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Publié par i-voix

Florilège 2016-2017 - Créations personnelles 2

Tout au long de l'année 2016-2017, les lycéen.ne.s i-voix ont partagé en ligne leurs propres créations. En voici quelques exemples.

 

Euterpe, muse de la poésie lyrique et de la musique

Florilège 2016-2017 - Créations personnelles 2

 

Et le jour, je me nuis
La nuisance journalière
Des bruits


  à droite                                                                                          à gauche

ou gauche                                                                                      à droite

 

je suis au centre
de l'attention




                                                                                                    Et à la fin de la chaîne.

 

Emma

 

Carré noir sur fond blanc, Kasimir Malevitch, 1915

 

 

Je veux les rayons du soleil et le chant des oiseaux au petit matin, l'odeur des feux de bois et du printemps. Je veux les vers de Rimbaud et de Baudelaire, l'écriture de Damien Saez et le génie de Marie Curie. La conviction d'Olympe de Gouges, Simone Veil et d'Anne Bonny. La chance de Neil Armstrong, le jazz de Louis Armstrong et Nat King Cole. La liberté d'un papillon et la beauté de la nature. Je veux du rêve, de l'enfance et de la musique. Je veux le talent de Jimmy Hendricks et la voix d'Edith Piaf avec l'interprétation de Jacques Brel. Je veux la bonté de Josephine Baker et le physique d'Alexie Ren. La peinture de Munch, Van gogh et de Matisse. L'art de Nikki de Saint Phalle et les films de Walt Disney. Je veux le jeu d'acteur de Robin Williams, Natalie Wood et Leonardo DiCaprio. Je veux Le Cercle des poètes disparus, Kramer contre Kramer, et Propriété Interdite. Je veux que ma vie soit un film, une danse qui ne terminerait jamais. Je voudrais le talent de Darcey Bussel et la comédie de De Funès. Que ma vie aie servit à autre chose qu'à vivre. Je voudrais aussi l'invention de Louis Aimé et le célèbre des Frères Lumières, être une nouvelle Georges Méliès. J'aurais aimé empêcher l'agent orange et supprimer toutes les guerres. Je voudrais le discours de La Boétie et que mes mots soient assez poignants pour faire se révolter les gens. Je voudrais des champs de fleurs et de soleil à ne plus en finir, les chutes de la reine Victoria et le nouveau monde. J'aimerais avoir tout vécu, avoir vu le monde se créer et se former petit à petit. L'ère préhistorique, la conquête de l'Amérique, l'époque victorienne, les cows boys et les indiens. Je voudrais voir Mary Read accoster la mer et constater la migration des crabes rouges en Australie. Faire du surf dans le Grand Canyon. Je voudrais voir un nuage de couleur nager vers moi sous l'océan Atlantique. Aller au festival du Burning man en oubliant qu'au delà de ces entrailles, existe un autre monde. Prendre le large pour aller voir les aurores boréales et les isatis. Traverser la route 66 en décapotable, le soleil effleurant mes cheveux et heurtant mon âme. Je voudrais Thelma et Louise. Je voudrais plonger dans Le lac cristallin et éphémère d’Autriche et habiter dans le château de Schossberger en Hongrie. Je voudrais tout savoir et tout comprendre et m'être formé au delà de par mes films. Je voudrais être actrice, avocate, chanteuse, danseuse et libraire. Mais aussi exploratrice, inventrice, professeurs de philosophie, pirate, créatrice de mode, et créatrice de films Walt Disney pour continuer à toujours faire rêver les enfants. Je voudrais avoir la force de porter le monde à bout de bras et sauver les gens de leur misère.  Je voudrais faire un flashmob dans New York en riant avec des inconnus, je voudrais qu'il n'y ait plus de limite et que les gens n'aient plus peur d'en accoster d'autres dans la rue. Je voudrais que le monde entier voie le sourire que la terre nous fait. Je voudrais que chaque être soit capable de se comporter comme Balto lors de sa course au sérum en 1925 et que le viol, le meurtre et les inégalités ne règnent plus sur terre. Je voudrais avoir des pouvoirs magiques, toucher le ciel, chasser le vent, voir un farfadet, avoir assez pleuré, me souvenir. Je voudrais ne pas connaître Le Voile noir d'Anny Duperey et je voudrais que les notes à l'école ne soient pas toute une institution, qu'on apprenne pour le goût d'apprendre et non par dépit. Je voudrais l'odeur des bougies au coton, revivre tout mon passé pour me rappeler, avoir ma sœur et mes grands parents près de moi. Je voudrais, un jour, avoir des enfants à qui je pourrais apprendre à toujours se battre pour leur conviction, à être forts et à voir la beauté autour d'eux, je leur apprendrai la liberté. Je voudrais me nourrir de toutes les connaissances du monde et ne plus jamais avoir de tracas, je voudrais n'avoir à rien changer chez moi, ne plus être maladroite. Je voudrais être plus réfléchie et moins vivre dans mon monde. Je voudrais l'éternité et plus encore. Mais par dessus tout, si tu me le permets, je te voudrais toi, pour toujours.

