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Publié par Brenda

En sortant de la salle, nous ne pouvions nier ce sentiment qui nous emplissait. La certitude d'avoir assisté à quelque chose de fort, le goût d'inachevé et cette incapacité à en parler de façon claire. J'ai choisi d'écrire cet article en prenant pour base le premier SMS que j'ai envoyé en sortant de la salle. Il est plutôt confus, et j'ai maintenant assez de recul pour pouvoir l'expliquer.

Sentiments / Jugement / Réflexions - IShow

Renversant, oui renversant, parce qu'il faut l'avouer, on sait que le spectacle veut transmettre un message, démontrer quelque chose mais on ne s'attend pas à la claque que l'on prend. 

Intrigant. Pourquoi donc avais-je qualifié ce spectacle d'intrigant en en sortant ? Je ne m'en souviens plus, peut-être en référence à ces moments délirants, surgis de nulle part qui reprennent de façon parodique certaines vidéos ayant fait des millions de vues sur youtube (Céline Dion sur CNN ;  Nabilla Allô ; Double Rainbow ...). Ces moments qui suivent généralement des scènes plutôt "lourdes".

Suprenant. Nous savions que le spectacle tournerait autour des écrans et de chatroulette mais s'asseoir et voir des discussions se dérouler en temps réel sur les écrans géants, c'est différent ! Surprenant aussi, parce que l'on ne sait pas ce qui va arriver, le spectacle dépend moins des comédiens que des internautes...

Choquant. Bien que ça ait été dit et re-dit, il faut tout de même mentionner le fait que certains passages étaient plutôt... dérangeants... Mais la nudité exposée ici, celle des comédiens et celle des internautes, est simplement un outil, une façon de démontrer que caché derrière son écran on se risque à beaucoup plus, qu'internet, c'est aussi se mettre à nu ( I Show ! )... Une fois que l'on a intégré ceci, il est beaucoup plus facile de mettre de la distance entre soi et les images, bien que le choc qu'elles constituent au premier abord contribue à rendre le message plus percutant. Nous sommes dans une société presque inchoquable, il n'y a plus de limites sur internet ( on retrouve des vidéos abominable en quelques clics malgré les prétendus blocages de la police, si, si, vous voyez de quelle vidéo je parle ici) et de moins en moins à la télé. Une société qui voit tout, prend part dans le débat du " Peut-on tout montrer ? Doit-on tout montrer ? " et s'offusque quand on lui présente des images chocs. Est-ce qu'on est encore vraiment choqué, profondément choqué ou choqué parce qu'on doit l'être ? 

Évident. Oui évident, on ne découvre rien, le spectacle met "juste" en évidence ce que l'on sait déjà, ce à quoi on ne fait plus attention. On n'y fait plus attention, on met un voile sur ces choses et IShow lève le voile, oui, ça fait bizarre. On ne fait plus attention à ce que l'on poste sur Facebook, IShow se fait un plaisir de vous le rappeler dans une scène effrayante qui vous rappelle que ce que vous montrez, même des comédiens canadiens peuvent le trouver.

Poignant. Poigant parce qu'il y a ces scènes que je qualifiais de "lourdes" plus haut, ces scènes qui nous rappellent que les écrans nous permettent de rester en contact avec des enfants effrayés au beau milieu d'une fusillade, de rester en contact avec des comédiens "restés au pays", être ensemble même quand on ne l'est pas, et c'est beau.

Révoltant. Je devais probablement faire référence à ces longues minutes où un comédien a mis notre humanité, et la morbide curiosité humaine à l'épreuve en proposant le visionnage d'une vidéo révoltante aux volontaires. Le silence confortait l'idée que l'Homme est capable de résister à la curiosité de voir l'horrible, de faire passer le sujet humilié de la vidéo avant soi, puis quelqu'un se lève. L'atmosphère est lourde, pesante. Comment peut-on avoir envie de voir ça ? Comment peut-on se lever et aller vers le film du corps d'un jeune homme humilié par son assassin ? Puis le nom de la victime claque dans l'air. Ce n'est pas qu'un corps, pas que le sujet d'une vidéo, c'était un jeune homme, un humain avec une identité avant tout.

Touchant. Il y a eu cette vidéo, un jeune homme, la trentaine, en surpoids, en train de jouer à un jeu vidéo sur son ordinateur. Il refuse de suivre sa mère pour aller ouvrir ses cadeaux de Noël. Finalement, il s'approche du sapin, et découvre deux sabres de la saga Star Wars, et commence à jouer avec comme un petit enfant, hurlant de joie. On entend des rires dans la salle. Mais ce n'est pas fondamentalement drôle, et même plutôt le contraire ; j'ai mal au coeur en entendant les rires. C'est alors que les comédiens se saisissent chacun d'un tube luminescent, la lumière tombe et s'amorce quelque chose de beau, les comédiens reprennent les mouvements du "geek" et un formidable ballet du 21ème siècle commence, rythmé par un montage de la vidéo. Ils ont fait quelque chose de beau de ce jeune homme tourné en ridicule.

Nouveau. Je ne m'étendrai pas sur cette notion, une phrase suffira. Qui aurait pu penser que nous assisterions à la déclaration d'un Christian inconnu à une Roxane qui regarde la fenêtre de Chatroulette sur son ordinateur ? 

Quotidien. Quotidien, parce qu'everyday I show.

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Commenter cet article

Thomas 26/04/2015 17:35

Article pertinent sur tous les aspects !

Brenda 26/04/2015 17:38

Merci Thomas !

Brenda 10/04/2015 06:48

Merci les filles !

Marina 09/04/2015 21:47

J'ai beaucoup aimé ton article :) !

Léna Q 09/04/2015 19:31

Super article Brenda, tes explications sont justes, la présentation, elle, originale ! ;)

Justine 09/04/2015 17:09

J'aime beaucoup la forme de ton article : il démontre bien l'état d'esprit de la plupart en sortant ..