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Publié par Morgane

En lisant le poème « tu dis (7) » de Michel Brosseau, j'ai immédiatement pensé à un roman que j'ai lu il y a de cela un petit moment. Il s'agit de  Un endroit où se cacher, de Joyces Carol Oates.

 

 

Quatrième de couverture

Avant, j'étais une fille normale, j'avais une vie normale.

Après, il y a eu l'accident.

En me réveillant, j'ai tout vu en bleu. J'étais dans le coton. Un monde douillet et bleu. Mais maintenant, le bleu s'efface, le douillet s'envole.

Et je suis seule à nouveau. En colère.

Contre moi. Contre l'univers tout entier.

Je cherche un endroit où me cacher.

 

Résumé :

Jenna a 15 ans. Et elle se réveille un jour à l'hôpital après un terrible accident de voiture qui a coûté la vie à sa mère. En conflit avec son père, qui a quitté le domicile familial pour une autre famille depuis longtemps, elle refuse de s'installer chez lui et emménage chez sa tante Caroline. Commence alors pour l'adolescente brisée et en colère une lente reconstruction qui passera par de dangereux chemins...

 

Justification :

 

tu dis : « Le blues, ça t’apprend à te méfier du matin, parce que c’est toujours quand tu te lèves que se révèlent les absences. »
[...]
tu dis : « La première fois que j’ai pu traverser un pont les yeux ouverts, je me suis pas dit victoire ou libération ou je ne sais quoi du même acabit : juste que le deuil commençait pour celui qu’était resté à l’autre bout. »
tu dis : « C’est souvent dans l’encadrement d’une porte que j’aperçois mes morts. »

[ tu dis (7) - Michel Brosseau ]

 

   J'ai choisi de mettre ce poème en relation avec ce roman car il m'a aussitôt fait penser au moment où Jenna est confrontée à une angoisse terrible à l'idée de traverser de nouveau un pont, même mineur :

« Pas de train, le pont ne s'effondre pas, et soudain nous voici parvenus, sains et saufs, sur l'autre rive.
J'ai traversé la passerelle ! J'ai le tournis, je me sens grisée.
Tout à coup, ça me submerge : à présent, je peux tout faire. »

(page 291)

   J'ai également songé à deux phrases qui résumaient à elles seules la façon dont Jenna voit la vie après le drame qui la frappe :

« Avant l'accident, c'était ma vie d'avant, ma vie perdue.
Après l'accident, c'était de l'autre côté du pont. »

(page 21)

   De plus, le mot "blues" m'a renvoyé à la couleur bleue, qui est celle de la couverture. C'est également ainsi que Jenna désigne l'état de paix dans lequel elle se trouve grâce à des médicaments anti-douleur, pendant son séjour à l'hôpital. "Dans le bleu" est le lieu où elle peut tout oublier, où elle peut rester avec sa mère, où il n'y a pas de réveil douloureux.

 

 

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Michel Brosseau (sur Twitter) 15/01/2015 19:20

merci !

Justine 15/01/2015 19:08

Belle association qui donne envie de lire les poèmes de M. Brosseau ainsi que ce livre :)

Morgane 15/01/2015 19:14

Merci ! Ah ah, alors mon objectif est atteint ! ;)