Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Logan

Interview - Eugène de Rastignac

Rencontre avec un jeune loup

aux dents longues

 

Eugène de Rastignac est un jeune homme originaire d'Angoulême. Etudiant en droit, il montre des signes d'ambitions étonnants et s'est démarqué par sa faculté à grimper les échelons de la société d'une rapidité flamboyante. Rencontre avec un jeune loup aux dents longues.

 

Quels changements rencontrez -vous entre Paris et Angoulême ? Y en a t-il ?

Oui il y en a bien sûr, je pense que ce sont deux mondes différents ! A Paris, tu vis dans un dessein ambitieux et curieux. Angoulême ne présente aucun côté... distractif. On s'y ennuie, on n'y trouve pas vraiment de quoi effleurer ne serait-ce qu'une bourgeoisie un minimum respectable...

 

D'où ce choix de monter sur Paris...

Oui c'est cela. Je viens d'un milieu... assez maigre, pour ne pas dire miséreux ni même pauvre. J’éprouve beaucoup d'adoration pour ma famille, vraiment, en particulier pour ma tendre mère et ma sœur, qui me soutiennent assez aveuglément dans mon aventure. Et cela n'a pas été très facile de partir, de se retrouver dans une ville qu'on sait dangereuse et avide de jeunes hommes comme moi, mais heureusement pour moi il y avait ma cousine...

 

Justement, quel rôle a joué votre cousine, la vicomtesse de Beauséant, dans votre ascension sociale ?

Je dois dire que sans elle, je serai probablement toujours à Angoulême à m'acquitter de tâches ingrates et miteuses ! (Eugène rigole ndlr). Plus sérieusement c'est vraiment elle qui m'a permis de découvrir Paris, elle m'a introduit dans le grand monde comme ça, presque d'un claquement de doigt souple et infaillible. Avoir une cousine aristocrate aide beaucoup oui, j'ai pu rencontrer son mari, le vicomte de Beauséant, un homme fort sympathique avec qui j'ai pu dialogué aisément.

 

Etes-vous au courant des histoires sentimentales de votre cousine ? Si oui, pouvez-vous nous en dire plus ?

Cela m’embête de vous confesser que je ne pense pas être plus au courant que vous. Non, je n'en sais vraiment que très peu, je ne vous apprendrai rien en vous disant que le marquis d'Ajuda-Pinto voit une autre dame, mademoiselle de Rocquefer... Rochefer.. son nom me sort de l'esprit, il s'en échappe et j'en suis désolé, j’espère que vous en saurez plus.

 

Nous lui consacrions une interview tout entière la semaine dernière, Delphine de Nucingen nous avait livré qu'il était possible que vous emménagiez ensemble... Qu'en est-il actuellement ?

C'est fait ! Oui c'est fait. C'est son bien-aimé père qui nous l'a préparé. Personnellement, je n'étais vraiment au courant de rien ! J'étais ravi, ravi de pouvoir passer plus de temps à me consacrer à ma chère et tendre Delphine, et ravi de quitter cette Pension !

 

Alors justement, vous viviez dans une pension, dans la rue Sainte-Jeune-Geneviève, pouvez vous nous en dire plus à propos de celle-ci ?

Il faut savoir que je ne regrette en rien mon passage dans cette pension, gérée par la veuve Vauquer. Je peux vous dire qu'une certaine saleté y résidait en tant que compagnon de vie ! (il glousse modestement ndlr). Nous ne vivions pas dans la richesse, et quand je revenais des grands salon de ma chère cousine il est vrai qu'il me fallait un certain temps de réadaptation !

 

S'est elle présentée comme un frein à votre ambition ?

Oui et non . Il faut préciser que cette pension se trouve dans un des coins les plus mal famés de Paris, le genre d'endroit où réside d'abord la peste avant l'homme. Lors des bals, je ne scandais évidemment pas mon statut de pensionnaire à la Maison Vauquer, quelles richesses aurai-je pu y trouver par la suite ? Cela dit j'y ai rencontré de tous types d'individus, me présentant des facettes de Paris insoupçonnées. J'y ai rencontré le Père Goriot évidemment, qui m'a été d'une présence amicale et chaleureuse, l'une des rares personnes à qui se confier semblait se faire dans une confiance des plus sincères.

 

Est il vrai que Trompe-La-Mort y résidait ? Avec vous ?

Oui. Nous n'étions évidemment pas au courant. Il y résidait sous l'identité de Vautrin, un homme morbide et cynique, qui ne m'a jamais plu d’ailleurs. Malheureusement sa vision de Paris n’était pas tout à fait incorrecte, il avait raison sur certains points... C’était un homme à la vie assez triste, ce qui lui ait arrivé (son arrestation ndlr) est tout à fait légitime, c’était un homme d'une brutalité peu conciliante.

 

Eugène, avez vous un mot à faire passer aux jeunes hommes, qui comme vous souhaiteraient réussir ?

Un mot ne suffirait malheureusement pas. Je leur dirai de profiter des liaisons faites avec les femmes de classe supérieure. Car ce sont elles, les femmes, qui ont le pouvoir, qui possèdent le grand monde et qui le modifient à leur volonté. N’espérez pas vous y introduire par le biais d'un homme. Ce sont elles qui dirigent et organisent les bals, et les bals sont des moteurs importants d'ascension sociale. Ne vous arrêtez jamais, comme je le dis souvent : « Quand on s’attaque à quelque chose dans le ciel, il faut viser Dieu », s'il vous faut remettre en question votre ambition, ce n'est alors que pour la renforcer et la multiplier. 

 

source-image

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article