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Publié par Chiara A.

Malgré tout nous sommes encore ici, toi et moi mon ami…

« Est-ce que tu la vois ? Celle-ci, notre ville, notre pays, notre vie. Maintenant, qu’est-ce qu’il reste du bonheur ? Qu’est-ce qu’il reste de l’insouciance d’un enfant ? Nous n’avons plus rien, les mechants ont détruit nos maisons, ils ont tué nos familles… Mais, nous sommes plus fort qu’eux, c’est vrai mon ami ? Promets-moi que nous restons ensemble, toujours, c’est bon ? Écoute-moi, le monsieur qui était avec nous avant il m’a demandé d’aller chercher de l’eau pour les autres enfants, il a dit qu’ils ont besoin de boire… Est-ce que tu m’accompagnes ? Je veux te raconter une histoire. »

  • « Certes, je t’accompagne, tu te souviens ? Où tu vas, je vais aussi »

« Je veux te raconter mes émotions, je veux partager avec toi mes pensées et je veux vivre avec toi notre passé heureux. Il y a beaucoup de temps que cette ville est silencieuse, le seul bruit que nous sommes habitués à entendre est celui de l’explosion des bombes et des coups de kalashnikov qui tombent dans une place déserte… Il me plairait de vivre une vie simple et normale, aller à l’école avec mes amis, retourner à la maison et jouer avec mes frères et mes sœurs, mais ma vie est celle-ci et j’ai arrêté d’avoir peur. Est-ce que tu n'as jamais eu peur ? »

  • « Que beaux souvenirs… Je te dis un secret, approche… j’ai toujours peur. Comment je fais à ne pas avoir peur ? Regarde cette place, tourne-toi et regarde tout autour. Nous avons seulement six ans et l’unique chose que je réussis à voir ,c'est les gens qui luttent pour survivre ; les grandes personnes ont toujours le visage triste, ils sont préoccupés pour le jour suivant, alors que que le plus petits ont appris à s’amuser avec une seule pierre. Nous sommes seulement des enfants. Kobane est notre terre et nous devons l’aimer, pas haïr, nous devons la défendre avec les gens plus agés que nous. J’ai peur pour notre futur mon ami. »

« Tu dois rester tranquille, cette grande pierre sera notre forteresse, cette fontaine sera, par contre, notre réserve d’eau, la terre sale sous de nous sera notre jouet. Nous ferons beaucoup de châteaux et puis avec les bouts de cartons que nous trouverons dans la rue nous pourrons construire des jeux pour tous. Un jour tout ce silence sera rompu par des grands éclats de rire… Partons ! Nous devons retourner à la « maison », le monsieur sera en train de nous attendre pour l’eau. »

  • « Sans blague ! Nous nous mettrons quelques minutes pour arriver, est-ce que tu veux faire une compétition à qu’il arrive premier ? »

« ça va ! A' mon signe, la compétition commence et nous partons. Est-ce que tu es prêt ? Un, deux, TROIS ! »

Ce n’est pas la peur à effrayer les gens, ce sont les solitudes qui font peur.

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Kathleen 16/01/2016 19:12

Quel talent ! Quelle moral ! Quelle conclusion !