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Publié par Cécile

Votre recueil est dominé par les éléments et la Nature. L'eau et le feu m'ont frappée en particulier. Peut-être fais-je erreur mais aucun de vos poèmes ne se déroule en milieu urbain. Détestez-vous les villes ? Ne les jugez-vous pas peu propices à, si ce n'est indignes de la Poésie ?

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Jean-Yves Fick 16/05/2015 13:53

un recueil, sur nerval.fr, accès libre: http://nerval.fr/spip.php?article34

Jean-Yves Fick 16/05/2015 08:48

Je retrouve, pour ouvrir et la question et la réponse, ces termes de Claude Roy, dans une préface:
"Ce n'est pas ce qui est regardé qui définit la poésie, c'est le regard. Ce ne sont pas les choses qui arrivent qui font un poème, c'est la façon du poème d'arriver dans les choses. Un petit coin de mur jaune peut chanter en nous et nous faire chanter, tandis que le spectacle de la Mer de Glace [nous] laisse pitoyablement intact[s]." (...) "Tout est poésie? Tout peut l'être."

Jean-Yves Fick 15/05/2015 12:06

Bonjour _
merci de votre lecture et de votre question, au moins perturbante par sa justesse...

Pour tout dire, je suis un citadin éhonté: il me faut la proximité d'un théâtre, de bibliothèques, de librairies, de musées, d'expositions photo ... même si dans ces domaines, je me limite parfois un peu trop à mes bonnes adresses, faute de temps.
Mais comme rien n'est jamais monolithique -- nous sommes tous tissés de contradictions plus ou moins assumées -- il m'est impensable (impossible, en fait) de vivre dans une ville où un peu de nature serait disons à plus de 30 mn de voiture ou de train, le jardin (collectif à l'immeuble) que j'ai sous les yeux ne saurait suffire à lui seul, même si la nature est bien plus présente qu'on ne le croit, jusque dans la ville: des martinets noirs viennent nicher tout près, sous les toits. Un merle squatte une ancienne buanderie pour nicher.

La ville m'est nécessaire, mais l'essentiel de mes équilibres se joue en dehors de la (fausse et trop souvent piètre et trop souvent misérable) mise en scène urbaine, du moins ce qu'il en est advenu où je vis. Lorsque je ne puis marcher en montagne, ou dans des vergers qui n'ont pas encore été arrachés, il me reste les rives du Rhin et quelques espaces de forêts rhénanes (pas ma tasse de thé, sauf en hiver). Vous avez bien perçu cette "urgence" de la Nature, mais en même temps, je ne sais que trop, pour le voir à chaque escapade, à quel point elle est façonnée toute de main d'homme, elle aussi. A moins de dépasser l'étage des alpages en Suisse ( environ 2500m), l'homme a radicalement modifié son environnement ... quant à la question de la nature, je ne m'y risque pas ici dans son acception philosophique.

Par ailleurs, si vous consultez "Il y a le chemin" , de nombreux textes proviennent directement d'une expérience de "l'urbanité" (il doit même y avoir ce terme -- "néologisant" dans l'emploi que j'en fais -- parmi les catégories du site) / sans parler de "Blancs", dont toute une strate est corrélée à des passages parisiens (à tous les sens de l'expression) ...

L'eau et le feu, oui, mais aussi la roche, la falaise, et la terre. En somme tout ce qui peut, en nous, ouvrir un "sentiment océanique" _ et laisser un peu de chant advenir là.

Je ne sais trop si je réponds à votre demande?
En fait, je n'ai pas pu deviner de quel recueil vous faisiez partir votre demande.
Quoi qu'il en soit, et pour finir de vous répondre par un sourire, je crois qu'il il faudrait pouvoir revenir à la radicale loufoquerie de Bouvard et Pécuchet, et "faire une ville à la campagne" ... (mais Flaubert se moquait un peu de ses deux sots personnages)