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Publié par Doriane

Centon - Michel Brosseau

tu dis : « De quoi j’ai peur, comme ça tout de suite je dirais de rien, mais peut-être parce que j’ai jamais trop pris le temps d’y penser... »

tu dis : « Le blues, ça t’apprend à te méfier du matin, parce que c’est toujours quand tu te lèves que se révèlent les absences. »

tu dis : « Je sais pas si t’as remarqué les dalles qu’ils posent sur leur pelouse, la manie qu’ils ont d’en faire un chemin. »
tu dis : « La première fois que j’ai pu traverser un pont les yeux ouverts, je me suis pas dit victoire ou libération ou je ne sais quoi du même acabit : juste que le deuil commençait pour celui qu’était resté à l’autre bout. »

tu dis : « Le goût de la terre, il y en a tellement qui meurent sans rien en connaître... »

tu dis : « La terre, c’est gamin qu’il faut y goûter, avant d’avoir la mort en tête... »

tu dis : « C’est souvent dans l’encadrement d’une porte que j’aperçois mes morts. »

tu dis : « Tu t’es déjà demandé ce que tu dirais à ton ombre une fois revenue ? »
tu dis : « Quand tu sonnes à une porte, t’a peur de quoi, sinon que ça soit toi qui viennes ouvrir? »

 

 

 

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