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Publié par Morgane

Inspiré par le monostiche 40 [ didascalie-ville 2] de Jean-Yves Fick

« Tout vibrionne la ville phosphorescence. »

 

 

   A mesure que la Terre se détache à regret du Soleil, une atmosphère singulière s'installe. Les cafés flamboient comme des guirlandes, les restaurants luisent doucement de leur ambiance feutrée, les affiches des cinémas se détachent sur fond sombre. Le jour s'éteint, stagne faiblement sur un horizon doré, cédant progressivement la place à l'obscurité, qui allume les lampadaires, les fenêtres aux maisons et des yeux aux voitures.

   La nuit rampe lentement, encore tapie dans les ruelles, déploie timidement son long manteau sombre, rase les murs, lèche le bitume, telle une vague de lumière bleue et d'ombres mauves. Avec elle vient le froid, léger, flottant dans l'air comme une odeur de crépuscule. Les silhouettes accrochées aux pas des piétons s'estompent, pâlissent, tentent de résister brièvement lorsqu'ils marchent dans les flaques lumineuses des lampadaires. Les talons claquent sur le bitume, de la musique envahit la rue, les fêtards braillent, les amis rient, les feuilles bruissent, les portières claquent, la ville respire, et son souffle gros et sourd accompagne la rumeur qui enfle, la clameur d'une nuit éveillée.

   Les secondes s'égrainent sans regret, comme de minuscules orbes vibrionnant, phosphorescents. Entre les bâtiments noyés de nuit, les rues apparaissent, tels des couloirs lumineux où grouillent des colonies de lucioles métalliques.

 

Inspiration - Jean-Yves Fick

source image (Jo Dasson)

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