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Publié par Léna Q

Présentation :

Moderato Cantabile est une œuvre de Marguerite Duras, parue aux Editions de Minuit en 1958. Ce roman raconte la vie d'un personnage pendant 10 jours. C’est l’histoire d’une femme, Anne Desbaresdes, appartenant à la classe bourgeoise. Mariée et un enfant, c’est ainsi qu’elle mène une vie monotone auprès d’un port qu’elle fréquente régulièrement. Cette dernière va assister à une scène troublante : le cri d’une femme provenant du café du port, pendant que son petit garçon prenait sa leçon de piano. Se rendant au café, pour tenter d’élucider le mystère, elle va apprendre qu’il s’agissait d’un meurtre. Le meurtre d’une femme, par son amant. Intriguée et pleine de stupéfaction, elle va en savoir davantage au café, et rencontrera un homme qu’elle aura pour habitude de fréquenter. Elle va commencer à s’y attacher et à éprouver du désir, envers cet individu appelé Chauvin. Ce dernier était un ancien employé de l'usine de son mari, patron des Fonderies. Celle-ci questionnera Chauvin qui lui livrera tout un tas de choses au sujet du meurtre. Son quotidien qui était jusqu’à présent vide et ennuyeux, va soudainement prendre un nouveau tournant.

 

Analyse d’Anne Desbaresdes :

Anne Desbaresdes est l’un des personnages principaux de ce livre, bien qu’elle ne soit que peu décrite physiquement. Cheveux blonds qui semblent toujours en désordre, Anne habite dans une grande maison face à la mer, mais se rend en ville pour que son fils puisse apprendre à jouer du piano. On apprend d’elle qu’elle vient de la société bourgeoise, son mari étant le directeur d’Import Export et des Fonderies. La vie d’Anne Desbaresdes se résume par une vie monotone, une vie remplie d’habitudes comme celles d’aller se promener autour du port, ou d’amener son fils chaque vendredi aux cours de piano. Elle semble porter un amour fou envers son fils, un amour maternel, qui peut aussi paraître comme une source de distraction. Elle l’aime tellement qu’elle en perd son autorité, ne sachant que faire pour que son fils apprécie les leçons de piano que lui donne Mme. Giraud. C’est un enfant obstiné, têtu, mais qui semble faire admirer sa mère, par une forme de courage qui se traduit en lui, celle d’assister à des cours qui ne lui plaisent pas et de tout de même résister. Elle admire son entêtement, s’amuse à le voir libre et voit que son enfant a une vie plus réelle que la sienne. C'est pourtant une femme intelligente, partagée entre sa vie clôturée en tant que bourgeoise et l’envie de vivre une aventure, qui ne jure que par le bonheur de son enfant.

Cependant, son arrivée au café va bousculer le rythme de sa vie, elle va y rencontrer un homme appelé Chauvin, avec qui elle va entretenir une relation particulière. Ces derniers auront pour habitude de se rejoindre régulièrement après les cours du piano du petit garçon, attablés dans ce café. Ils échangeront sur le crime commis au café, Anne posant des questions, Chauvin tentant d'y trouver une réponse. Tous deux émettent des hypothèses. Ce café sera donc la seule chose qui les unis puisque Anne Desbaresdes vient d’un monde bourgeois, et à l’inverse, Chauvin appartient à la société ouvrière. Chauvin va beaucoup parler d’Anne, il dit l’observer beaucoup mais décrit surtout sa maison, l’environnement dans lequel celle-ci vit. Cela montre le quotidien ennuyeux de Mme. Desbaresdes, elle ne sort pas souvent de chez elle, et se livre peu.  Ce livre oppose donc deux personnages différents, venant de deux mondes opposés mais dans un lieu qui les unit : le café. Lorsque Mme. Desbaresdes se rend au café pour discuter avec cet homme, elle laisse son fils jouer dehors. C’est à ce moment-là qu’on comprend que la vie de cette bourgeoise est en train de changer. Ses rendez-vous avec cet homme lui plaisent tellement qu’elle en oublie la présence de son fils.

Sa vie tout d’abord monotone, se transforme et devient une vie plus joyeuse. Au fil des rendez-vous que se donnent ces personnages, une affection particulière commence à se tisser entre eux. Les questions que pose Mme. Desbaresdes semblent apporter des réponses à sa stupéfaction. Elle apprendra que la femme ayant été assassinée, a en fait demandé à son amant de la tuer, par amour. Anne est prise à la fois par l'émotion et par le mystère que camoufle ce meurtre. Elle ne cherche pas à élucider le meurtre mais la passion amoureuse qu'il y avait entre ces deux amants. Pourquoi tuer la personne que l'on aime par amour ? Au cours du temps, plus ces deux personnages discutent, plus une affinité se créent entre eux. Ils finissent par s'aimer et devenir amants, comme si l'un et l'autre occupaient la place du meurtre passionnel des deux amants, où le désir charnel prend une place majeur dans leur histoire. Anne Desbaresdes, chaque fois au café, devient ivre de vin, où elle enchaînent les verres. Quelque chose d'inhabituel qui vient perturber sa routine. 

Ses questions à réponses incertaines ne lui suffisent plus, si bien qu'elle demande à Chauvin de prendre la place de ces deux amants, pour comprendre de quelle manière en sont-ils venus là. Anne s'est rendue compte qu'elle aimait profondément Chauvin et essaye de savoir, même s'ils se sont dit "amants", ce que celui-ci ressent pour elle. Leurs mains se caressent, leurs lèvres se touchent. Mais Chauvin met fin à tout cela. Ils finissent alors par reproduire symboliquement le même meurtre passionnel, mais par les mots.

En conclusion, j'ai beaucoup apprécié ce livre. Un livre plein de passion, d'intrigue et à la fois troublant. Troublant, oui, par la ressemblance des personnages : Anne qui se rapproche de la femme tuée, et Chauvin, du meurtrier. La vision du monde de cette héroïne était ennuyante, au point qu'elle voulut se révolter contre cet ennui incessant et son statut social qui l'obligeait constamment à être dans la retenue. Une révolte qui va lui aura fait redécouvrir l'amour, la fascination, le côté sensuel qu'elle avait refoulé de sa personnalité.

 

Création :

Couverture : pour le roman de Marguerie Duras, je lui aurais attribué cette couverture, qui selon moi, est plus explicite que l'originale. Les trois choses apparaissant sur la photo sont totalement représentatives de la personne qu'est Mme. Desbaresdes. Le piano est l'instrument joué par son enfant ; la rose représente l'amour, le désir qui se créent entre elle et Chauvin et enfin, le cadenas correspond à la vie fermée de cette bougeoise, une vie trop simple, comme emprisonnée dans sa propre routine, tel le désespoir de la monotonie. 

Sources : photo du piano sur lequel est posée une rose : http://fr.forwallpaper.com/ ; cadenas : photographie personnelle

Sources : photo du piano sur lequel est posée une rose : http://fr.forwallpaper.com/ ; cadenas : photographie personnelle

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