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Publié par Elisa

Voltaire / Rousseau 11 - Tea time

 

 

 

EXTRAITS D'UN DIALOGUE THEATRAL
ENTRE VOLTAIRE ET ROUSSEAU
A LA MANIERE DE JEAN-FRANCOIS PREVAND

 

 

 

ROUSSEAU : Je ne veux surtout pas paraître indiscret, mais dites moi, Monsieur.. Que faites vous donc pour vous occuper en ces jours de froid et de pluie... ?

 

VOLTAIRE (la tête haute, les jambes croisées) : Et bien, mon ami, j'écris. Encore et encore. Je m'inspire de toutes ces choses autour de moi, du monde qui progresse encore... et encore. J'écris des textes, des livres, je réponds aux nombreuses lettres que je reçois chaque jour. Le plaisir d'écrire, une chose que vous connaissez, n'est ce pas ?...

 

(Voltaire semble fier de sa réponse, il regarde désormais Rousseau d'un tout autre air, un sourire au coin des lèvres)

 

ROUSSEAU : Le plaisir d'écrire... Le plaisir d'écrire oui ...

 

(...)

 

(Plus un mot. Les deux hommes s'observent, le silence devient gênant. Une femme frappe et entre, dépose deux tasses sur la petite table ronde et dorée qui sépare les deux grands hommes. Elle verse du thé, sans un mot et s'en va.)

 

VOLTAIRE : Et vous très cher, dites moi donc, que faites vous d'intéressant ces jours-ci ?.. Un philosophe reconnu comme vous doit être... très occupé ?

 

ROUSSEAU : Et bien, Monsieur, j'écris, voyons, le plaisir d'écrire comme vous le dites si bien !... Je me balade en journée, je découvre des lieux inédits chaque jour, des lieux magiques entièrement naturels qui entourent notre... belle société comme vous dites, et le soir je me livre à l'écriture, je résume mes journées, je songe, je rêve et je réfléchis. Les hommes semblent aimer la réflexion, les choses simples, les choses qui rendent heureux. J'en reviens au bonheur, Monsieur. J'écris le bonheur, mon bonheur, je leur raconte tout dans les moindre détails.

 

(Voltaire attrape alors sa tasse de thé, boit une gorgé, la repose, décroise les jambes, les recroise. Rousseau suit le mouvement, prend sa tasse, avale une gorgée, puis deux.)

 

VOLTAIRE : Et bien, dites moi, c'est une vie passionnante que vous me semblez avoir. Je vous envie ! Par ce froid, et vu l'état de ma santé, je ne peux faire comme vous. Il m'est impossible de me balader dans des milieux sauvages, je risquerais d'attraper froid et de finir mouillé. Mieux vaut pour moi rester dans ma demeure, dans la chaleur ! Avec cette gentille femme à mes services, la vie me paraît douce, je reçoit ainsi des hommes comme vous de temps en temps, cela me fait vraiment chaud au cœur... J'occupe mes journées, je découvre chaque jour de nouvelles choses, de plus en plus impressionantes. Monsieur, ma demeure est un luxe dont je ne me lasse pas.

 

(Les deux hommes, tasse à la main, semblent avoir fini leur thé. Silence. On entend le vent taper contre les carreaux)

 

(...)

 

Voltaire / Rousseau 11 - Tea time
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