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Publié par Morgane

En ce moment et jusqu'au 17 mai, le Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la Culture accueille des œuvres du peintre Jacques Monory au Centre d'art Les Capucins, à Landerneau. Je suis allée voir cette exposition magnifique et ai décidé de m'inspirer de certaines de ces œuvres pour écrire des textes poétiques.

Le premier est inspiré du tableau La Voleuse n°10.

Je vous invite fortement à aller visiter cette exposition surprenante, à aller à la rencontre d'un peintre qui ne vous laissera pas insensibles, avec ses grands monochromes chatoyants, ses rêves bleus ou "technicolorés", les pas de ses tigres majestueux et azurés, ses jeux de miroirs fendus par des impacts meurtriers, ses toiles éclatées et éclatantes, qui nous entrainent dans le vertige "thrillerés" de polars, dans le suspens des films noirs dont il s'inspire. Les titres des séries exposées donnent le ton : des Meurtres, une Death Valley, des Opéras glacés, des Images incurables, des Technicolor, un Roman Photo, une Voleuse...

Vous ne le regretterez pas !

(En plus, l'entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les étudiants et les enseignants, alors vous n'avez plus aucune excuse !  ;))

La Voleuse n°10, de Jacques Monory, série La Voleuse (1986)

La Voleuse n°10, de Jacques Monory, série La Voleuse (1986)

Et sur les ponts entrelacés, nous dansions la petite fille et moi.

 

Nos pieds frôlaient à peine les croisions de métal, flous, comme fondus, cependant que nos ombres graciles ne les touchaient même pas. Nous dansions là, sous les dernières gouttes longues et sombres d'une ancienne averse bleue que déjà le vent ivre projetait plus loin. Les rampes de métal, les rails des montagnes russes, les piliers et les gardes-fous, tout ondulait et se fondait dans un tourbillon enivrant de chassé-croisé. La rampe jaillissant sans fin se tordait et ondoyait jusque vers l'infini. La vitesse ennuageait les wagonnets et l'air fin, mais nous restions immobiles, dansant.

 

Je soulevais la petite fille, ma petite voleuse, sa robe blanche faisait comme un doux froufrou frais, semblable à son éclat de rire tintant dans l'air, ondulant au rythme de ses cheveux, ses longues boucles douces. Ma petite voleuse si légère – mais qu'avait-elle volé, si ce n'était l'évanescence des étincelles ? –, séparée de moi par un seul long et fin petit fil de ténèbres. Je la soulevais dans un élan azuré et radieux, comme un précieux présent volatil à l'empyrée.

 

Derrière nous traversait une interminable ligne de lampions, et chaque luciole, chaque bluette, pulsait au son de son rire, parant sa robe et les rubans de ses cheveux d'un éclat plus blanc que blanc, fantomatique et nacré, innocent. Sous la pâle lumière des lampions, pourtant éclatante dans le ciel clair et délavé, nous dansions sans fin, grisés par le bleu, tandis que défilaient dans un grand maelström doux, tourbillonnaire et tournoyant, les stations floues de la réalité que nous avions abandonnée.

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Source image tableau : © Jacques Monory 2005 (merci à Jacques Monory pour l'autorisation)

Source image détails : photographies personnelles

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Elise 18/03/2015 22:09

super article !! J'aime beaucoup ton texte, ça donne envie d'aller faire un tour à landerneau :)