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Publié par Kathleen

    Il y a quelque jour de ça, une amie m'a proposé d'aller voir Demain demain. Mais je n'avais pas compris que Demain n'était pas demain. Le lendemain nous sommes donc allés voir Demain mais je ne m'attendais pas à ça et encore moins que cela me donnerait envie d'écrire un article sur Demain le surlendemain. J'ai donc pris mon courage à deux mains et j'ai entrepris de vous proposer une présentation, une critique de Demain et mon avis sur le sujet de demain qu'aborde Demain (mais je le fais aujourd'hui hein). 
 
 
Cinéma - Demain
Demain : Il s'agit d'un documentaire d'une heure cinquante-huit de Cyril Dion et Mélanie Laurent sorti le 2 décembre 2015.
 
Synopsis : Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent mon pays ? Suite à la publication d'une étude qui annonce la possible disparition d'une partie de l'humanité d'ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l'éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l'agriculture, l'énergie, l'économie, la démocratie et l'éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain ... 
Critique : N'ayant vu que la bande-annonce avant d'aller voir Demain, je m'attendais beaucoup plus à un film documentaire, avec une histoire, des personnages qui défendent une cause, à suivre leur parcours, leurs échecs, leurs espoirs ... Et en apprendre d'avantage à travers leur propre découverte et leur discussion. Comme dans un film normal ! Mais non, il s'agit vraiment d'un documentaire. Cependant, ce n'est pas non plus un documentaire habituel. En effet il y a dans celui-ci une touche de fraîcheur, en particulier dans certains plans, un peu d'humour comme une blague récurrente et même de la poésie dans les paysages, les plans (encore une fois) et la musique ajoutée.
 
     Celle-ci d'ailleurs m'a surprise ! Elles étaient choisies par rapport à leurs paroles qui permettaient d'appuyer les propos et les informations qu'on venait d'entendre et leur modernité donnait du rythme au documentaire en plus de servir de coupure. Ce n'est pas un documentaire dans lequel on s'ennuie. Les changements de plan et la mise en relation des différentes interviews qu'ils ont mené se chargent aussi de rendre captivant Demain. Par exemple, ils ont mis à la suite deux phrases issues de deux interviews comme s'ils s'agissaient d'un dialogue, et ça colle parfaitement ! Cela crée aussi un lien entre ce que disent les différentes personnes. 
 
    Mis à part l'originalité de ce documentaire, on voit sans difficulté le cheminement et la réflexion des réalisateurs sur le sujet. En effet, il est découpé en 5 chapitres : l'agriculture, les énergies, l'économie, la politique et l'éducation (si je me souviens bien) et cette présentation est vraiment intéressante. En effet cela m'a permis de ne pas me perdre dans les informations transmises et même de comprendre les connections entre elles. Il n'est pas facile de dire qu'une chose est bonne ou mauvaise, ni de savoir pourquoi il s'agit d'une solution, pourquoi il faudrait l'appliquer et aussi à quoi elles serviraient. Ce découpage rendait la "lecture" du documentaire plus fluide. 
 
    D'ailleurs c'est aussi un aspect du film que j'ai particulièrement apprécié, plus qu'un film nous informant de l'état actuel de notre planète, Demain nous apporte des solutions concrètes et réalisables. Il nous montre qu'un autre mode de vie tout aussi confortable voir meilleur pour le bien-être est possible. Au contraire de beaucoup de discours tenus en ces temps, les réalisateurs ont une vision positive des événements et nous apportent finalement un brin d'espoir sincèrement bienvenue. Ici on ne ressort pas de la salle de cinéma avec une mauvaise conscience, au contraire on a le cœur rempli d'espoir avec quelques pistes pour changer. "C'est autrement plus positif... Cela donne un documentaire, très intelligemment réalisé, qui effeuille le sujet avec légèreté." Les réalisateurs et leurs amis pourraient être des gens comme vous et moi, de même que les personnes qu'ils rencontrent (pour la plupart) et cela renforce l'idée que tout le monde peut agir. Ainsi, on peut trouver une certaine inspiration dans l'admiration qu'on voue à ces personnes, le courage de se retrousser les manches pour essayer de changer, à notre échelle, les choses. 
 
