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Publié par Morgane

Second texte poétique inspiré par une toile de monsieur Monory.

Partir, de Jacques Monory (1967)

Partir, de Jacques Monory (1967)

Le tunnel dans les yeux de l'enfant. Et la lueur au bout, oscillante. Les yeux-tunnels frangés de cils de mer. Et ce regard, ce regard franc qui alpague le mien comme une vague. Les ombres qui dansent sur le petit visage pâle, les petites mèches bleues qui volettent, caressent les joues, retombent sur le front blême et sincère, sur ce regard décidé. Les petites boucles courtes qui dansent dans le vent, dans les grandes bourasques glacées et salées, s'engouffrant dans les tunnels sans faire chavirer la petite flamme au bout, ce petit éclat fragile et ténu comme une promesse.

Partir. L'enfant se trouve face à la mer. La mer qui se noie dans ses pupilles et ces pupilles qui embrassent l'océan avant de l'embraser. Il y a deux mers. Il y a la mer grise et brute, aux mille relfets de mauve, au jabot d'écume se ramifiant comme des veines et des racines. Les racines de l'océan, ces racines de vivre, ondulent comme des cheveux longs et parfumés sur l'onde bleue grise et engouffrée. La vague creuse un gouffre sombre parcouru du labyrinthe spumescent, ce réseau qui grossit et s'étend sans fin vers le rivage, poussé par une frénésie translucide. La vague, projetant ces rets entrelacés d'écume, dessine comme une bouche à cet enfant silencieux, des lèvres pleines pour dire ce que le regard dit et qui est muet sans être tu.   Et il y a la mer bleue, si bleue d'espoir et de vie, si resplendissante, la mer bleue où coulent et s'évanouissent les fils d'écume. Cette vague explose en cristaux de sel, en gerbes immenses, blanches et éclatantes, en un grondement chaud de cette eau froide, chuchotant dans un grand chahut plein d'une puissance libérée, d'une force nouvelle sur laquelle souffle le vent iodé de la liberté et de l'évasion. Le scintillement du soleil sur les cristaux de mer pulse avec une douce force au fond des yeux de l'enfant.

Partir. Mais personne n'a dit à l'enfant que l'horizon qui traverse les deux mers, l'horizon fait comme un horion à l'âme qu'il ébranle d'un soubresaut.

Personne n'a dit à l'enfant que l'horizon est basculé de travers.

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