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Publié par johan

Variante - Louise Labé : Sonnet 21

Sonnet original

 

Quelle grandeur rend l'homme vénérable ?

Quelle grosseur ? quel poil ? quelle couleur ?

Qui est des yeux le plus emmielleur ?

Qui fait plus tôt une plaie incurable ?

 

Quel chant est plus à l'homme convenable ?

 

Qui plus pénètre en chantant sa douleur ?

Qui un doux luth fait encore meilleur ?

Quel naturel est le plus amiable ?

                                    

 Je ne voudrais le dire assurément,

 Ayant Amour forcé mon jugement ;

 Mais je sais bien, et de tant je m'assure,

                                        

 Que tout le beau que l'on pourrait choisir,

  et que tout l'art qui aide la Nature,

  Ne me sauraient accroître mon désir.

           

  Variante

                                       

Quelle grandeur rend l'homme détestable ?

Quelle grosseur ? quels cheveux et couleur ?

Qui est des yeux le plus emmielleur ?

Qui marque au fer cette plaie incurable ?

 

Quel chant est le plus à l'homme convenable ? 

Qui plus pénètre en criant sa douleur ?

Qui un doux luth fait encore meilleur ?

Quel naturel est le plus amiable ?

  

Je ne voudrais savoir assurément,

Ayant Amour forcé mon jugement ;

Mais je sais bien, et de tant je m'assure,

 

Que tout le beau que l'on pourrait choisir,

et que tout l'art qui aide la Nature,

Aideraient seulement à mon plaisir   

 

 

« vénérable »                                                               « détestable »

Sens 1 : Peut-être L. Labé a choisit de remplacer le mot détestable par vénérable dans le but de présenter l'homme sous une carapace de sagesse, intouchable, imprenable et indomptable.

Sens 2 : Ce poème est une quête du désir masculin qui se solde par un échec, l'homme n'est plus vénérable mais détestable

 

« poil »                                                                        « cheveu »

Sens 1 : Peut-être L. Labé à remplacé le mot « cheveu », référent directement à l'homme qu'elle aime par le mot « poil », faisant ici référence aux hommes en général.

Sens 2 :  Ce « poil » renvoie aux poils de l'homme dont parle Louise dans ces poèmes, qui connote sûrement sa chevelure.

 

« fait plus tôt une »                                                     « marque au fer cette »

Sens 1 :  Le passage « marqué au fer » aurait pu être remplacé  par « fait plutôt une » car elle ne fut jamais aussi vite déçue que par les hommes , elle considère que l'homme est l'être qui déçoit le plus vite.

Sens 2 : Elle parle de l'homme qu'elle aime, qui lui a brisé le cœur, qui lui a infligé cette « plaie incurable »

 

« chantant »                                                                 « criant »      

Sens 1 :  C'est dans le but de donner une dimension moqueuse a l'action que L. Labé a pu changer le verbe crier par le verbe chanter.

Sens 2 : Peut-être son bien aimé est rongé par un mal, un mal dont il lui fait part. Une action belle par sa confiance, le verbe crier accentuerait l'impression de douleur que ressent le bien aimé de L. Labé.

 

« le dire »                                                                    « savoir »

Sens 1 : Elle réécrit ce passage dans le but de faire comprendre qu'elle ne veut pas abandonner, elle ne veut pas croire que son désir ne puisse s'accroître d'avantage.

Sens 2 : L.Labé ne veut pas savoir que le meilleur du monde ne pourrait que lui faire plaisir.

 

« ne me sauraient accroître mon désir »                     « aideraient seulement à mon plaisir »

Sens 1 : Elle fait passer un message : elle remplace « faire plaisir » par « mon désir », ce qui lui ferait plaisir serait d'accroître son désir.

 

Sens 2 : La beauté, l'art et la Nature ne la rendent plus heureuse, les choses matérielles sont à ses yeux artificielles

 

 

Variante - Louise Labé : Sonnet 21
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Cochonfucius 05/05/2015 15:30

— Quel trait veux-tu, licorne vénérable ?
Quelle grosseur ? Quel bois ? Quelle couleur ?
Choisis la flèche, animal de valeur,
Par où viendra ton amour incurable.

— Quel trait, dis-tu ? Nul ne m’est convenable !
Je sais qu’amour est source de douleur,
Je sais qu’on peut échapper au malheur
En n’ayant point de compagnon d’étable.

— C’est une erreur, licorne, assurément,
Contre l’amour de porter jugement :
Il appartient aux lois de la Nature.

— Si j’existais, sans doute ce désir
S’imposerait, ne me laissant choisir ;
Il n’en est rien ! Je suis illusion pure.

Thomas 27/03/2015 22:44

Frais le p'tit sonnet!