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Publié par Justine

Apartés - Le jeu de l'amour et du hasard, II, 13

Acte II

Scène 13 

Silvia, Mario 

 

MARIO. Je viens te retrouver, ma soeur; nous t'avons laissé dans des inquiétudes qui me touchent ; je veux t'en tirer, écoute-moi.

SYLVIA, vivement. Ah vraiment, mon frère, il y a bien d'autres nouvelles ! 

MARIO. Qu'est-ce que c'est ? 

SYLVIA. Ce n'est point Bourguinon, mon frère, c'est Dorante.

MARIO, à part. Elle le découvre enfin ! Dommage, j'aurais apprécié que la mascarade dure encore pour que je puisse admirer et pourquoi pas jouer du quiproquo ! (Haut) Duquel parlez-vous donc ? 

SYLVIA. De lui, vous dis-je, je viens de l'apprendre tout à l'heure ; il sort, il me l'a dit lui-même.

MARIO, à part. Jouons le jeu, je veux savoir comment elle va s'en sortir. (Haut) Qui donc ?

SYLVIA.  Vous ne m'entendez donc pas ? 

MARIO. Si j'y comprends rien, je veux mourir.

SYLVIA, à elle-même. Profitons de son incompréhension et de sa surprise pour l'initier dans mon stratagème. (Haut) Venez, sortons d'ici, allons trouver mon père, il faut qu'il le sache ; j'aurai besoin de vous aussi, mon frère, il me vient de nouvelles idées, il faudra feindre de m'aimer, vous en avez déjà dit quelque chose en badinant ; mais surtout gardez bien le secret, je vous prie...

MARIO, à part. Mais pourquoi fait-elle cela ? Pourquoi ne pas plutôt en finir, tout se mêle. (Haut)  Oh je le garderai bien, car je ne sais ce que c'est.

SYLVIA. Allons, mon frère, venez, ne perdons point de temps ; il n'est jamais rien arrivé d'égal à cela ! 

MARIO, à part. Evidemment que jamais rien n'a existé de tel. Cette situation est incongrue ! (Haut)  Je prie le Ciel qu'elle n'extravague pas.

 

 

 

Apartés - Le jeu de l'amour et du hasard, II, 13

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