 

Anaëlle

 

 

Outils en vrac et mêlés. Méli-mélo de couleurs et métaux. Qui coupent, tapent, accrochent, rapent. Pointus, plats et lourds en rimes. Rouilles et plastique brisée. Tape. Tape. Tape.

 

Edith

Florilège 2016-2017 - Créations personnelles 2

 

C'est toi mon miel ; je t'aime, je t'aime.

Sauvagement, passionnément, brutalement.

Je brise tes os, je te mange, je te déguste.

Plus fort, la musique. Explose-moi les tympans.

Doux comme une plume, je ne peux m'empêcher d'arracher ton duvet.

Je te hurle, je te chante, je te danse.

Arrête de me caresser, frappe, saute. Pousse-toi, tu prends trop de place.

Attrape-moi par la taille, fais-moi valser, je suis ton thé aromatisé.

 

Lara

 

 

Dis-lui que je n'étais rien comparée à elle, qu'à présent elle est tout pour toi, que je suis ton passé, que tu m'as oubliée, que notre histoire est terminée, que c'est elle que tu aimes, qu'il n'y a qu'elle que tu veux, qu'avec elle t'es heureux, que nous deux c'est fini, qu'il n'y a qu'elle dans ta vie, mais ne me dis pas que tu penses vraiment tout ça.

 

Léna

 

Florilège 2016-2017 - Créations personnelles 2

 

Tout est noir ... tigres du jour
Se prélassent
Et embrassent
Le soleil d'un baiser lourd
Et rougeâtre
Mais sans âtre
Gargantuisent les nuits
Sans pourtant
Humblement
Voir que tout meurt et puis
Sans odeur
Sans ardeur
Devient braise

 

Mathis

 

Anna-Eva Bergman (1952)

 

 

Ton ombre lumière, quand j'y mets les pieds,

je croise de drôles de choses ; je vois ta silhouette noire et petite, s'agrandir quand le soleil la regarde,

alors je la parcours, en évitant de tomber, dans les vices de ton âme


 

Tes yeux miroirs, quand j'y plonge,

je rencontre mille et une vérités ; je nage avec la jalousie toujours accompagnée de la possessivité, on en finit par ne plus les distinguer,

il y a aussi la haine, séjournant dans les abysses de la pupille,

quand on remonte à la surface, se dresse un voile de désir, c'est le seul endroit que je ne peux atteindre


 

Ta bouche tiroir des mots, quand je vole près d'elle,

j'entends ; quelques remords qui se disputent mais,

cela n'est pas pire que les regrets qui s’entre-tuent,

seuls les conseils attendent sagement, le moment de s'envoler et

dans les airs tout la haut, un flux de paroles, oiseaux migrants de la vérité


 

Tes mains actes manqués de ton esprit, quand je les effleure,

j'écrase ; tes sombres envies de violences mais

si on fait attention, on peut aussi trouver dans le creux de celles-ci la trace de l'amour que quelques-uns t'ont laissé,

alors on passe de l'amour à la haine, de doigts en doigts, de toi en moi

 

Nine

 

Florilège 2016-2017 - Créations personnelles 2

 

À la couleur d'un cil, cherche l'imaginaire
Obscur ou tangible. Et là, un sacristain !
Main dans la main, croulons sous les phrases binaires
Noir. Vert. Que son son raisonne, fils de putain

Croisé de lys, d'aubépine, et peint de satin
Un cortège se moule en linceul de linaires 
Cours à l'aveugle, enfant ! Trouve en mon sang mutin
Quelque'chose un peu comme une flaque où l'on n'erre

Pas. Qui retentit, se multiplie, s'embellit
Et vin. Comme un phare hanté de terce feux
Larmoyant et s'égrénant peureusement. Lis

Dans ses rides allées ma pieuse candeur.
Enfin l'on recouvre, un peu, je crois, l'enfeu
Par des fleurs perdues dont on rêve l'odeur.

 

Mathis

 

Tableau de HANS HARTUNG

Florilège 2016-2017 - Créations personnelles 2

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