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Publié par Kathleen

Si ce recueil était un objet, il serait une boussole qui n'indiquerait pas le Nord.
 
Car le Nord y trouve son propre Est et son propre Ouest.
Car le Nord est au Sud, à l'Ouest, à l'Est.
Car tous les chemins y sont le bon.
Car il nous apprend au final qu'il suffit 
de suivre le baluchon d'or
de notre cœur rouillé
 
Si ce recueil était un élément, il serait un feu aquatique, une eau enflammée.
 
Et on s'y baigne tous dans cette lave poudreuse
et on s'y perd un peu dans cet abysse lumineux.
 
Si ce recueil était un lieu mythologique, il serait le labyrinthe de Dédale.
 
A fuir un Minotaure indomptable,
à chercher
à voler de ses ailes de miel fondu,
à sortir de la cendre
et du puits d'encre des souvenirs.
 
Si ce recueil était un animal, il serait une araignée d'eau. 
 
Une araignée rose patinant sur l'eau,
grimpant sur nos bras
comme sur des échelles.
Une petite créature terrestre
qui a décidé de rompre avec Gaia
pour rejoindre l'Aria
tant aimé, tant aspiré, tant soupiré.
Un insecte répugnant qui émerveille
lorsqu'il tisse sa toile autour de nos cœurs volatiles.  
 
Si ce recueil était une créature, il serait une chimère.
 
Un mélange de tout et de rien.
Un symbole du monde et du néant.
Une signification forte et hermétique.
Un assemblage joyeux de mouvements
et de sons malheureux. 
 
Si le recueil était une plante, il serait une rose brûlante et piquante.
 
Une ronce magnifiquement cruelle
qui saigne, récolte, dénerve, simplifie, scarifie.
 
Si le recueil était une note de musique, il serait un dièse.
 
Un dièse à l'amour,
un dièse ondoyant,
 un dièse au renouveau,
un dièse au début,
un dièse à la fin.
Trop de dièses.
 
Si le recueil était un roman, il serait un conte pour grands enfants, pour petits grands.
 
Avec les mots de grands, avec les yeux des petits.
Avec les rêves de pierres, avec mots nuageux
Est-écrit ce recueil
 
Si le recueil était une qualité, il serait la musicalité.
 
Et les fourmis muses,
et la chasseuse chasseresse,
et la dame verte, qui passe passe repasse et passe tandis que son ombre trépasse, ne me diront pas le contraire.
 
Si le recueil était une photo, il serait noir et blanc blanc et noir à l'envers.
 
C'est ainsi. Ma peau ne protège que vous. Vous ne protégez que ma peau.
 

 

Assimilation - Laure Cambau
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Lalou 11/01/2016 21:04

Whaou ! Bravo pour cette assimilation ! Je suis bluffée !