    Le seul reproche que je pourrais vraiment faire à Demain est la masse d'informations qu'on nous donne en même temps, je ne pense pas qu'un seul visionnage de ce documentaire suffise pour bien tout comprendre, dans son ensemble, ni pour avoir une réflexion satisfaisante. Sans le découpage quasi parfait, je me serai rapidement perdue dans cet océan d'arguments et de faits. De plus, il est vrai que quelque part certains points auraient pu être approfondis mais cela aurait peut-être retiré un peu de l’accessibilité de ce film. De la même façon on ne parle pas des initiatives prises en France et de ce qui peut être améliorer. On part certes sur une étude concrète de 2012, qui permet de rendre ce qu'il se passe beaucoup plus réel et immédiat, mais on voit ce qui a été fait et non pas ce qui peut être encore fait et mieux.
 
     Malgré tout je continue à croire que ce documentaire est excellent ; je le conseille donc à tous ceux qui veulent s'informer d'avantage sur le réchauffement climatique et les solutions qui existent. 
 
 
Réflexion : Notre monde est en train de changer. C'est un fait. Et même si nous ne nous en rendons pas encore compte, les faits sont là. A cause de nos activités mais aussi de la manière dont nous les faisons, nous provoquons des dérèglements climatiques. La planète se réchauffe, des espèces disparaissent, le niveau des mers augmentent, les glaces fondent. Les conséquences les plus remarquables sont évidemment l'augmentation de la fréquence et de la puissance des catastrophes naturelles. Alors oui, le climat a toujours changé, mais cette fois-ci l'homme accélère ce changement qui est maintenant trop rapide et entraîne la destruction des écosystèmes. En effet, des phénomènes qui passent inaperçus se produisent comme des dérèglements dans la migrations des espèces entraînant une déconnexion entre les proies et les prédateurs mais aussi un changement dans le sexe des animaux nés. Tout change autour de nous ! Et nous restons aveugles à ces changements ! Est-ce qu'il faudra attendre que cela nous arrive à nous aussi pour que nous réagissions activement ?
 
    Suis-je bête ? Cela nous touche déjà ! Nous vivons dans une insécurité climatique que beaucoup trop ignorent. Réfugiés climatiques, exode des populations à cause du manque d'eau, de la baisse de la production des terres cultivables ... Alors que le nombre d'habitants sur la planète augmente de plus en plus, nos réserves en énergie mais même en nourriture s'amenuisent. Avec ces difficultés de se fournir en eau notamment, des tensions se créent entre les pays. Des pays dits en voie de développement comme le Nigéria qui vit principalement de l'agriculture voit la sécheresse diminuer ce moyen de subsistances  et sont donc obliger de migrer. Ainsi des foyers de population sont créés qui sont vulnérables et donc facilement influençables, récupérables par les politiques, en particulier ceux qui ont de quoi leur offrir de quoi vivre, de quoi survivre. C'est ce qu'il s'est passé avec Boko Haram par exemple. Le changement climatique est donc une vraie menace à la paix et à la sécurité.   
 
     Mais comment tout cela a commencé ? Peut-être faut-il remonter à la source pour comprendre nos erreurs ? En 1980, le diagnostic tombe : le réchauffement climatique est provoqué à 1/10 par des événements naturels et à 2/3 par les activités humaines. Aussitôt, les conventions, GIEC, COP se sont mis en place ainsi que le protocole de Kyoto que les Etats-Unis ont d'ailleurs quitté très vite sous la présidence de Bush pour ne pas perdre d'argent et pour favoriser le développement des nouvelles technologies. Bien avant encore, au début de la chasse aux énergies fossiles, nous avons trouvé le moyen de puiser des réserves de charbon, puis de pétrole et de fer, pour produire des chemins de fer, des manufactures,  conduisant à la mécanisation du travail. Des usines ont alors fleuri partout et avec elles, des banques qui offraient des crédits à la consommation. Avec les Guerres Mondiales, la consommation a énormément augmenté. Puis, pour palier à l'effort de guerre, il a fallu trouver quelque chose de nouveau : la surconsommation. Porte-conteneurs sillonnant les océans, utilisation exagérée d'Internet, consommation excessive de viandes, dépendance à l'utilisation de pétoles ... Tout cela produit énormément de CO2, trop pour notre atmosphère. En 200 ans nous avons vidé tous les gisements simples d'accès, aujourd'hui pour puiser la même quantité il faut utiliser bien plus d'énergies. Nous sommes dans un cercle vicieux.
 
