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Publié par Logan

   Bonjour, ou Bonsoir je ne sais trop. Je réside dans mon lit, gisant comme une loche, la notion du temps m'est devenue un peu abstraite je m'en excuse. Alors Dieu, peut-être avez vous des affaires bien plus importantes, mais je m'en remets à vous aujourd'hui. Je suis fatigué, Dieu, fatigué de tout. Je me meurs, et je me rends compte de mon piteux état... État mental d'abord, je vois Eugène de temps en temps, mes filles viennent un peu moins, et quand elles viennent elles trouvent toujours le moyen d'en extirper le charme et la tranquillité de la rencontre. Je les aime pourtant, mes filles, comme un dingue, oui un dingue, je suis un homme complètement fêlé, obsédé par deux créatures qui ont probablement ou sûrement d'autres priorités sentimentales que la mort de leur bon vieux père... Ou devrais-je dire banquier ! Oui parce que moi, dans l'histoire, je peux être légitimement source de railleries, je suis un pigeon, le genre de pigeon qu'on attrape au vol avec trois doigts sans avoir eu à en échauffer le bout ! Pourquoi m'en rendre compte maintenant ? Pourquoi est-ce que c'est quand je me sens baigner dans la folie la plus totale que je me rends compte du monde, tel qu'il l'est vraiment. Ce monde, qui d'ailleurs, ne se gêne pas pour m'humilier dans mon dos, saleté de monde va ! De toute manière, ce monde, cette société infâme, pourrie (je crois bien que les mots justes me manquent), je la quitte... Mon départ, n'est plus qu'à quelques jours, quelques heures peut-être à partir de maintenant. Ce que je vous dis, ce que je vous livre dans cette lettre, je ne saurais si la force d'assumer mes pensées daignera m'accompagner lorsque je partirai vraiment et lorsque mes filles me seront présentes (pas sûr qu'elle le soient!). C'est que... Je n'aurais pas envie de les froisser, je te l'ai dit, Dieu, je les aime plus que tout, l'amour d'un père n'a pas de limite, ou alors je suis un père bien trop différent... Je m'assoupis, mon bon Dieu, je termine donc ma lettre ici, j'ai grande hâte de venir te voir...

Confession - Le Père Goriot
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