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Publié par Logan

Fiche - Laure Cambau : Ma peau ne protège que vous

Ma peau ne protège que vous est publié en Mars 2015 sous les éditions Le Castor Astral et il est écrit par Laure Cambau, une poétesse et pianiste parisienne.

 

Un recueil audacieux selon moi, comportant des thèmes comme l'oubli, les souvenirs, l'absurdité d'un monde... Une sorte de recueil onirique donc, qui propose quelques originalités, donnant à l'écriture une poésie unique, et très imagée.

Le recueil est coupé en plusieurs parties :

  • « Ma peau ne protège que vous »

  • « Oeillages »

  • « Petit Madrigal d'hospice »

  • « Manger de l'oiseau rend volage »

  • « Odoration »

  • « Entr'oubli »

 

L'écriture y est assez originale, des poèmes versifiés, dont la ponctuation se fait très rare, il n'y a pas de point. On y trouve diverses anacoluthes, des incorrections grammaticales qui peuvent rendre la forme particulière, rendant le fond un peu hermétique, mais c'est quelque chose qu'on a vu dans beaucoup des recueils de cette saison. On y trouve des « tu », des « je » et des « vous », la correspondance avec le lecteur y est assez claire, et imposée dans le titre par exemple « Ma peau ne protège que VOUS ». La forme est ici comme une coquille, qu'il faudrait casser pour en extirper le fond, ici particulièrement riche. Le titre en est un bon exemple, « ma peau » ferait alors référence à une forme, qui renfermerait peut-être l'auteur ?

 

Est-il intéressant pour la saison 2015-2016 d'i-voix ? 

 

Ce recueil avait su m'interesser, et jouer de ma curiosité dès la première lecture, il présente des thèmes assez intéressants comme celui de la mémoire (qui est ici quasiment le thème principal) et tout ce que celle-ci engendre, les bonheurs du souvenir d'une histoire racontée (la partie « Oeillages » contient des poèmes sur Cendrillon ou encore la mythologie) et l'angoisse de rêves oubliés, de traces poétiques qu'on sème derrière nous, sans vraiment y retourner quelque considération.

La poésie est ici comme de l'eau (le recueil en contient un champ lexical important), on la boit et on la boit encore, mais on n'y porte pas assez de considération au fond, l'on devrait s’intéresser à chaque goutte qui compose cette eau, mais on la boit, sauvagement et machinalement, et elle nous est vitale.

Ce recueil (et c'est ce qui m'a semblé être le plus intéressant ici) présente un rapport de l'homme (qui paraît ici très abstrait, presque aussi fantastique que les dragons et les fantômes) avec la poésie très riche. La nature ici est flamme, eau, vent, elle guette la mémoire des hommes, et leur délivre des parfums qui rappellent des souvenirs mystérieux, prêts à être déchiffrés. La nature et l'homme, la poésie et l'homme...

Une certaine question de l'inspiration est posée ici, la Muse peut prendre la forme d'une simple fourmi (peut-être un clin d’œil à La Fontaine...), certains hommes se perdent dans l'inspiration, ce sont des « SPF » (sans poème fixe). Des clins d'oeil d'ailleurs on en trouve beaucoup, on trouve dans ce recueil beaucoup d'hommages à des auteurs et peintres, une sorte de correspondance élégante comme pour leur signifier qu'on ne les oublie pas. La poésie est ici partout, des poèmes poussent dans les arbres et sortent de nos chemises, et peut-être qu'il y en a tellement qu'on n'y prête plus assez d'attention encore une fois... Notre monde est absurde, et c'est ce que ce recueil tend à nous dire. L'absurdité de ce monde pose la question de l'importance de l'homme, de sa logique...

On trouve dans le recueil une sorte de pièce de théâtre poétique qui présente des personnages qui se retrouvent à subir l'absurdité qu'on crée. Ces personnages se parlent mais ne s'entendent pas, ils posent des questions (l'homme est curieux, oui mais peut-être trop...) auxquelles ils ne trouvent aucune réponse, il y a un sentiment de frustration qui est établi (l'homme n'achève rien de ce qu'il accompli alors...?). Ces hommes et femmes incapables de comprendre les autres, qui au lieu de s'unir se dispersent. L'homme sans logique, il subit les autres hommes, il ne vit pas, il survit.

Et ici je ne fais qu'une interprétation de ce recueil, mais il y a – je pense – énormément d’interprétation à en faire, chacun peut prendre ce recueil comme il l'entend, chacun réfléchira différemment sur celui-ci, ce recueil est tellement riche de significations, tellement beau dans les images mélancoliques et un peu enfantines qu'il nous livre, et c'est ce pourquoi il serait intéressant pour la saison 2015-2016 d'i-voix selon moi.

 

Fiche - Laure Cambau : Ma peau ne protège que vous
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