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Publié par i-voix

i-voix aux mains d'argent - Florilège 10 2014-2015

Effraction, immersion, contraction, dilatation, substitution : tout au long de l'année, les lycéens d'i-voix ont aimé couper-coller-insérer-remplacer... dans des oeuvres variées.

 

A la manière des cut-up de William Burroughs, des cadavres exquis surréalistes, des centons oulipiens, des MashUp vidéos, ils explorent ainsi, à l'ère du numérique, une façon originale de s'approprier des textes littéraires et d'en créer de nouveaux. Cette activité, ludique et pédagogique, permet de comprendre de l'intérieur l'univers d'un auteur, de faire résonner en soi ses mots, de partager les sensibilités et les imaginaires, de travailler la langue, de faire jaillir de soi des éclats de poésie. Alors peut-être la littérature retrouve son pouvoir de vibration et de façonnement.

 

Saurez-vous reconnaître les oeuvres qu'ils ont ainsi goulûment dépecées, chirurgicalement charcutées, poétiquement électrocutées ?

i-voix aux mains d'argent - Florilège 10 2014-2015

 

branches de mémoire

 

obstinément tournées vers

 

vos veinés silences

 

 

(Morgane)

 

 

 

peau bleue des draps

s'attacher à

où s'élancent les corps

revenir prendre le temps de revenir

un peu plus violettement que d'ordinaire

 

(Myriam)

 

 

- réfraction ou mirage menteur, le pays du dessous remonte à

la surface, la frôle, est prêt à percer, c’est un pays soyeux en forme

de continent biscornu, dauphin qui fait sa brasse, lâche du

lest, replonge, ou alors ornithorynque effaré si on se tient tranquille on peut

l’entendre couiner, grincer, gémir, ricaner c’est un pays

immense, un mastodonte lisse qui se souvient d'Avant.

 

(Cécile)

 

 

Quand il aurait fallu sortir dans le froid, dans l'obscur. Le temps ralentissait, se rappelait que l'âme devrait bien un jour se disjoindre de ce qui l'avait remplacée. Aller de nuit, par des villages, et par quels autres chemins ? Dehors, un dernier s'amuse encore, dans la pénombre et la brusquerie du vent.

 

(Logan)

 

 

les lèvres des enfants épellent 

                                   le vent

le sang coule sous les ponts

          la couleur intérieure

s'épanche par les plaies

 

(Myriam)

 

 

volupté sous la langue

comme pétales de rose rouge

 

 

 

 

il ne faut pas désespérer

devant l'abreuvoir aux poissons rouges

sautons quelques chapitres

au-dessus du pont de pierre

ce qui vient viendra

 

(Brenda)

i-voix aux mains d'argent - Florilège 10 2014-2015
i-voix aux mains d'argent - Florilège 10 2014-2015
i-voix aux mains d'argent - Florilège 10 2014-2015

 

Même mêlée de printemps, la pluie grise, toute empressée d'attendre, comme sur un seuil - l'improbable - l'écho sans sonorité des arcs-en-ciel aux galbes lointains, et la voix assoiffée d'oiseaux de papier/paradis, qui se mue en soupir, inconsolée d'être de marbre.

 

(Morgane)

 

 

 

rien — sinon la brise
un souffle de flocons
là où la neige tombe
perdue devant

soi et le pas
qui demeure toujours
à être– haut
vers l’irrévocable solitude

brûlent glissent les couleurs
toutes
delà chaque forme
le néant.

 

(Ysoline)

 

L'homme passe

Il va.

Au loin,

Le vent se lève.

Ses pas déjà se perdent

Ni château sur la rive

Ni large pont de pierre.

Les eaux battent

Sous les étoiles qui scintillent.

L'aube se profile

dans un théâtre d'ombres.

Qu'est ce que la nuit en ta présence?

Tu es là je le sens.

Je ne sais si le vent dispersera mes songes.

Nous sommes là

paume contre paume

dans la soupente des étoiles.

 

(Thomas)

 

 

Voyage vers le Nord

De soi porter témoignage

M'accompagne mon petit

paquet

de trèves,

et s'absenter derrière les mots.

Sous le bras, votre visage pur,

Qui de ma substance me vident.

Nue dans la lumière d'automne,

Dédoublé.

Je ne connais plus mon corps.

 

(Elise)

 

i-voix aux mains d'argent - Florilège 10 2014-2015

alors le souffle devient

le chant parfumé

qui a brûlé

les vivants et les morts

 

 

les cartes de nos douleurs

à hauteur de tes yeux

chacun vénère

le cri de l'enfant

 

 

 

 

tenir

la note ténue

entre les lèvres

Nous avons mangé nos lèvres

 

 

 

 

chaque jour

les verbes font retour

chaque nuit

renaît

le livre du dialogue

 

(Brenda)

 

 

i-voix aux mains d'argent - Florilège 10 2014-2015

 

Toujours un livre sous nos pas
                         
 
                          vous venez vous asseoir
                                   
 
                                             au bord de la frontière

 

(Emilie)

 

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michaël glück 01/07/2015 10:45

espère qu'au-delà de cette année, vous poursuivrez toutes et tous, l'exploration du monde et de vous dans le monde, en écrivant... merci. Cordialement Michaël Glück