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Publié par Morgane

Un roman à voir/Lecture cursive - Le Père Goriot (2)

Attention, spoiler :

si vous ne connaissez pas la fin du roman Gatsby le Magnifique

et que vous ne souhaitez pas vous la voir dévoilée...

...et bien empressez-vous donc de lire le livre avant de lire cet article ! ;)

 

Un autre élément du Père Goriot m'a fait penser à Gatsby le Magnifique. Il s'agit de la mort du père Goriot, qui fait presque écho à celle du héros de Fitzgerald.

En effet, le personnage de Balzac meurt seul, délaissé et ruiné par ses filles dont l'hypocrisie éclate au grand jours. La seule personne présente à son enterrement lui étant restée fidèle jusqu'au bout est Rastignac. Jusque là encore un peu naïf, la mort de celui qui était pour lui une figure paternelle vient comme achever son parcours initiatique : avec le père Goriot, c'est l'innocence, la naïveté et les illusions de Rastignac qui disparaissent. Cette aventure semble l'avoir grandi, vielli même, peut-être lui a-t-elle également apporté un certain cynisme.

 

Gatsby reposant seul, uniquement veillé par Nick Carraway, endormi sur les marches de marbres...

Gatsby reposant seul, uniquement veillé par Nick Carraway, endormi sur les marches de marbres...

Dans le roman de F. S. Fitzgerald, Jay Gatsby meurt également seul.

Cet homme, qui remplissait sans cesse son immense et magnifique demeure de centaines de convives s'amusant et buvant à ses frais, est finalement abandonné par tous. Abandonné par ces convives encore repus de paillettes, de son champagne et de ses feux d'artifice, abandonné par ses prétendus amis, abandonné par Daisy même, celle pour qui il faisait tout. Seuls son père, ainsi que son voisin et ami, Nick Carraway, narrateur de cette histoire, lui restent fidèles jusqu'au bout.

Nick, comparable à Rastignac, sort de cette histoire écoeuré par New York et son hypocrisie latente, trop vive, trop impitoyable. Le regard qu'il porte sur ses congénères se fait cynique, sévère, las. Seulement, contrairement à Rastignac, Nick préfère fuir cette société perfide et clinquante, ces soirées endiablées et étourdissantes dont il avait tant rêvé, et qui maintnenant lui donnent la nausée, ses rêves scintillants s'évouissant comme des chimères, avec la conviction que Jay Gatsby fut le seul homme pur et bon qu'il rencontra à New York...

 

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