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Publié par Cécile

Didascalies - Le jeu de l'amour et du hasard III, 1

ACTE III – Scène I

Dorante, Arlequin

 

ARLEQUIN (il court derrière son maître) : Hélas, Monsieur, mon très honoré maître, je vous en conjure.

DORANTE : Encore ?

ARLEQUIN (il joint les mains et met un genou en terre) : Ayez compassion de ma bonne aventure, ne portez point guignon à mon bonheur qui va son train si rondement, ne lui fermez point le passage.

DORANTE (il le regarde et fait un geste exaspéré pour qu'il se relève) : Allons donc, misérable, je crois que tu te moques de moi ! Tu mériterais cent coups de bâton.

ARLEQUIN (il se relève et ouvre les bras en un geste fataliste) : Je ne les refuse point, si je les mérite ; mais quand je les aurai reçus, permettez-moi d'en mériter d'autres : voulez-vous que j'aille chercher le bâton ?

DORANTE (il veut le frapper mais se retient à temps) : Maraud !

ARLEQUIN : Maraud, soit mais cela n'est point contraire à faire fortune.

DORANTE (il croise les bras derrière son dos pour ne pas être tenté de frapper son domestique) : Ce coquin ! Quelle imagination il lui prend !

ARLEQUIN (il sourit) : Coquin est encore bon, il me convient aussi : un maraud n'est point déshonoré d'être appelé coquin ; mais un coquin peut faire un bon mariage.

DORANTE (il lève les bras au ciel) : Comment, insolent, tu veux que je laisse un honnête homme dans l'erreur, et que je souffre que tu épouses sa fille sous mon nom ? (Il se rapproche d'Arlequin.) Ecoute, si tu me parles encore de cette impertinence-là, dès que j'aurai averti Monsieur Orgon de ce que tu es, je te chasse, entends-tu ?

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