     On nous a appris que pour être heureux et vivre confortablement, il faut consommer, mais peut-être qu'en réalité il est préférable de produire tranquillement nous-même pour pouvoir jouir nous-même de notre production. Mais est-ce que c'est une solution viable ? En fait, souvent je me demande si ces solutions ne seraient pas des changements trop brusques pour notre époque. Il faudrait tout réapprendre ! La culture, la place et l’identité de l'homme, vivre ensemble, contempler le monde en vivant dans une sobriété volontaire ... Il faudra également réapprendre la communication, la découverte et l'utilisation des énergies, les déplacements ... Autant de choses qui ne sont pas fondamentalement indispensables mais dont on peut se passer ou modifier. "On a oublié qu'il était possible de faire autrement."Alors cela voudrait dire que nous ne sommes pas prêts à abandonner notre petit confort parfait pour sauver notre espèce ? Mais si nous ne changeons pas rapidement notre façon d'agir, qui sait à quoi ressemblera notre planète dans un an, deux ans, cinq ans ? 
 
    21è COP, et toujours cet impression de stagnation frustrante, alors qu'au fond tout le monde sait que nous devons agir. Mais comment ? Est-ce que des décisions font enfin être prises et appliquées à cette COP21 ? Ou est-ce que toute cette énergie diplomatique est déployée en vain ? Et nous autres, citoyens et/ou associations écologiques comme Greenpeace, pourquoi n'avons-nous pas eu le droit d'assister aux premières réunions préparatrices de la conférence ? Est-ce que les politiques ont peur que nous voyons que les textes écrits sont en total désaccord avec les attentes de tous ces gens ? Ces politiques qui ont conscience, oui, de la nécessité de changements, mais qui se déplacent en hélicoptère ou en jet privé. Et qu'en est-il des conflits d'intérêts entre pays entre eux mais aussi avec les compagnies pétrolières ? Nous ne devons pas laisser des intérêts privées l'emporter sur ceux de l'espèce humaine et de son avenir.
 
    En fait, ce qu'il faut faire dans le fond, c'est informer les gens, les populations des décisions prises durant cette COP21, populariser les actions possibles. Car, en effet, plus on comprendra où est le blocage, plus on pourra agir dessus. D'ailleurs, le monde est en train de changer imperceptiblement. Des centaines d'initiatives, de mouvements s'organisent aux quatre coins du monde : des villes en transition, des éco-villages, des fermes bio et écolo ... Énormément d'acteurs prêt à initier un changement et à ouvrir les yeux des autres. Cependant ceux qui veulent que le monde reste tel qu'il l'est, à qui cette société de consommation est favorable, vont se mettre en travers de leur chemin. Eduquer aussi me parait important et sensibiliser dès le plus jeune âge aux bons gestes. S'il est plus dur de faire changer les habitudes des adultes, peut-être qu'apprendre tout de suite aux générations suivantes à vivre ainsi aidera ? 
 
     Pour en savoir plus, vous pouvez aussi regarder la vidéo YouTube de la chaîne DataGueule 2° avant la fin du monde qui parle du même sujet. (La philosophe indienne qui parle à la fin du reportage est aussi interviewée dans Demain.)

 

         En conclusion, oui, il existe des solutions concrètes mais qui demanderaient un changement de la civilisation totale, de la politique, de l'économie mais avant tout un changement des gens et de leur moyen de vie. Nous pouvons réapprendre à apprendre. Nous pouvons, si nous trouvons la volonté pour le faire, sortir de cette cage qui nous retient dans nos habitudes à l'écart des autres, de la nature et de la vraie vérité. Selon moi nous devrions tous agir et tous nous tenir au courant de la situation. Nous sommes tous concernés, qui que nous soyons, où que nous vivions. Après tout, ne sommes-nous pas tous citoyens de cette grande ville qu'est le monde ? 

 

Image

Bande-annonce

2° avant la fin du monde

Merci à Christine de m'avoir proposé d'aller voir ce film et bon anniversaire !

Merci aussi à Lénaëlle, Lalou et Erwan d'être venus. (Voilà, c'était ma petite dédicace spéciale !)

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Commenter cet article

Laura-Louise 30/12/2015 18:17

Faut vraiment que j'aille voir ce film... Merci beaucoup pour ce magnifique article Kathleen ;)

Lalou 29/12/2015 21:24

Bravo pour cet article très très très très complet ! Rien à redire !
Ah si ! Je suis contre la petite dédicace a la fin >< :P

Morgane (saison 7) 26/12/2015 11:55

Ahah, Demain, le fameux ! :')
Très intéressant ton article (le début m'a bien fait rire)((en plus je me sens solidaire des articles-romans :3))