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Publié par Thomas

Fait divers - Un marin porté disparu !

UN MARIN PORTE DISPARU !

 

ENQUETE SUR  UN MYSTERE

 

5 Mai 1844 - Saint-Gilles-Croix-de-vie - Vendée 

Porté disparu en mer : 6 mois après, aucun signe de vie 

Nous nous sommes rendus très tôt dans la matinéé à Saint-Gilles-Croix-de-vie, en Vendée, dans le village natal de Narcisse Pelletier, un matelot âgé de 18 ans qui s'était embarqué 6 mois auparavant à bord de la goélette Saint-Paul et qui n'en est jamais revenu. Les obsèques du marin étaient donc célébrées dans la petite chapelle Saint-Jean, près de la côte. Comme beaucoup de marins perdus en mer, une cérémonie en honneur du matelot fut mise en place, et elle était d'autant plus poignante et impressionante par l'absence du cercueil. La famille de Narcisse Pelletier, ainsi que ses amis, et l'équipage assistaient à la cérémonie. La cérémonie s'est déroulée très sobrement, une messe a été chantée pour célébrer la disparition de Narcisse.

Fait divers - Un marin porté disparu !

La goêlette Saint-Paul

(source image)

 

 

Nous avons donc recueilli des témoignages de différents protagonistes afin d'éclairicir cette disparition qui nous semble mystérieuse. 

Nous avons dans un premier lieu interrogé la mère de l'adolescent :" Narcisse n'était pas comme son père, il était différent, curieux et avait le goût de l'évasion. Enfant déjà, il voulait partir en mer, voyager. Son père a refusé qu'il s'embarque à 14 ans, mais il n'a pas pu le retenir longtemps. Quelques mois après, Narcisse s'est pour la première fois engagé en tant que mousse à l'âge de 15 ans. Depuis ce jour là, nous ne voyions notre fils que rarement. Lorsque j'ai appris sa disparition lors d'une expédition au milieu de l'Océan Indien il y a 6 mois, je n'ai tout d'abord pas compris, puis j'ai été frappé de tristesse. Mais je gardais au fond de l'espoir de revoir mon fils un jour. Aujourd'hui, il n'y en a plus. "

Selon les premiers éléments de l'enquête, il semblerait que la famille de Narcisse n'ait pratiquement pas été informée de la cause de la disparition. 

"Nous savons seulement qu'il est porté disparu depuis 6 mois" nous confie Lucien, le frère de Pelletier. 

 

Narcisse Pelletier avant son départ pour l'Australie

(source image)

 

Intrigués par cet étrange silence, nous avons décidé d'aller plus loin dans  notre enquête et d'interpeller des membres de l'équipage présents à bord de la goélette Saint-Paul. 

" Nous avions de nombreux malades à bord, nous raconte le capitaine du navire, et l'eau nous manquait. Nous avons perdu en très peu de temps deux hommes, un Breton du Guilvinec et un mousse natif de Quimper. J'étais complètement désemparé, je ne savais plus quoi faire, le nombre de malades grandissait au fil des jours, et le temps n'était pas en notre faveur. Nous nous trouvions alors très au large des côtes Ouest d'Australie, dans le golfe de Carpentarie. L'état des malades empirait, nous avons alors décidé alors de faire route plein sud, découvrant trois jours plus tard une baie accueillante. Attirés par cette terre et dans l'obligation de faire halte pour trouver de l'eau, nous avons mis la chaloupe à la mer. Il me semble que Pelletier faisait partie de l'expédition sur l'île, nous confie le capitaine. Mes souvenirs ne sont plus clairs, j'avais de la fièvre à ce moment-là, mais il ne serait alors pas revenu lors du coup de fusil, synonyme d'appareillage. Nous avons lancé des recherches pendant plusieurs jours avant de comprendre que c'était vain."

En consultant le registre de bord de la goélette Saint-Paul, nous avons pu vérifier qu'il y avait eu plusieurs malades et blessés à bord et que l'eau manquait cruellement. Mais les propos du capitaine en ce qui concerne la disparition de Pelletier restent vagues, voire étranges. Le témoignage qui suit maintient fortement un doute. 

"J'étais avec Narcisse lors de l'expédition, témoigne Yvon, quartier-maître à bord du Saint-Paul, nous avons mis la chaloupe à la mer nous nous sommes rendus dans la baie, en quête d'eau pour les malades. Arrivés à terre, Narcisse a décidé de s'aventurer seul dans les profondeurs de la jungle, à la recherche de nourriture. Peu de temps après, le capitaine nous fit subitement signe de regagner le bateau. Narcisse n'étant pas revenu de son excursion, nous ne voulions pas mettre la chaloupe à la mer, mais le capitaine insista, nous explique discrètement le quartier maître. Maître à bord, il nous a ordonné de partir, la marée n'étant pas favorable et une barrière de corail s'étant révélée. La situation devenait alors dangereuse et pouvait mettre en péril tout l'équipage, nous étions alors dans l'obligation de lever l'ancre au plus vite".

Cette déclaration faite par le quartier maître de l'équipage nous incite à penser à un abandon délibéré car les témoignages entre le capitaine et l'équipage sont différents. Le doute subsiste cependant 
et notre enquête va se poursuivre. 

 

La gazette de Saint-Gilles 

 

Le port de Saint-Gilles-Croix de vie en 1870

(source image)

 

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Commenter cet article

MLB 06/11/2014 21:16

Oui, très réussi : précis dans le fond et soigné dans la forme ! Bravo Thomas !

Elise 29/10/2014 20:18

Oui c'est vrai et avec du style ! :)

Justine 28/10/2014 21:54

Ton article est très bien écrit, rien à dire ! :)