et elle m’a raconté ce qui s’était passé depuis quand sa « vraie » mère était morte.

Depuis ce jour-là, elle vient tous les jours ici, elle s’assoie devant moi et elle me raconte sa journée, comme si j’étais vraiment sa mère. Quand elle est triste, j’aimerai pouvoir sortir de ce mur de béton et l’embrasser très fort, mais je suis seulement un dessin…je peux seulement écouter, écouter et réfléchir.

Il faut vraiment réfléchir parce que ce n’est pas du tout juste ce qui est passé à Fatima et à beaucoup d’autres enfants. Ce n’est pas juste de ne plus avoir une famille à 7 ans à cause de la guerre. Ce n’est pas juste de perdre un bras à 7 ans à cause d’une mine. Ce n’est pas du tout juste.

Toi, qui est un photographe occidental, rend-moi un service. Raconte aux gens ce qui se passe ici. Fait voir aux gens ce que c’est que la guerre. Mobilise l’opinion publique, combat pour ce que tu crois juste. Il faut parler, se confronter, réfléchir. Il faut écouter, tolérer, penser. La guerre, elle n’est pas juste. Elle détruit les droits des gens. Elle tue les mamans et les papas. Elle laisse les enfants seuls. La guerre est une injustice, pour ceux qui perdent et pour ceux qui gagnent.

Valentina D

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