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Publié par Elise

Passage marquant - iShow

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Suite à la représentation du spectacle Ishow le mardi 31 mars 2015 par le collectif québécois " Les petites cellules chaudes" certains passages restent en tête, y compris celui décrit ici. En effet, dans la première partie du spectacle une scène est particulièrement marquante. Les 15 artistes présents sur scène et maniant à merveille les nouvelles technologies retracent grâce à  google earth et une simulation d'échanges de SMS un évènement dramatique survenu en Norvège. Le tout est projeté sur un grand écran au dessus de la scène, et les spectateurs peuvent entendre comme des coups de feu provenant du même lieu.

Quelques informations sur l'évènement en question : Il s'agit de l'attentat du 22 juillet 2011 contre le gouvernement norvégien perpétré par Anders Behring Breivik, un homme déguisé en policier et âgé de 32 ans. Il est tenu comme responsable de la fusillade sur l'île d'Utoya faisant 69 victimes, essentiellement des jeunes en camps d'été. Suivant la police plusieurs témoins s'étaient cachés dans les sous-bois et communiquaient par SMS.

Le collectif "Les petites cellules chaudes" nous fait vivre ce drame de l'intérieur. Le spectateur a le souffle coupé. Il assiste à un échange de messages entre Julie, une jeune fille en vacances et sa mère restée sur le continent. La tension est palpable dans le théâtre. La jeune fille est cachée et se demande si elle va pouvoir sortir vivante de cette situation. Sa mère, suivant sûrement les informations du gouvernement, lui donne des indications sur le tueur et la marche à suivre. Les spectateurs, tendus, fixent, sans oser bouger, les écrans, éspérant un nouveau message de Julie, une seule preuve de vie. Des coups de feu retentissent dans la salle. Les corps se crispent. La carte suit les déplacements de la jeune fille. On ne peut manquer de se mettre à sa place, et, comme elle, avoir peur et envoyer un message à sa famille pour lui dire qu'on l'aime. Des dizaines de paires d'yeux humides sont rivés vers la scène durant de longues minutes. Des coups de feu retentissent de nouveau. Les spectateurs sous pression sursautent. Enfin la tension diminue, Julie est saine et sauve et récupérée par la police selon ses messages. La salle, hors d'haleine, reprends son souffle et le spectacle continue.

Par le biais de cette mise en scène, le collectif québécois, s'il ne fait pas un éloge du téléphone portable, le place ici comme très utile, voir indispensable, puisqu'en effet, cet outil numérique a certainement sauvé la vie de plusieurs personnes durant ce genre de drame. De plus, ce groupe d'artistes a fait preuve d'ingéniosité en utilisant une carte virtuelle et des écrans pour représenter un évènement et le faire partager à un public durant un spectacle. Il a réalisé la prouesse de surprendre et de transmettre de fortes émotions à plusieurs dizaines de personnes, uniquement par de courts messages entre deux "écrans". Des formulations et des mots pertinents ainsi que du temps parfaitement maîtrisé ont réussi a enfouir une salle dans le suspens et dans l'angoisse.

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Brenda 09/04/2015 16:11

Il fallait vraiment qu'un article soit fait sur ce moment si particulier, et ça a été très bien fait, merci Elise !

Justine 09/04/2015 15:19

Tu as très bien su retranscrire ce que j'ai ressenti également lors de ce passage, cela m'avait touché : à en avoir le souffle coupé ...