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Publié par i-voix

i-voix aux mains d'argent - Florilège 6 2014-2015

Effraction, immersion, contraction, dilatation, substitution : tout au long de l'année, les lycéens d'i-voix ont aimé couper-coller-insérer-remplacer... dans des oeuvres variées.

 

A la manière des cut-up de William Burroughs, des cadavres exquis surréalistes, des centons oulipiens, des MashUp vidéos, ils explorent ainsi, à l'ère du numérique, une façon originale de s'approprier des textes littéraires et d'en créer de nouveaux. Cette activité, ludique et pédagogique, permet de comprendre de l'intérieur l'univers d'un auteur, de faire résonner en soi ses mots, de partager les sensibilités et les imaginaires, de travailler la langue, de faire jaillir de soi des éclats de poésie. Alors peut-être la littérature retrouve son pouvoir de vibration et de façonnement.

 

Saurez-vous reconnaître les oeuvres qu'ils ont ainsi goulûment dépecées, chirurgicalement charcutées, poétiquement électrocutées ?

i-voix aux mains d'argent - Florilège 6 2014-2015

Tim Burton - Edward aux mains d'argent

Image originelle : Tim Burton - Edward aux mains d'argent

 

 

scruter ses lèvres derrière 

le flux des mots qui en sortent derrière

l'eau de cet unique regard derrière

le tracé du geste inconnu derrière

le sang cramoisi pulsé dans nos veines derrière

la main vibrante sur mes joues rougies derrière

le tambour au loin muet derrière

comme un présage qui nous avertit derrière 

ce qui est juste là, là avec seulement  nous

derrière

 

(Elise)

 

 

Tu rêves

d'une échelle

qui monte vers le ciel

 

Beauté simple et fragile

à la finesse levantine

 

rêve, plumes, sillage

où plus rien ne subsite

que ce cri sans écho 

 

(Ysoline)

 

 

- penser à s’entendre

- penser le hors champ avant qu’il n’arrive, et les impossibles, combien de hasards associés, cette lumière-là à ce moment-là, la multitude, et si la tête seulement tournée de profil on se serait vu, elle s’appellerait Emma, Valentina, Maria, lui Julien, Matthieu, Tristan, ce qu’ils racontent différent, différent, pas d’autres mots

penser à nous, mais ça n’a rien à voir

pousser la porte, involontairement, la lumière dans les yeux, le coude en pare-soleil longtemps, et se glisser parmi vous

 

(Justine)

 

 

dans le silence de ta bouche fermée - tu restes immobile là - ici tous les corps restent immobiles - ici  commence la disparition des couleurs - tu veux la nuit la couleur de la nuit  la couleur de l'autre côté - et autour de toi du noir avec des formes de lumières humaines - tu fermes les yeux - longtemps - ici tu ignores les intervalles des étoiles 

 

(Marion)

 

 

i-voix aux mains d'argent - Florilège 6 2014-2015
i-voix aux mains d'argent - Florilège 6 2014-2015

 

 

 

Comme font tout le jour les mésanges, fatigués de se décrocher en vol dans chaque espoir givré.

Ou l'enfant qui sait, sans pour autant se taire, que son long cri d'indicible n'éclipsera pas la nuit ;

ni les embruns du crépuscules, ni les latences du passé.

Effacer toutes les images de l'avenir.

Vivre brûlés, hommes-torches, par la frénésie dorée.

Vivre d'énigmes nacrées, acquittés des secrets sombres.

 

(Morgane)

 

Sur l'exil d'un loup, le rouge-gorge trace des forêts sauvages.

 

quitter ce pont  - regarder l' homme au corps plié - voir l'arbre ses feuilles de lumière - le jour n'efface rien -  ni corps ni toi - j'entends tes voix détachées -  je vois son visage de profil  - à quel point ce corps plié  - sur la place de la république  - je ressens la lenteur de sa marche  -  quitter le pont  - sur un mur blanc tes voix muettes - traverser marcher de l'autre côté -  trouver un autre mur - un autre mur où éclater ta voix - le temps sale s'installe - le jour ne lave rien ni cœur ni machine ni main ni cœur -  je vois la douceur de son visage - projection de sa beauté arrachée - la pauvreté arrache la beauté de l'homme plié - ses yeux  barrés d'un  trait rouge -  ta voix contre quel mur - ta voix un son un son faible un son à peine  grave - un son sans empreinte - quitter son pont

 

(Justine)

 

 

un départ, est-ce que l'on entendra mes mains bouger dans la musique siffler autrement que tes cheveux, une arrivée

 

(Léna J)

 

 

Gone,

gone,who

took it

away

from me?

Oh William!

J'avais souvenir.

 

(Hannah)

 

 

 

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