Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Publié par i-voix

i-voix aux mains d'argent - Florilège 14 2013-2014

 

Effraction, immersion, contraction, dilatation, substitution : tout au long de l'année, les lycéens d'i-voix ont aimé couper-coller-insérer-remplacer... dans des oeuvres variées.

 

A la manière des cut-up de William Burroughs, des cadavres exquis surréalistes, des centons oulipiens, des MashUp vidéos, ils explorent ainsi, à l'ère du numérique, une façon originale de s'approprier des textes littéraires et d'en créer de nouveaux. Cette activité, ludique et pédagogique, permet de comprendre de l'intérieur l'univers d'un auteur, de faire résonner en soi ses mots, de partager les sensibilités et les imaginaires, de travailler la langue, de faire jaillir de soi des éclats de poésie. Alors peut-être la littérature retrouve son pouvoir de vibration et de façonnement.

 

Saurez-vous reconnaître les oeuvres qu'ils ont ainsi goulûment dépecées, chirurgicalement charcutées, poétiquement électrocutées ?

 

http://storage.canalblog.com/42/29/81024/5550697.jpg

Tim Burton - Edward aux mains d'argent

Image originelle : Tim Burton - Edward aux mains d'argent

 

 

 

Seule, j'entends mieux

le métronome du coeur

dans la quiétude du vieux jardin

une tache dans la verdure 

 la blanche neige

l'hiver est magicien

il est un peu comme moi

il n'est pas vraiment là

je le sens déjà qui souffle

la brise sur mon visage

en attendant qu'il surgisse

il m'envoie un baiser

 

http://www.enigmatum.com/Enigmatum/Images/images/visage.jpg

source

 

(Evane)

 

 

Nous marchons sur place, nous suivons la route. Nous glissons en plein vol, s'efface le silence et s'installe la page blanche.

 

(Clémentine)

 

 

 

vissée vers toi ses vices et ses airs

morte comme vivante

pour preuve de l'infini qu'offrent les rêves

C'est-à-dire que ton rire rit en moi

que tes pleurs pleurent en moi

qu'il a plu d'un ciel sans nuage

la douleur est ce doux leurre

le coeur me pique bout de la langue

ce sera le dernier de tes soupirs

de la terre jusqu'au ciel.

 

Contraction - Laurence Bouvet

 

Sentir sans cesse dans le chuchotement des feuilles savoir qui meurt au moindre déplacement. 

 

(Sahra)

 

 

 

L'enfant troue le sable

Les hommes fendent des poissons

Des oranges poussent dans l'assiette pièce par pièce

 

(Marie)

 

 

 

 

Manger la neige du corps

avec des feuilles et des ronces

les yeux se noyant

pour que rien ne s'effondre

Mordre la langue

le tout jusqu'au silence

de crainte qu'elle ne pousse

jusqu'à la lumière d'ortie

 

(Nicolas)

 

 

 

 

L'hiver s'annonce tôt cette année

Souffle par souffle

Enfile la neige rouillée sur des pics

 

(Clémentine)

 

 

Un buvard

Pas mal gâteux déjà lorsque je le connus

Vers le web et sans mal 

Qui d'ailleurs était faux 

Une image vibrant des parfums de passé 

De maternelle

Sous trois couches du temps 

Placée sur mon bureau  la lampe est à ma droite 

Son nom fut la cause du mien

 

Contraction - Jacques Roubaud

 

Et tandis que je bois à long traits 

Ils vous crèvent, ils vous rincent, ils vous dégorgent dans l'ombre

Je viens à me regarder dans l'eau puisée

Et j'appellerai terre ce coeur qui me terrasse et sur lequel ils triomphent, je suis terre, limons et poussières.

Je me réduis chrysalide.

 

(Lucie)

 

 

 

 

Dans l'oeil    les taches de fiente

occupent un autre gouffre

 

Au bord    la peur tombe

dans un torrent de sable

 

Une rance odeur    attire

et la mort et le trou

 

à retordre dans la langue

Tout bascule    la sueur    la faim

 

les relents    tout tourne trop loin

On ne sait plus ce que l'on respire

 

(Léo)

 

 

Les paroles rouges. Les mots rouges tapissant

les cendres du silence

Chacun inventera ses mots

Chacun sondera son propre sel

Goutte à goutte !

Allumera

               Sa propre bougie

               Sa propre étoile

Mon sang à l'unisson des gouttes que dégorge la

nuit... Au bord du puits des silences... les paroles

pesées de nos silences...

Pour mieux se souvenir que

Le ciel s'est incliné pour ramasser sa lumière

J'entends

 

(Clémentine)

 

 

Dans cette absurde odeur de marée basse 

Il y a toujours une poussière

une légèreté de mort, une brise tenace 

qui vous pénètre l'oeil 

puis vous vole vos larmes, les arrache 

 

(Corentin R)

 

 

i-voix aux mains d'argent - Florilège 14 2013-2014

 

Le rayon d'un soleil que l'on s'était promis.

 

 

(Iris)

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article